La 75e édition du championnat du monde de vitesse débute ce week-end sur le tracé de Portimão. A l’aube de cette nouvelle saison, plusieurs interrogations agitent le paddock du MotoGP. L’hégémonie des Ducati, les chances françaises ou encore l’introduction des courses sprint à plein temps, les enjeux sont nombreux avant l’entame de la campagne 2023.
Ladies and gentlemen, the 2023 #MotoGP opening titles! 📽️
We are ready, let's go racing! 🚦 pic.twitter.com/DGHzAfG9OP
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) March 23, 2023
Est-ce possible de battre l’armada Ducati ?

Huit motos sur vingt-deux, Ducati est très bien représentée sur la grille 2023. En plus d’avoir l’avantage du nombre, le constructeur italien a celui de la compétitivité. En effet, la machine transalpine est la plus rapide du plateau, de quoi donner à ses utilisateurs toutes les armes pour être compétitifs. D’autant plus que les pilotes ne sont pas les moins performants du championnat. Chez Ducati Lenovo Team, nous retrouvons le champion du monde Francesco Bagnaia. Auréolé d’une couronne mondiale, le potentiel de l’Italien n’est plus à prouver. En quête d’un deuxième titre, le nouveau porteur du N°1 est l’archi favori à sa propre succession. Avec Pecco dans ses rangs, la firme de Borgo Panigale a déjà une base très solide. Au sein du team officiel, Enea Bastianini est promu cette année. L’ancien pilote Gresini Racing a étonné tout le monde en 2022 en remportant quatre succès et finissant troisième du championnat. Qui sait ce qu’il sera capable de faire en tant que pilote d’écurie.
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Au-delà de l’équipe principale, c’est surtout le collectif qui fait peur. Chez Pramac Racing, Jorge Martin est le meilleur pilote lorsqu’il s’agit de faire un tour qualif’ alors que Johann Zarco est régulièrement aux avant-postes. Même constat chez Mooney VR46 Racing Team, où les Italiens Luca Marini et Marco Bezzecchi vont sûrement jouer un rôle prépondérant dans la lutte pour le titre. Dans l’équipe Gresini Racing, Fabio Di Giannantonio a constamment été dans le top-10 lors des essais de pré-saison. Son nouveau coéquipier Alex Marquez, fraîchement arrivé de chez Honda, est un candidat en plus à la victoire chaque week-end. La Ducati GP-23 est la plus rapide, les pilotes le sont aussi, difficile de savoir comment quelqu’un pourrait les empêcher de réaliser un nouveau triplé : titre pilotes, équipes et constructeurs.
Fabio Quartararo peut-il décrocher le titre ?

Tous les Français ont envie d’y croire : Fabio Quartararo, une nouvelle fois champion du monde. Sur le papier, cela est possible, en pratique, la tâche risque de s’avérer très difficile. Principal problème : le niveau de la M1 de chez Yamaha. La machine du pilote français semble avoir gagné en vitesse de pointe mais elle reste quand même derrière la Ducati. Lors des essais hivernaux, le Tricolore et son coéquipier, Franco Morbidelli, ont eu du mal à faire fonctionner leur machine avec des pneus neufs. Un souci très inquiétant pour les qualifications mais aussi pour la course sprint, où être performant rapidement sera primordial.
Mais voilà depuis son arrivée en MotoGP, Fabio Quartararo a toujours sublimé sa moto grâce à son talent. C’est pourquoi, l’espoir est permis. El Diablo est capable de se battre devant même quand il n’est pas le plus rapide, de dominer outrageusement toute la grille quand il est dans un bon jour et que sa moto lui permet. S’il gomme ses erreurs de l’an dernier alors le titre n’est pas à exclure. Oui ce sera difficile mais comme le dit la devise, impossible n’est pas Français.
Enfin la bonne année pour Johann Zarco ?

