F1

F1 – Les circuits ratés de la Formule 1 (1/2)

Ces dernières années, avec la mondialisation de la Formule 1 dont Bernie Ecclestone était si fan, de nombreux nouveaux circuits ont vu le jour. Le point névralgique de ces nouveaux circuits était qu’ils devaient assurer la sécurité des pilotes, des spectateurs, mais aussi de répondre à des besoins commerciaux de plus en plus importants. Le dénominateur commun de ces nouveaux circuits a un nom : Hermann Tilke, le grand architecte de la Formule 1 actuelle. 

Hermann Tilke, ses créations, ses ratés

L’Allemand, qui a participé a quelques courses automobiles, n’est pas connu pour ses performances à bord d’une voiture de tourisme allemande. En revanche, tout bon suiveur de la F1 le connait comme le grand architecte de la Formule 1. Depuis 2002, il s’est attelé via son entreprise Tilke Engineering à rénover ou sortir de terre les circuits de F1 que l’on a au calendrier de la FIA aujourd’hui.

Son premier chantier, la rénovation de l’Österreichring à partir de 1995, est un cas typique de ce qu’on appelle aujourd’hui un “Tilkordrome”. Ce nom, parfois peu flatteur, décrit un circuit avec de grandes lignes droites, se finissant par des virages en épingle, où les longues courbes n’ont plus leur place. Ces dernières ont beaucoup été critiquées dans les années 80 et 90 pour être trop dangereuses. Dans le cas de l’Österreichring, les virages étaient pris en 4e vitesse minimum, sans dégagement ni protection. Tilke passe donc par là, transformant le tracé de Spielberg en A1-Ring, l’amputant d’un kilomètre. Il sert entre 1997 et 2003, avant d’être abandonné, puis reconstruit et réutilisé depuis 2014.

L’Österreichring et l’A1-Ring superposés. Crédits photo : Wikipedia

Le tracé du GP d’Autriche, s’il est aujourd’hui une franche réussite et apprécié des pilotes, ne représente pas exactement les nombreux échecs essuyés par la FIA. De tous les pays récents visités par la Formule 1, certains n’ont pas laissé un souvenir impérissable aux fans et aux pilotes. Petit florilège de circuits ratés de Formule 1, signés Hermann Tilke.

Le circuit urbain de Valence

En 2008, alors que ses créations restaient jusqu’alors des circuits permanents de type autodrome, la FIA lui demande de s’attaquer à des tracés plus urbains. Tilke dessine alors un tracé s’inscrivant en plein coeur de Valence, longeant le port de cette ville du sud de l’Espagne. À l’époque, Alonso a popularisé la F1 en Espagne, et Ecclestone veut voir de plus en plus de circuits urbains. Il n’en faut pas plus pour débarquer à Valence. Le tracé, long de 5,419km, n’offre quasiment aucune possibilité de déplacement. Il est fade, et hormis l’édition 2012 remportée par Alonso après avoir remonté tous ses concurrents, aucun souvenir n’est resté. Aujourd’hui, le circuit est à l’abandon, et n’est pas prêt de revoir le jour.

Le circuit Yas Marina d’Abou Dabi

Circuit permanent situé à 20km d’Abu Dabi, le tracé de Yas Marina a été couru pour la première fois en 2009. Sa sortie des stands très caractéristique, située en sous-terrain, n’a pour autant pas fait oublier les éditions si frustrantes que l’on a pu connaître. Pourtant, la FIA a mis le paquet pour impressionner le public. Des infrastructures hors-normes autour du circuit (dont le complexe de divertissement Ferrari), un départ de jour et une arrivée de nuit, des hôtels majestueux, des spectacles pyrotechniques… Globalement, la F1 ne fait pas partie du spectacle, ce dernier est ailleurs.

Patte de Tilke oblige : de grandes lignes droites, des zones de freinage suivies de secteurs lents, une pâle copie du virage 8 d’Istanbul au virage 3, des zones techniques dont les pilotes se plaignent… Les dépassements n’ont clairement pas été avantagés sur ce tracé, Webber et Alonso en ont fait les frais en 2010.

Le circuit international de Corée du Sud

Une nouvelle fois, Bernie Ecclestone est au coeur du projet. Il passe un accord estimé à 263 millions de dollars avec le promoteur du Grand Prix, l’entreprise Korea Auto Valley Operation. La F1 se délocalise de plus en plus du Vieux Continent. Les millions de dollars promis par les promoteurs d’Asie et du Moyen Orient sont visiblement plus attirants. Plus apprécié que le tracé de Valence ou d’Abu Dabi, le tracé de Yeongam ne fait pas long feu au calendrier de la F1. Alonso s’y impose une fois en 2010, Vettel 3 fois de 2011 à 2013, et c’est tout. Une fois de plus, des millions sont dépensés pour construire des infrastructures annexes, au détriment du spectacle. On y retrouve des lignes droites, un faux virage d’Istanbul, des chicanes, et des virages lents.

En 2013, alors que la construction du circuit incluait normalement la création d’une ville au milieu du circuit, les promoteurs n’ont encore rien bâti. Ecclestone rompt le contrat, KAVO met la clé sous la porte. La Corée du Sud n’aura figurée que 4 ans au calendrier, mais aurait pu l’être encore moins. Le tracé n’a en effet été homologué que le 12 Octobre 2010, le GP se déroulant le 24 Octobre… de la même année.

Il ne faut pas pour autant dénigrer Hermann Tilke, qui a réussi des travaux titanesques à certains endroits. Il a remodelé par exemple Imola, ou le circuit du Mont Fuji. Le grand architecte de la F1 est également à l’origine du tracé d’Austin au Texas. Il a aussi dessiné le tracé urbain de Bakou, dont le décor est magnifique. La rénovation de l’autodrome des frères Rodriguez au Mexique, et sa superbe partie du stade, est à son crédit. Mais il a aussi été à l’origine de réalisations bien plus clivantes. Le circuit international Buddh en Inde, ou les tracés de Sotchi et d’Hanoi, en sont de bons exemples. 

Crédits photo Une : automotivpress.fr

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