Au Texas, Marc Marquez est dans son jardin. En neuf participations au Grand Prix des Amériques, le pilote Honda Repsol s’est imposé à sept reprises. Malgré une moto moins performante que ses rivaux et un retour de blessure, l’Espagnol reste un favori à la victoire ce week-end.

 

En 2013, le MotoGP accueillait dans ses rangs une futur légende, Marc Marquez. Cette même année, le championnat du monde de vitesse se rendait pour la première fois au Texas, sur le circuit d’Austin, pour disputer le Grand Prix des Amériques. 

Tous les deux arrivés en catégorie reine, l’Espagnol et la piste texane ont rapidement été liés. Pour son année de rookie, la fourmi de Cervera remportait sa toute première course en MotoGP sur ce même tracé en signant aussi la pole position et le meilleur tour. Il devenait ainsi le plus jeune pilote à s’imposer dans le championnat, à l’âge de vingt ans et deux mois. Une victoire qui allait lancer une domination impressionnante sur l’asphalte américain. 

2014-2018 : domination sans partage

Sur le circuit des Amériques, Marc Marquez a écrit une partie de sa légende. © MotoGP.

Pendant cinq saisons, à chaque fois que le paddock posait ses valises aux Etats-Unis, un nom revenait sur toutes les bouches : celui de Marc Marquez. En 2014, il faisait son retour sur une piste où il avait remporté sa première course en MotoGP. Pour que la fête ne soit pas gâchée, celui qui détenait alors un titre mondial s’emparait une nouvelle fois de la pole position. En course, le pilote Honda Repsol collait plus de quatre secondes à son coéquipier, Dani Pedrosa, deuxième ce jour-là. L’obtention du meilleur tour restant presque anecdotique.

Le porteur du N°93 refaisait le même coup l’année suivante avec une pole et une victoire confortable devant Andrea Dovizioso. De saison en saison, Marc Marquez progressait sur ce qui était maintenant vu comme SON circuit. Ses rivaux au championnat étaient battus à plate couture sans pouvoir essayer de résister. Six secondes devant Lorenzo en 2016, trois d’avance sur Rossi en 2017 ou encore plus de trois et demi face à Maverick Viñales en 2018, personne n’était capable de l’inquiéter. Intouchable, le roi Marc Marquez était tout simplement en parade pour le plus grand plaisir des fans dans les tribunes. 

La première place du podium à Austin, Marc Marquez l'a connait mieux que personne. © MotoGP.

2019 : la fin du règne

De retour sur ses terres, le pensionnaire du team Honda Repsol était de nouveau parti pour faire une démonstration. Poleman évident, il comptait une avance considérable sur le reste du plateau à la mi-course. Alors qu’il se sentait invincible, Marc Marquez fut vaincu par son pire ennemi : lui-même. Tombé seul au virage douze, il ne pouvait pas repartir et n’allait donc pas remporter le GP des Amériques pour la première fois depuis six ans.

L'incroyable série s'arrête là pour Marc Marquez, tombé seul alors qu'il était en route pour une septième victoire d'affilée. © MotoGP.

Conscient que c’était de sa faute, il tenait immédiatement à s’excuser après la course. « Nous avons passé six années incroyables ici, mais aujourd’hui j’ai commis une grosse erreur. De retour au box, je me suis excusé auprès de l’équipe et j’aimerais maintenant présenter mes excuses aux fans. » Le roi était tombé vaincu par ses propres démons.

La rédemption en 2021

Marc Marquez remporte le GP des Amériques 2021 et rend hommage à Nicky Hayden. © MotoGP.

Toujours embêté par ses problèmes musculaires, notamment au bras droit, Marc Marquez revient sur ses terres avec l’espoir d’y briller. Mais voilà, l’octuple champion du monde doit faire face à un plateau qui s’est nettement amélioré en son absence (depuis sa chute à Jerez en 2020). Victorieux en Allemagne quelques mois plus tôt, il avait dû encore s'absenter suite à des douleurs trop fortes. De retour au COTA (Circuit of the Americas), il partait de la première ligne derrière les deux candidats au titre : Fabio Quartararo et Francesco Bagnaia. Grâce à une gestion parfaite de sa course, l’Espagnol a attaqué quand il fallait, gérer son avance pour au final lever les bras en passant le drapeau à damiers. S’il avouait lui-même avoir souffert en fin de course, le natif de Cervera pouvait savourer : cette piste lui était toujours aussi fétiche.

Le podium lui avait manqué. Cette première place lui fait énormément de bien après une période très difficile. © MotoGP.

Même avec un double long lap : rien d’impossible pour le roi Marquez

Cette saison, Marc Marquez arrive au Texas avec un handicap : un double long lap à effectuer en course. Lors du premier rendez-vous au Portugal, il avait été fautif dans son accrochage avec Miguel Oliveira en début de course. La direction de course avait décidé de lui infliger cette sanction pour le prochain Grand Prix en Argentine. Blessé, l’octuple champion du monde déclarait forfait et ne se rendait pas sur le circuit de Termas de Rio Hondo. Si sa pénalité avait un temps été annulée, les dirigeants ont relu le règlement et l’ont reporté à la course de ce week-end. 

Sur de sa force, Marc Marquez est l'homme à suivre ce week-end. © Icon Sport.

Marc Marquez s’élancera donc avec deux long laps à effectuer lors du GP. Un tour de ce type est déjà pénalisant alors en faire deux l’est encore plus. S’il parvient à bien s’élancer et prendre un gap important dans les premiers tours, il pourrait ressortir dans le peloton, peut-être pas très loin de la tête et se battre avec les meilleurs pour s’imposer une huitième fois aux Etats-Unis. Son extrême régularité en termes de rythme de course est un de ses atouts, notamment sur le circuit américain. Reste à savoir à quel niveau sera la Honda par rapport aux motos de ses rivaux. Si la machine japonaise n'est pas trop loin alors le talent intrinsèque de la fourmi de Cervera pourrait combler ce retard de performance.

Si un autre pilote était dans ce cas, la remontée serait difficile à croire. Mais avec Marc Marquez rien ne semble infaisable. Tout au long de sa carrière, le N°93 a remporté tellement de courses improbables, sauvé des situations périlleuses pour toujours triompher. L’ogre espagnol a un titre honorifique à défendre : celui du KING of COTA.