Formula 1 : Drive to Survive saison 4 est arrivé, annoncé en fanfare et attirant de nombreux fans de F1 occasionnels et inconditionnels.

La date de sortie de Drive to Survive est devenu une date essentiel de la saison de Formule 1 en l'espace de quelques années. En 2022, Netflix a décidé de sortir sa série en plein milieu des essais de F1 à Bahreïn, une semaine avant le début de la nouvelle saison. Tout au long de la saison dernière, lorsque le tournage avait lieu, les incidents de course majeurs étaient accueillis par des cris de joie sur les réseaux sociaux à l'idée que les caméras Netflix puissent filmer les drames de la saison de Formule 1.

Drive to Survive, dans l'intimité de la vie en Formule 1

Comme un arrêt au stand bien huilé et rapide comme l'éclair, tous les participants connaissent désormais la procédure. Tout le monde connaît son rôle, sa tâche, ce qu'il est censé faire dans Drive to Survive. La saison 4 n'est pas une surprise. Vous savez déjà ce qui va se passer dans le premier épisode avant même de lire le résumé de l'épisode.

Le patron de Mercedes, Toto Wolff est le super-vilain parodique et pince-sans-rire. Le chef de Red Bull, Christian Horner, est le Littlefinger intrigant du paddock de Game of Thrones.  Geri Horner fait son apparition annuelle en se moquant de son mari alors qu'ils se promènent dans une allée verdoyante d'Oxford, l'endroit où la famille Horner a établi ses quartiers.

Vous savez déjà qu'il y aura une autre explication de la qualification qui sera prononcée avec plus d'intensité que la course elle-même. Il y a une bande sonore bruyante, un rythme palpitant, un battement de cœur qui relie les grandes séquences, un montage dynamique plongeant le téléspectateur au coeur d'une saison de Formule 1.

Drive to Survive est essentiellement identique à ce qu'il a toujours été. Il n'y a pas de sensation de fraîcheur ou de nouveauté, c'est exactement ce à quoi on s'attend. Le cheminement est le même : un épisode dédié aux déboires de Haas, un autre consacré à Williams … La formule fonctionne et il ne semble pas nécéssaire de la changer.

La Formule 1 est un sport froid et clinique dans son essence même. C'est un labyrinthe technique que peu de gens peuvent comprendre entièrement, mais la beauté de Drive to Survive est qu'il met en avant la chaleur, la couleur et la personnalité des personnes impliquées. La série permet de rendre la Formule accessible à tous.

Guenther Steiner, patron de Haas – une icône de la série – est de retour dans une forme formidable avec des plaisanteries pleines d'autodérision qui ne peuvent que faire sourire. Il est agréable de constater que Steiner n'est pas le seul directeur d'équipe en forme. Dans une séquence à mourir de rire, les chefs d'équipe sont plongés dans des séances de photos douloureusement maladroites pour le matériel promotionnel de leur équipe.

Otmar Szafnauer, d'Aston Martin, doit prendre la pose de 007. “Je suis trop gros pour ça”, répond-il, un sourire aux lèvres. Mattia Binotto ne se laisse pas faire (“il n'est pas ce genre de type”). Wolff, malgré son image parfaite et soignée est charmant et sympathique.

Drive to survive : simple et efficace

D'un point de vue technique, Drive to Survive est un régale pour les oreilles. Le vrombissement de chaque voiture est poussé à son paroxysme et chaque épisode va crescendo. Ce n'est pas parfait, cependant. L'accès donné aux producteurs est vaste mais semble superficiel dans certains domaines. Les directeurs d'équipe sont en forme, mais les moments d'émotion brute des pilotes sont plus rares.

Daniel Ricciardo se livre comme à son habitude sans filtre. Il est l'un des seuls pilotes à avoir baissé sa garde jusqu'à présent. Il fait preuve d'une réelle vulnérabilité et les fans vont adorer suivre son parcours en dents de scie tout au long de l'année 2021. Son coéquipier Lando Norris affiche un aspect plus piquant et compétitif de sa personnalité dans de brefs moments de conflit.

Les exploits de Charles Leclerc à Monaco, après s'être qualifié en pole position pour la course de sa ville natale, ont fait l'objet d'un traitement important mais il a très peu réagi devant les caméras de Netflix après avoir dû abandonner la course avant l'extinction des feux. Bien sûr, c'est là que les créateurs de la série sont à la merci des équipes de Formule 1. L'accès aux pilotes dans les moments les plus forts et les plus faibles est impératif pour le succès de l'émission et, par conséquent, pour attirer les fans occasionnels vers ce sport.

Il ne serait pas de refus de voir les caméras s'attarder plus longtemps sur les moments intimes des pilotes. Ces moments d'émotions pures et brutes sont essentielles pour l'émission et son avenir. Les interviews exclusives, bien que superbes pour les extraits sonores, sont soigneusement formulées et délicatement polies.

On a aussi l'impression que la saison 4 n'est pas tant une progression qu'un redémarrage. Encore une fois, il y a plus d'explications de règles et de technicités qui ont déjà été diffusées dans les saisons précédentes.

En fin de compte, il est important de se rappeler avant tout ce qu'est cette série. C'est l'histoire d'une saison et Drive to Survive la raconte avec les codes Netflix. C'est une superproduction télévisuelle qui captivera l'atténuation de tout le monde, vous fera sourire et vous fera faire “woah”. C'est une sorte Marvel. Drive to Survive n'a peut-être qu'une seule formule, mais elle fonctionne.