Après une séance de qualifications qui aura beaucoup fait parler, que ce soit sur et en dehors de la piste, nous nous attendions à une course mouvementée, parfois même tendu. Pour ce 77è GP de Monaco, le glamour était toujours au rendez-vous. Et pour le spectacle tout au long de la course, on a été servi. Des retournements de situation, une safety car, des pneus usés à la corde… Tout était réuni pour avoir un magnifique Grand Prix de Monaco 2019. 

Un départ calme, des premiers tours chauds

En voyant Leclerc partir 15è, on pouvait se douter que les caméras seraient braquées sur lui et sa folle remontée espérée. Au cours d’un départ globalement très propre (où Verstappen a failli sauter Bottas à Sainte Dévote), Charles Leclerc a rapidement réussi à dépasser Räikkönen, Norris et Grosjean. Mais au moment de dépasser Hülkenberg, le Monégasque a tapé le rail à la Rascasse. Un tour avec un pneu crevé et un fond plat laminé plus tard, la voiture de sécurité sortait. La guerre des stands pouvait alors commencer.

Et des dégâts ont été causé. Verstappen, en sortant trop tôt des stands, est rentré dans Bottas, qui a été arrêté une deuxième fois pour vérifier qu’aucune crevaison ni dégât n’avaient eu lieu. Leclerc, lui, constatait que son fond plat était très endommagé.

Un deuxième départ, bien lancé par Hamilton

Après la sortie de la voiture de sécurité, et une relance réalisée sous l’impulsion d’Hamilton, il ne fallait pas attendre pour revoir déjà un accident. Giovinazzi accrochait Kubica, et bloquait le reste du peloton à la Rascasse. Et bloquant alors … Leclerc. Un week-end cauchemardesque pour le local de l’étape, qui repassait aux stands une nouvelle fois changer son train de pneus. Et un tour plus tard pour abandonner (21è tour). Triste fin pour Leclerc dans ce GP de Monaco 2019, tout ça à cause d’une erreur stratégique des Ferrari.

Pour les Mercedes, les coups du sort ont également frappé. Bottas, qui a du réaliser deux arrêts au stand, a du se contenter de la troisième place. Alors que sa stratégie sous SC était parfaite, il paye une erreur du jeune pilote de Red Bull. Il se laissa décrocher en fin de course pour réaliser le meilleur tour, que Gasly lui souffla le tour d’après.

Enfin, pour Hamilton, la chance était avec lui. Le destin aussi. Il signe ici sa 77è victoire, pour le 77è GP de Monaco (le nombre 77 étant le numéro de voiture de son coéquipier). Le Britannique aura réussi à contenir Verstappen tout au long de la course, alors que ses pneus tendaient à rompre à tout moment. Il finit en beauté devant Vettel (à la faveur de la pénalité du Néerlandais, voir ci-après) et Bottas. Gasly signe une très belle cinquième place, Grosjean est neuvième. Sainz est sixième, devant un beau tir groupé des Toro Rosso, 7è (Kvyat) et 8è (Albon). Le vainqueur de l’année dernière, se place 10è. Maigre consolation pour Ricciardo, donc.

Controverse chez les commissaires de course

Alors que Verstappen avait été relâché de manière très dangereuse lors de son arrêt au stand sous régime de sécurité, harponnant et cassant la jante de Bottas, la sanction subie était surprenante. Pour une telle erreur du pilote et de son écurie, récolter seulement 5 secondes de pénalité paraît très surprenant. Surtout, cela a pu lui permettre de rester devant Vettel et Bottas, et au contact d’Hamilton. Pour Giovinazzi, qui a réalisé un geste moins dangereux, et impliquant moins de gros points, a reçu 10 secondes de pénalité. Pour Stroll, un simple sortie de piste et un léger gain de temps lui a aussi valu 5 secondes de pénalité. Enfin, pour Grosjean qui a mordu une ligne blanche, 5 secondes lui ont été ajoutées. Deux poids deux mesures. Cela n’est pas la première fois que Verstappen passe entre les gouttes des commissaires. Affaire à suivre, donc.

Ce Grand Prix de Monaco 2019 nous aura fait vibrer jusqu’au bout, tant il a été animé du début à la fin. Le quatuor en tête de course aura tout à tour entre vu la victoire finale sur ce circuit mythique. Mais finalement, et comme souvent en Formule 1, une Mercedes s’est imposée. L’action survenue entre Lewis et Max à la sortie du Tunnel, même si elle devrait être sous investigation, n’en change pas moins le résultat. La victoire, que Mercedes dédie à Niki Lauda, décédé cette semaine, était tout simplement logique. Pour Ferrari, le soleil s’assombrit un peu plus. Le mental de Leclerc ainsi que sa patience pourraient être entamés.