Après avoir parfaitement négocié le match d'ouverture de “sa” Coupe du Monde de Rugby 2023, en s'offrant le scalp de la Nouvelle-Zélande, l'Équipe de France s'apprête à défier un adversaire bien moins prestigieux, mais au moins aussi motivé, l'Uruguay. À quoi les Bleus peuvent-ils s'attendre à l'occasion de cet affrontement face à la dix-septième nation mondiale ? Décryptage. 

Coupe du Monde Rugby 2023 : cinquième participation pour l'Uruguay en France

Quand on parle de rugby mondial, on pense bien évidemment à la Nouvelle-Zélande, à l'Australie, à l'Afrique Sud. Aux nations européennes comme la France, l'Irlande, l'Angleterre. Aux outsiders comme le Japon ou l'Argentine. Pas vraiment à l'Uruguay. Pourtant, ce petit pays d'Amérique du Sud est sur le point de disputer une cinquième phase finale au cours de son histoire, la troisième consécutivement. Son meilleur résultat reste, à ce jour, une troisième place de groupe en 1999. Vingt ans plus tard, les Teros ont fait parler d'eux en livrant un match exceptionnel de courage et d'intensité, contre les Fidji. Un match logiquement remporté, malgré un essai fidjien dans les dernières secondes (30-27). De quoi donner des idées à l'occasion du cru 2023 ?

Crédit photo : Iconsport
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Il y a quatre ans, après ce coup d'éclat inaugural contre les Fidji, l'Uruguay avait globalement déçu. Surtout lors de cette nette défaite face à la Géorgie (33-7). Dans la foulée, l'Australie (45-10) puis le Pays de Galles (35-13) étaient trop forts et les Uruguayens terminaient à la dernière place de leur poule, quand le troisième rang semblait accessible. Pour cette Coupe du Monde Rugby 2023, la mission apparait comme encore un peu plus complexe dans un groupe A relevé avec le pays organisateur qu'est la France, la Nouvelle-Zélande, l'Italie et la Namibie au programme. Mais les Uruguayens ont des arguments à faire valoir.

 

Les Teros, rythmés par le monde amateur, rêvent d'une troisième place

Esteban Meneses est le sélectionneur argentin de cette Équipe d'Uruguay, et ce depuis 2015. Si la majeure partie de son groupe joue au pays, huit joueurs évoluent en France. Autant dire que la professionnalisation est difficile à mettre en place. Pourtant, le mois dernier, les Uruguayens sont parvenus à battre la Namibie, elle aussi présente dans le Groupe A de cette Coupe du Monde Rugby 2023 (26-18). Quelques jours plus tôt, le Chili avait aussi fait les frais, de même qu'une équipe remaniée de l'Argentine. Héroïque pour une nation qui compte un gros millier de licenciés.

Ce jeudi, ce France – Uruguay sera l'occasion de revoir quatre joueurs uruguayens évoluant sur notre territoire. Ainsi, au coup d'envoi, Manuel Leindekar (Bayonne), Santiago Arata (Castres), Andrés Vilaseca (Vannes) et Agustín Ormaechea (Nice) ont été titularisés par Esteban Meneses. D'autres comme Mateo Sanguinetti (ex-Massy), Nicolás Freitas (ex-Vannes), Reinaldo Piussi (ex-Oyonnax) et Felipe Berchesi (ex-Chambéry, Carcassonne et Dax) rappelleront aussi quelques souvenirs, çà et là. Le Vannetais Vilaseca est d'ailleurs le capitaine des Teros. Le Castrais Arata, absent de la sélection depuis près de deux ans, avait marqué le premier essai lors de l'exploit contre les Fidji en 2019.

Concrètement, à défaut de trouver un adversaire pétri de talent à tous les postes comme peut l'être la Nouvelle-Zélande, l'Équipe de France peut s'attendre à affronter une Équipe d'Uruguay accrocheuse, combative, qui ne lâche jamais rien. Son manque de profondeur sur le banc pourrait lui être préjudiciable. Mais avec son équipe-type, de surcroît contre les remplaçants tricolores, la dix-septième nation au classement World Rugby entend bien marquer les esprits lors de son entrée en lice dans cette Coupe du Monde Rugby 2023. Voilà les hommes de Fabien Galthié, prévenus.