Samedi 11 décembre 2021, le Palais des Sports Marcel Cerdan de Levallois-Perret accueillait un évènement quelque peu spécial. En ce samedi de décembre, la salle habituée à recevoir les basketteurs du Levallois Metropolitans reçevait des sportifs d'un tout autre genre. Cette fois, pas de ballons, pas de maillots, ni même de chaussures. A la place, une cage, des gants et des protège-dents. C'est en effet la salle qu'avait choisi Fernand Lopez pour accueillir la deuxième édition de l'Ares Fighting Championship, cette ligue de MMA 100% française qu'il a créée en 2019.

L'UFC avait annoncé vouloir finir l'année en fanfare et avait mis les petits plats dans les grands pour leur dernier combat de l'année. Emboîtant le pas à son modèle, l'Ares FC a également mis la barre très haute en proposant pas moins de 10 combats, dans plus de 6 catégories de poids différentes (de flyweight à heavyweight). Une jolie performance, quand on sait à quel point le niveau est disparate dans les catégories de poids supérieures sur le circuit européen.

Une carte à la hauteur des espérances

Le travail minutieux et complexe de match-making s'est avéré payant et à la hauteur de la hype créée par Le King et les médias spécialisés, puisque sur les 10 combats, seuls 3 sont allés jusqu'à la décision des juges.

Cet Ares 2 nous a permis d'assister à une magnifique victoire par TKO du jeune prospect Marsel Sychev (1-0), qui envoya son adversaire au tapis d'un superbe 1-2 direct du droit-crochet du gauche. Son adversaire du soir, le polonais Pawel Biernat (2-0) ne parvint pas à trouver de solutions face à un adversaire bien trop puissant, et ne laissa pas à l'arbitre d'autre choix que de mettre fin au combat dans le premier round.

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L'Ares 2 : des combats imprévisibles

Si les strikers n'étaient pas en reste lors de cette soirée, ce fut surtout les soumissions qui fûrent à l'honneur, et ce, même dans des catégories d'habitude réservées aux brawlers. La victoire par soumission de Benjamin Sehic (4-0) sur Aboubacar Bathily (7-4) aurait pû en surprendre plus d'un, car peu auraient parié sur une victoire par soumission pour celui qui affiche des mensurations de 2m pour 120kg.

Le choc entre les “deux guerriers vikings” Emil Meek (9-5) et Louis Glismann (8-2) a lui aussi réservé son lot de surprises. Sur le papier, Louis Glismann ne partait pas favori : remplaçant au pied levé Thibault Gouti, le danois semblait avoir peu de chances face à son adversaire, ancien combattant de l'UFC (4 combats). En toute logique, beaucoup s'attendaient à une victoire expéditive. Après quelques échanges en striking, Glismann est parvenu à amener son adversaire au sol, où celui-ci a commis l'erreur de le laisser prendre son dos. Un temps en mauvaise posture, Meek s'est relevé et a semblé se défaire de son encombrant adversaire. En réalité, celui-ci saisit l'occasion pour peaufiner son positionnement et place une clé de bras fulgurante et sortie de nulle part. Sous la douleur, Meek n'a pas d'autre choix que de taper et s'avouer vaincu. Une victoire expéditive, donc, mais pas celle que l'on attendait.

Un co-main event digne de l'UFC

Le co-main event était bel et bien digne d'un combat de l'UFC : à eux 4, les combattants du main event (Lapilus, Reis, Contini et Abdouraguimov) cumulaient pas moins de 87 combats, dont plus d'une quinzaine à l'UFC.

Le premier combat du main-event opposait Abdoul “Lazy King” Abdouraguimov (12-1 et ancien champion du Brave FC) à Luciano Contini (13-3). Abdouraguimov a mis le Palais des Sports en feu dès son entrée dans la salle, avec ce mélange de décontraction et de pitreries qui lui est propre. Réputé pour être un excellent lutteur et très complet au sol (en atteste sa ceinture noire de jiu-jitsu brésilien), le Lazy King a aussi fait le show dans la cage, parvenant à imprimer son rythme et amener le combat au sol. Il lui aura fallu moins d'un round pour s'imposer par soumission, dans un combat qu'il aura dominé de bout en bout.

“Fernand, donne-moi les 10.000€ !”

Connu pour ses acrobaties (il a notamment célébré sa victoire en effectuant diverses cascades), Abdouraguimov a profité de l'interview qui lui était accordée pour interpeller Fernand Lopez sur le bonus de 10.000€ promis au combattant le plus agressif. Ce “Fernand, donne-moi les 10.000€ !” n'était pas sans rappeler le fameux “Dana ! 50Gs baby !” lancé par McGregor à Dana White, et les applaudissements nourris du public semblaient valider ses propos.

Abdoul Abdouraguimov
Abdoul Abdouraguimov, juste après sa victoire par soumission.

Ce fût donc dans une salle chaufée à blanc que le main-event entre Taylor Lapilus (16-3) et Wilson Reis (24-11) se déroula. Dans l'interview qu'il nous avait accordée, le français avait annoncé sa volonté de mettre fin au combat de manière prématurée, en s'imposant par KO ou soumission. Il nous avait notamment expliqué qu'il s'était entraîné en boxe dans cette optique. De son côté, le brésilien, vétéran de l'UFC et véritable prodige du jiu-jitsu brésilien (plusieurs titres de champion du monde) souhaitait en toute logique amener le combat au sol. Le résultat fût un combat dynamique et équilibré, au cours duquel les deux combattants ont eu de très belles ouvertures (en striking ou au sol). Lapilus finira finalement par s'imposer sur décision unanime des juges (27-30). Sympathique et bon joueur, son adversaire a reconnu la supériorité du français, et l'a félicité sous un tonnerre d'applaudissement du public français, venu en nombre.

 

Le pari pour l'Ares 2 était un pari ambitieux : proposer le plus grand évènement de MMA sur le sol français depuis la venue du Bellator en 2020. Mais l'évènement fût à la hauteur des attentes, et même au-délà. L'Ares 2 fût un grand moment de convialité, et surtout un grand moment de sport, où les meilleurs ont côtoyé les meilleurs, comme cela avait été annoncé.

Infatigable, Fernand Lopez a d'ores et déjà officialisé l'Ares 3, qui devrait selon toute vraisemblance avoir lieu dans la capitale, en 2022. Affaire à suivre, donc…