Cyclisme sur route

Giro 2015 : le romantisme de Contador et Aru

Vainqueur des trois grands tours, Alberto Contador est une légende du cyclisme. Il est d’ailleurs le plus jeune coureur à avoir accroché ces épreuves à son palmarès qui était déjà complet en 2008. En cette année 2015, la donne est complètement différente. Les meilleures années du Pistolero sont derrière lui. Si sa forme semble descendre, son panache reste lui toujours intact.

Les acteurs 

À 32 ans, Alberto Contador est l’immense favori de ce Giro. Entouré de Basso, Kreuziger et Rogers notamment, l’Espagnol était particulièrement bien accompagné. Il visait d’ailleurs le doublé Giro-Tour cette année là pour rejoindre les légendes que sont Pantani ou Anquetil dans le club des coureurs ayant réussi ce doublé.

Face à lui, ses concurrents principaux semblent être les coureurs de la formation Astana. Si Landa n’était pas encore le grand coureur que l’on connait aujourd’hui, son talent crève déjà les yeux en ce début d’année 2015 et crèvera l’écran sur tout ce Giro. Troisième du Tour d’Italie précédent, Fabio Aru est pour sa part le leader désigné dans cette équipe. Le Sarde vient avec un objectif simple, remporter le maillot rose. Autour des deux jeunes stars, l’équipe est solide, Tanel Kangert et Diego Rosa accompagneront leur leader en haute montagne, tandis que Luis León Sánchez et Paolo Tiralongo sont des capitaines de route. Avec leurs immenses qualités ils seront plus qu’utiles pour encadrer leurs jeunes leaders. C’est donc vers un duel entre deux équipes que l’on se dirige au départ de Giro.

Deux étapes de légende : Aprica et Sestriere, des grands moments de cyclisme

Alors que Porte et Pozzovivo sont déjà passés par la fenêtre, le plus dur reste à faire dans ce Tour d’Italie. Dominateur jusqu’à présent, Alberto Contador passera dans ces six derniers jours de course par tous les états. De l’état de grâce à la difficulté la plus extrême.

Alberto Contador vole sur le Mortirolo 

Au matin de cette seizième étape, Alberto Contador possède plus de deux minutes trente d’avance sur Fabio Aru, son plus proche poursuivant. Toutefois, l’enchaînement Passo Del Tonale, Aprica, Mortirolo, Aprica est un obstacle pouvant se révéler infranchissable pour plus d’un coureur, si grand soit-il. Ce Mortirolo, Contador l’aborde avec plus d’une minute de retard. Victime d’une crevaison dans la descente d’Aprica, l’Espagnol voit ses rivaux accélérer à l’avant. Il peste, ce comportement n’est pas sportif mais qu’importe, il n’a pas le temps de s’apitoyer sur le sujet.

Après un gros travail de ses équipiers dans la vallée et au pied du col, le ‘Pistolero’ lâche les chevaux dès le pied du Mortirolo. C’est alors que le show Contador commence et il sera incroyable et irrésistible. Après avoir lâché ses équipiers, il revient sur chaque coureur l’ayant distancé dans la descente précédente. Lancé comme un avion, il ne demande de relais à personne. À l’avant Landa, Aru et Kruijswijk se sont isolés et gardent encore quarante secondes d’avance à 8 km du sommet. C’est alors que Fabio Aru commence à montrer des signes de faiblesse. Des signes qui seront confirmés quand Mikel Landa devra l’attendre et laisser partir le Néerlandais qui tente d’éviter le retour de Contador.

Ce passage à vide permet donc au leader du classement de revenir sur le trio de tête. À peine revenu, le Pistolero attaque. Cette attaque sera fatale à Fabio Aru qui coince complètement voyant même revenir Hesjedal dans sa roue alors Landa et Contador s’envolent devant lui. Il passera le sommet avec plus de deux minutes de retard sur les leaders. Devant, c’est un Contador plus gestionnaire que l’on retrouve dans la dernière ascension. Ce dernier laisse partir Landa qui s’impose en solitaire, loin, très loin devant son leader. Vaillant dans l’effort, Fabio Aru limite les dégâts dans la descente du Mortirolo et dans la dernière ascension. Il termine l’étape avec 2 min 30 de retard environ mais l’important est ailleurs : le Sarde est sonné , K.O debout.

Aru contre-attaque 

Après deux étapes de transition passées à patienter, Fabio Aru montre lors de l’étape de Cervinia qu’il est un grand champion. Attaquant dès le pied de la dernière ascension, le Sarde remporte cette étape avec plus d’une minute d’avance sur Contador. Ce succès lui permet de revenir à la deuxième place du général au matin de la dernière étape de montagne. Malgré son panache, le coureur italien accuse plus de quatre minutes de retard sur le Madrilène qui semble déjà avoir course gagnée… s’il ne craque pas dans le Finestre.

Un Finestre fou !

Contador le sait, s’il n’explose pas, il remportera son deuxième Giro. Aru et Landa le savent également et ils ne comptent pas laisser l’Espagnol s’imposer si facilement. Leur formation doit mettre donc tout en place pour faire basculer ce Giro et ce dès le pied du Finestre. Alors que les coureurs ne sont même pas encore dans les passages les plus durs, la formation Astana fait exploser le peloton. À 10 km du sommet, seuls les favoris sont encore ensembles. C’est alors que Kruijswijk et Hesejdal lancent les premières offensives très sérieuses, toutefois ni Aru ni Landa ne bougent pour le moment.

C’est à 5 km du sommet que Landa part, seul. Contador encore confiant le laisse sortir, le Basque est en effet à plus de cinq minutes au général, le danger n’est pas immédiat pour lui. Toutefois, on ne sent pas le maillot rose bien aérien. Il le dira lui même, bien qu’il en avait envie, il ne se sentait pas capable de suivre le grimpeur basque. Il est seul, encore une fois son équipe n’est pas au niveau de la formation Astana. Fabio Aru l’a senti, le maillot rose est humain aujourd’hui. Il l’attaque alors laissant Contador sans réaction, sans force. Aérien, Aru rattrape vite son équipier. Ce dernier lui donnera un excellent coup de main avant laisser partir le maillot blanc sur le sommet.

Landa reprendra son coéquipier dans la descente et se mettra ensuite à la planche pour le maillot blanc. S’écartant à 4 km de la ligne, le Basque laisse alors partir Aru qui s’en va remporter seul l’étape. Malheureusement pour les jeunes coureurs de la formation Astana, Contador est un coureur d’expérience et malgré sa défaillance le Madrilène ne lâchera que 2 min 20, insuffisant pour perdre le Giro.

Au soir de cette grande étape Contador est toujours maillot rose. Il est également assuré de remporter son deuxième Giro à Milan le lendemain. Cette victoire sera sa dernière au classement général d’un grand tour. 

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