Kenta Kobashi, le Mythe.

A l’occasion de son cinquante-deuxième anniversaire. Je tenais à rendre hommage à un homme. Un homme qui m’a fait comprendre le fait de ne rien jamais lâcher dans la vie. Un homme dont la bonté et la philosophie de vie ont bâtit sa légende. Auteur de multiples affrontements intemporels face à Mitsuharu Misawa, Akira Taue ou Toshiaki Kawada, pour ne citer qu’eux. Cet homme possède une aura qu’aucun autre possède, sa popularité transcende les continents. Au fil des années il est devenu un mythe, aussi immortel dans le ring que dans la vie. Il est un véritable héros à mes yeux. Même si vous n’allez jamais lire ce portrait que je vous adresse, je tiens à vous rendre hommage à travers mes mots, ceux d’un jeune homme de dix-sept ans. Ces mots vous remercieront des sentiments et émotions que vous m’avez fait ressentir à un moment de ma vie où j’étais au plus bas, monsieur Kenta Kobashi.

DES DÉBUTS EN TANT QUE LOSER MAIS DÉJÀ ADULÉ.   

Naguère judoka et rugbyman lors de ses années universitaires, le jeune Kenta alors âgé de vingt piges intègre le Dojo de la All Japan Pro-Wrestling le 20 juin 1987. Dès le début, il tape dans l’œil de ses différents entraîneurs, dont celui de la légende du puroresu, Giant Baba. Faut dire que Kenta Kobashi possède le « physique parfait » pour un lutteur : un mètre quatre-vingt sept pour cents dix kilos, c’est un beau bébé que vous avez là. Il possède aussi un charisme inné. Ce mec est une perle non mais pare mais unique. Cependant, son mentor Giant Baba qui était surtout le promoteur, fondateur et le président de la All Japan lui a réservé un sort de début de carrière assez surprenant.

En effet, Kenta Kobashi va paumer les soixante trois premiers combats de sa carrière, une décision de la part de Giant Baba fortement contestable quand on tient un pareil talent entre ses mains mais l’idée et la tactique de ce dernier l’est beaucoup moins : malgré la défaite, Kenta ne lâche rien. Et cela va énormément plaire au public nippon. La foule commence à scander son nom et quand la foule commence scander à ton nom, c’est qu’elle te kiffe grave, mais genre vraiment. Le soutien vocal des japonais intervient quand t’es une tête d’affiche ou parfois quand un outsider livre un énorme match mais alors au grand jamais pour un mec qui perd tous ses matchs.

A partir de 1990, il commence à avoir un droit de regard sur qui saura ses adversaires. Autant dire que monsieur Kobashi s’octroie des partenaires de choix : Mitsuharu Misawa et Toshiaki Kawada, les deux darons de la All Japan en quelques mots. Quand vient le moment de lutter avec eux, Kobashi joue le rôle du courageux underdog alors que dans le même temps il joue le rôle du grand frère avec Tsuyoshi Kikuchi, quel homme le Kenta. Le 9 avril de la même année, il remporte avec Mitsuharu Misawa alors sous le rôle de Tiger Mask II, son premier titre : les titres par équipe de la All-Asia, considérés comme les plus prestigieux titres par équipe de l’époque, ne négligeons pas ce détail.

Kobashi est déjà à un tel niveau de popularité qu’il en fait transformer le commentateur en Super Saiyajin. Ça existe encore des tels tremblements de terres pour un seul homme ? 

L’ASCENSION VERS LES CIEUX. 

L’année 1993, l’année où tout commence à sourire pour Kobashi. Il enchaîne les victoires dont certaines contre des anciens champion Triple Crown tel que Terry Gordin, forme une équipe de tonnerre avec Misawa après que celui-ci s’est séparé de Kawada après une sale trahison de ce dernier. En parlant de Kawada, Kobashi le poutra dans les règles de l’art le 3 décembre 1993, le lendemain de sa première victoire de la World’s Strongest Tag Determination League avec Mitsuharu Misawa contre Akira Taue et… Toshiaki Kawada, la double poutre, c’est dur.

Le jeune loup Kobashi obtient sa première occasion au titre Triple Crown alors détenu par ce bon vieux Steve Williams le 3 septembre 1994, combat qu’il perdra malheureusement. Cette année là, il forme avec Kawada, Misawa et Stan Hansen le quatuor des gars qui te claquent des combats de folie quasiment toutes les semaines, rien que ça. Il participe aussi à la mise en avant du jeune Jun Akiyama ou livre des combats tonitruants face à son mentor, le légendaire Giant Baba. Il termine l’année en remportant pour la seconde fois le World’s Strongest Tag Determination League, toujours avec Misawa. Autant dire que cette année fut bonne pour notre ami Kenta.

On en parle pas assez de la beauté de cette image. Presque 25 ans après.

