Ça roule…

JO – Cyclisme : analyse de la victoire olympique de Richard Carapaz

Ce samedi 24 juillet, alors que tous les regards étaient portés vers les grandissimes favoris qu’étaient van Aert et Pogačar, l’Équatorien Richard Carapaz a déjoué tous les pronostics en décrochant l’or sur la course en ligne. L’heure pour We Sport d’analyser cette performance sensationnelle.

 

Un parcours pour grimpeur / puncheur

Le profil du parcours des JO de Tokyo.

Avec 234 kilomètres au programme et pas moins de cinq côtes et cols répertoriés, les grimpeurs pouvaient se satisfaire d’un parcours taillé sur mesure. Néanmoins, c’étaient bien les hommes avec de bonnes pointes de vitesse qui étaient attendus, étant donné l’arrivée sur du plat. Logiquement, Wout van Aert et Tadej Pogačar ont été érigés en grandissimes favoris, tant leurs qualités intrinsèques et leur forme du moment étaient supérieures à tout. Mais il n’y avait pas qu’eux qui espéraient l’or sur le circuit de Fuji. Parmi les outsiders, Richard Carapaz, Michael Woods, Bauke Mollema ou encore Dan Martin ambitionnaient la plus haute marche du podium. Afin d’y arriver, l’objectif numéro un était de se débarrasser des ogres van Aert et Pogačar qui les auraient sans doute battus au sprint.

Un scénario classique avant la folie des JO

Comme pour chaque course, c’est bien une échappée qui a ouvert la route pendant de nombreux kilomètres avant de se faire reprendre sous l’impulsion des équipes slovène et belge. Passé ce scénario habituel, le plus dur restait à venir avec la terrible montée de Mikuni Pass (6,5 km à 10,6 %). En se présentant au pied de l’ascension, à 40 km de l’arrivée, les coureurs avaient déjà en tête de dynamiter la course. Et le premier à lancer les hostilités dans ce col avec des passages à 20 % fut le récent vainqueur du Tour de France.

En compagnie de son ami de la UAE Team Emirates Brandon McNulty, et de Michael Woods, Pogačar va assurer la majorité des relais afin de distancer le peloton. Ils vont y arriver un temps, avant d’être repris par un petit groupe mené par Kwiatkowski et le futur vainqueur Richard Carapaz. Derrière, le groupe van Aert rentrera quelques hectomètres plus loin.

À l’image, Richard Carapaz (à droite) est en train de rentrer sur le groupe de tête en compagnie de Kwiatkowski, de Bettiol et de Woods. ©Eurosport

 

Kagosaka Pass, l’ultime chance ?

Malgré les nombreuses attaques et le rythme infernal, c’est bien en un seul groupe que le peloton va passer au sommet. À ce moment-là, personne n’a été capable de faire une franche différence et de s’isoler. Mais cela ne devrait pas trop tarder, car il reste encore une montée à gravir et un tas de favoris bien en jambe. Et dès le pied de Kagosaka Pass (2,2 km à 4,7 %), c’est l’infatigable Brandon McNulty qui va décider de fausser compagnie au peloton.

Richard Carapaz a sauté dans la roue de McNulty lors de son attaque. Au fond, on peut voir Pogačar qui ne suit pas. ©Eurosport

 

Immédiatement suivi par Carapaz, le duo va rapidement prendre ses distances grâce à l’attentisme des coureurs derrière eux. L’entente est parfaite et ainsi, l’écart va monter jusqu’à 45 secondes au bas de la descente, à 15 km du but.

 

Un final pour homme fort

Pendant que le duo fil à toute vitesse vers la ligne d’arrivée, le groupe de contre va revenir petit à petit dans la partie. Sous l’égide du Belge Wout van Aert, l’écart s’amoindrit kilomètre après kilomètre, et ce malgré les diverses attaques de Woods, Schachmann ou de Kwiatkowski. Si bien qu’à 7 kilomètres du terme, il ne reste plus que 15 secondes aux hommes de tête et le rêve de victoire semble leur échapper. Mais avec son âme de vainqueur, Richard Carapaz, qui a notamment remporté le Giro 2019, va placer une attaque puissante et franche, laissant sur place un McNulty payant son trop-plein d’efforts.

À l’image Richard Carapaz est en train de distancer son ex-compagnon d’échappée et fil droit vers la victoire. ©Eurosport

 

Désormais seul, l’Équatorien file maintenant vers la victoire, d’autant plus qu’à l’arrière, tout le monde s’attaque. Au passage de la flamme rouge, le troisième du dernier Tour de France compte 50 secondes d’avance et se voit déjà avec la médaille d’or sur le podium. 

 

Un succès mérité

Levant les bras sur la ligne, il vient de réaliser une course parfaite, tant d’un point de vue tactique que physique. Il n’était peut-être pas plus fort que les autres, mais contrairement à ses rivaux, il a su économiser chaque coup de pédale et aura su jouer de son statut d’outsider pour semer les trouble-fête. Alors qu’il n’était accompagné que de Jhonatan Narváez, qui est aussi son équipier au sein du Team Ineos, Richard Carapaz a ainsi décroché la deuxième médaille d’or de son pays dans l’histoire des JO. Quant au groupe de contre, van Aert et Pogačar prennent respectivement l’argent et le bronze.

 

Grâce à cette magnifique victoire, Richard Carapaz laisse la déception du Tour de France derrière lui et peut maintenant savourer. Par la même occasion, il rentre dans l’histoire en devenant le premier coureur sud-américain à remporter l’or sur la course en ligne des Jeux olympiques.

Crédit photo : Sirotti

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