WTA : Yastremska, bientôt Lady Dayana

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Dayana Yastremska décroche son premier titre WTA à Hong Kong, en attendant la suite... Crédit : Jimmie48 Photography.
Ligue 1

Elle est ukrainienne et n’a que 18 ans. Dayana Yastremska affole le circuit en cette fin de saison. Après avoir décroché son premier titre WTA, elle ne semble pas s’arrêter là. Décryptage d’une joueuse qui pourrait bien faire mal très rapidement.

Son fait d’arme : un premier titre WTA

C’était la semaine dernière à Hong Kong. Après une montée en puissance sur le circuit ITF, où elle a déjà montré de belles aptitudes à disposer de joueuses habituées du circuit WTA, Yastremska réalise la semaine parfaite en Asie. Cinq matches, et aucun set perdu en route. Plus que ça, des victoires nettes et sans bavure. Si elle élimine Stollar, Zhang, Kucova puis Zheng pour s’ouvrir le chemin de la finale, celle-ci face à Qiang Wang, autre révélation de cette fin d’année, est loin d’être facile sur le papier.
Sans aucun complexe, elle regarde la Chinoise dans les yeux et l’expédie sur un score très sec (6-2 6-1). Sa folle progression se poursuit cette semaine à Luxembourg, où l’Ukrainienne a difficilement écarté Lepchenko. Ses victoires face à Muguruza et Gasparyan, deux noms qui parlent aux suiveurs, sont sans appel. Seule Belinda Bencic, elle aussi en grande forme, est parvenue à faire tomber la pépite ukrainienne, au bout du 3e set après un match totalement épic.

Dayana Yastremska décroche son premier titre WTA à Hong Kong, en attendant la suite… Crédit : Jimmie48 Photography.

Sa tactique : des balles profondes et des zones fétiches

Que ce soit côté revers, ou côté coup droit, Yastremska est capable de tout. Pour faire bouger son adversaire, elle favorise une variation permanente entre son revers long de ligne et son coup droit croisé, deux coups qu’elle affectionne. Avec une grande capacité à taper fort et tôt pour ne laisser aucun temps de répit. Rapidement, lorsque l’échange s’installe, l’Ukrainienne parvient (trop) facilement à rentrer dans le court, étouffant toujours plus l’adversaire avec du droite-gauche incessant. De plus, lorsque le rouleau compresseur est en marche, elle a tendance à lâcher des coups droits long de ligne assez dévastateurs.
Pour affronter, et accessoirement battre la jeune joueuse de 18 ans, il faut être prête physiquement. Car celle-ci n’accorde aucun temps mort. De plus, l’Ukrainienne met beaucoup de longueur dans sa balle. Lorsqu’elle est moins bien, on peut le remarquer à ses fautes de filet. Fort logiquement, une joueuse qui cherche constamment le fond du court peut difficilement envoyer des balles dans le filet. Chez elle, c’est donc symptomatique d’un passage difficile.

Son coup « signature » : les coups « fesses par terre »

C’est un peu son coup référence. Celui qui fait d’elle une joueuse originale. On connait le coup droit deux pieds décollés d’un Gaël Monfils, ou les revers sautés d’une Daria Kasatkina, et bien l’Ukrainienne a choisi sa signature. Yastremska refuse de reculer, à un point tel qu’elle préfère jouer des coups droits ou des revers en demi-volée, en descendant tellement sur les jambes que celle-ci se retrouve les deux fesses (quasiment) au sol. Et en plus, ça marche !
En finale de Hong Kong, elle a rendu Wang folle, qui a cherché à beaucoup retourner au milieu dans les pieds. Grâce à son coup de prédilection, l’Ukrainienne a enchaîné les coups gagnants au deuxième coup de raquette. Dans l’échange d’ailleurs, elle a souvent tendance à prendre la balle très basse pour jouer ce coup… original, voire surprenant ou amusant. Mais sa faculté à pouvoir jouer n’importe quelle balle lui permet d’être relativement complète au niveau de la surface. Même si les surfaces rapides semblent plus en adéquation avec son style.

Sa lacune : une première à optimiser

C’est un exercice dans lequel elle a encore une marge de progression. Sa première balle pourrait passer un peu plus souvent pour franchir un nouveau cap. Certes, c’est une statistique qui compte moins chez les femmes que les hommes, l’importance du service étant moindre à la WTA. Mais sur 6 de ses 8 victoires de rang, elle a eu un pourcentage de première balle inférieure à son adversaire.
Paradoxalement, elle comptabilise un nombre d’aces plutôt honorable, sans doute car elle valorise la précision à la puissance. Mais avec quelques kilomètres/heure en plus, Yastremska gagnerait beaucoup sur sa mise en jeu. D’ailleurs, lors de sa défaite face à Bencic vendredi, elle a régulièrement été en danger au service, subissant les retours très agressifs de la Suissesse qui n’avait pas de mal à lui répondre.

Si on remarque à sa frappe les efforts pour travailler sa balle, sa première manque encore de régularité et de puissance. Crédit : Jérôme Favre.

Son caractère : la fougue de la jeunesse et le mental d’une guerrière

Dayana Yastremska s’inscrit parfaitement dans le tennis de l’Est, pas franchement dans la délicatesse dans le monde des princesses et des licornes. Elle est plutôt dans le registre folle furieuse. Sur un court, c’est une combattante. Qu’elle soit par terre au milieu d’un point, en bout de course de tous les côtés du court, ou tout simplement bousculée, aucune balle ne doit lui échapper. Cela va de paire avec la fougue de ses 18 ans.
Elle ne semble pas connaître la pression et les moments de tension. Bien que ses quelques fautes successives lui aient coûté le match face à Bencic, au Luxembourg. En se canalisant davantage, elle a l’opportunité de progresser encore. Car dans les moments de baisse de régime, elle a tendance à trop forcer pour évacuer la frustration… et commettre donc des fautes grossières de filet dont on parlait au-dessus.

Le bonus : ses TOC

Comme tout joueur de tennis, Yastremska n’échappée pas aux jeux des TOC. Rassurez-vous, elle ne remet pas son slip à chaque point. Pour frimer à la machine à café avec vos collègues férus de tennis, on vous dévoile ses petits rituels favoris. Entre chaque point, l’Ukrainienne remet en place ses cheveux, avant de souffler sur ses deux mains.
En jeu de retour, en plus de celui-ci, elle se replace en « pas de cheval ». Elle réalise deux ou trois pas en arrière, un peu à la manière d’un étalon dans un concours de dressage, avec un pas haché. Enfin, dans les moments de tension, elle célèbre toujours les points de la même manière : un cri strident, tout en se penchant en avant, avec les bras en arrière comme un sprinteur qui casse sur la ligne d’arrivée en athlétisme. Vous ne pourrez pas dire qu’on n’a pas observé la joueuse sous tous les angles.

Voilà, vous savez tout sur la pépite ukrainienne de 18 ans. Si la saison touche à son terme, on espère la retrouver rapidement début 2019. Dayana Yastremska pourrait bien faire des miracles et rapidement se rapprocher du haut de la WTA. Grâce à sa fin de saison en furie, elle devrait se situer autour de la 60e place. En attendant mieux…


En bonus, une petite vidéo d’un point où on retrouve tout ce qui fait la qualité de cette joueuse. Des balles profondes, deux revers les fesses par terre, du droite-gauche avec un florilège de revers décroisés, et même sa célébration favorite. Et le point s’achève sur un coup droit croisé… dans une zone qu’elle affectionne particulièrement. Admirez !

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