C’est aussi ce qu’attendent avec impatience tous les fans français de MotoGP : la première victoire de Johann Zarco. Double champion en Moto2 (2015 et 2016), le natif de Cannes court depuis 2017 après ce succès en catégorie reine. Depuis son arrivée en MotoGP, le pilote Pramac Racing est passé tout proche à plusieurs reprises, que ce soit chez Tech3 ou avec l’équipe italienne. En 2023, Johann Zarco aura une nouvelle fois la meilleure moto du plateau et doit en profiter pour monter sur la plus haute marche du podium.
Jusqu’à présent, le Tricolore n’a jamais réussi à réaliser un week-end parfait. Quand il partait en première ligne, bien souvent il manquait son départ ou ne terminait pas la course. S’il manquait ses qualifications, le porteur du N°5 était obligé de faire une folle remontée, et n’arrivait pas à revenir jusqu’au leader. Sans son coach Jean-Michel Bayle, ni son préparateur physique de toujours, le compatriote de Fabio Quartararo essaie une nouvelle méthode. En espérant qu’elle soit fructueuse pour qu’enfin la Marseillaise résonne en son honneur.
Marc Marquez de retour, Honda aussi ?

Après trois saisons difficiles et plusieurs opérations, Marc Marquez revient cette année sans aucun problème physique. L’octuple champion du monde retrouve son écurie de toujours, Honda Repsol, dans une situation bien difficile. Depuis le départ de leur leader, les Japonais n’ont plus retrouvé le chemin de la victoire, ni celui du podium, hormis quand il était de retour pour quelques courses. Marc Marquez s’est fait attendre et la fourmi de Cervera en est conscient.
Cependant, le retard accumulé par le constructeur nippon sur ses rivaux est conséquent. Le défi de l’Espagnol est grand car au-delà de vouloir conquérir un neuvième titre, il doit remettre en position de force toute une écurie. Grâce à son agressivité légendaire, son insatiable envie de gagner et sa détermination sans limite, Marc Marquez a tout pour que Honda gagne de nouveau. Reste encore à lui fournir une moto capable de le faire et là est la plus grande interrogation dans le clan japonais avant de débuter le premier week-end de l’année.
Les courses sprint, est-ce réellement une bonne idée ?

Avant d’évoquer l’introduction de ce format, les courses sprint sont faites pour apporter du spectacle supplémentaire en piste. Mais le MotoGP en avait-il réellement besoin ? Les essais libres sont intéressants car ils déterminent le passage en qualifications. La qualif’ est un exercice bien plus attirant qu’en Formule 1 puisque une dizaine de pilotes sont capables de faire la pole. Et les Grands Prix ne déçoivent presque jamais car l’action est constante, les dépassements très nombreux et les vainqueurs souvent différents. Le schéma du week-end marchait très bien mais les promoteurs du championnat ont décidé de le changer, sans demander l’avis aux principaux concernés : ceux qui roulent.
En introduisant ce format sprint, la Dorna (qui gère le championnat) amène une demi-course supplémentaire, supprime une séance d’essais libres et place la journée du samedi comme un élément phare du week-end. En effet, les essais libres 3 ne serviront plus à déterminer qui ira en Q1 et en Q2 car nous le saurons dès le vendredi. Immédiatement après la FP3 se joueront les qualifications. Avant la course sprint de l’après-midi, d’une durée qui correspond à la moitié d’un Grand Prix, et rémunératrice de la moitié des points, à savoir 12.5 pour le vainqueur. En tant que spectateur, il y a du bon et du moins bon. Avec un calendrier de plus en plus long, les rendez-vous sont nombreux et peuvent créer un peu de lassitude en fin de saison. Mais d’un autre côté, il y a plus de course donc plus d’action et c’est ce que tout le monde aime.
Le problème est pour la condition physique des pilotes, qui va être mise à rude épreuve. Déjà que sur certaines manches, ils finissent cramés, imaginez avec une demi-course en plus ! Idem pour les mécaniciens dont la charge de travail est multipliée. Si par malheur une casse intervient lors de la course du samedi et qu’il faut tout réparer avant le dimanche.
La Formule 1 a décidé d’en ajouter que quelques-uns pendant la saison, le MotoGP a voulu les mettre sur chaque week-end. La piste nous révélera si cette décision était la bonne.