Il obtient une nouvelle chance au titre Triple Crown face à Kawada en janvier 1995 par un combat qui se solde par un nul après soixante minutes d’affrontement, décidément quand ça veut pas, ça veut pas. Il perd les titres mondiaux par équipe contre Akira Taue et Toshiaki Kowada le 9 juin 1995 dans un affrontement considéré encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs combats par équipe de l’Histoire. On vous met l’eau à la bouche et c’est carrément voulu, profitez bien.

La beauté du tag nippon mon pote.

C’est à partir de la moitié de l’année 1995 que ça commence à se compliquer pour Kobashi : les genoux commencent à lâcher et il doit impérativement se mettre au repos afin de ne pas aggraver sa situation. La All Japan lui retire Mitsuharu Misawa en tant que partenaire pour le remplacer par la star montante Jun Akiyama. Le Kenta se retrouve comme un gland, blessé et sans partenaire, mais c’est mal connaître le bonhomme. Kobashi va se battre, jusqu’à ce beau jour du 24 juillet 1996 où il remporte, enfin, devant une foule en feu, son premier titre Triple Crown des mains d’Akira Taue.

L’ovation est si folle.

Il perd le titre Triple Crown le 20 janvier 1997 face à Mitsuharu Misawa dans l’un de leurs nombreux combats d’anthologie, comme à l’accoutumée. Une année moins fabuleuse et creuse par rapport aux précédentes où il sera voler sa finale du Champion Carnival par Toshiaki Kawada, il a retenu le 9 décembre 1993 le salaud. On retiendra aussi son sacre de champion par équipe avec Johnny Ace en octobre 1997 et une occasion au titre manquée face à Misawa, bref, sale année mon gars.

AU DELÀ DES ETOILES.

Kenta Kobashi revient en force le 12 juin 1998 pour botter l’arrière train de Toshiaki Kawada et ainsi s’adjuger son deuxième titre Triple Crown dans le plus grand des calmes. Mais les blessures aux genoux refont surface lors de l’été et atteint le point où si rien n’est fait pour soigner tout ce tintouin, ses genoux lui coûteront sa carrière. Il cède donc son titre au rival Mitsuharu Misawa le 31 octobre 1998 encore une fois dans un combat mémorable.  Kobashi commence à entrer dans la légende de par son talent mais aussi par sa philosophie de vie considérée comme l’une des meilleures. C’est sûr que celle de Misawa elle était pas pareil.

En 2000, Misawa quitte contre toute attente la All Japan Pro-Wrestling pour fonder sa promotion : la Pro Wrestling NOAH. Tous les têtes d’affiches de la All Japan dont Kobashi se taillent en même temps pour rejoindre leur pote Misawa. Énorme coup dur pour la All Japan qui encore aujourd’hui, ne s’est pas totalement remise des départs, elle nous manque la All Japan des années 1990.

La NOAH permet à Kenta de pouvoir soigner ses genoux pendant deux ans entrecoupées de nouvelles blessures aux même genoux, dont la dernière lui causera treize mois de rééducation. Il reviendra finalement le 24 février 2002 où en équipe avec son meilleur ennemi Mitsuharu Misawa ils mettent une tannée à Jun Akiyama et Yuji Nagata. Kobashi mettra un an à retrouver son niveau d’antan, Kobashi il est au dessus d’un simple lutteur d’exception, c’est un artiste.

Le 1er mars 2003 a lieu dans le légendaire Nippon Buddokan, l’ultime confrontation entre Misawa et Kobashi. Le tout pour le compte du titre GHC poids lourd. A titre personnel, cet affrontement est le meilleur de tous les temps, tout y est : la psychologie, l’intensité, les prises, tout. Tout est absolument parfait. On ne pourra jamais faire mieux que ce Kobashi vs Misawa du 1er mars 2003, jamais. Kobashi atomise son plus grand rival de son mythique Burning Hammer et devient pour la seule et unique fois de carrière champion GHC poids lourd.

Le meilleur combat de catch de tous les temps, sans aucun doute.

Un règne long de 735 jours. Deux ans où notre homme livrent treize défenses les plus exceptionnelles les unes que les autres avant de concéder le titre à Takeshi Rikio. Un règne qui a transcendé la planète catch, il ne s’en rendait pas tellement compte jusqu’au moment où…

CONTINUE DE RÊVER.

Lors de l’été 2005, il s’offre un petit voyage du côté des Etats-Unis pour y affronter le champion ultra populaire de la Ring of Honor, Samoa Joe. Pensant qu’il allait se faire conspuer par les ricains car c’est un étranger, ce fut tout le contraire : Kenta Kobashi est accueilli en véritable héros et ça le surprendra. Ce qu’il ne savait pas c’est que des petits malins le connaissait très bien car ces derniers pouvaient acheter des cassettes de Puro en douce lors de show indies. On les pardonne, bien évidemment.

En 2006, une terrible nouvelle frappa Kobashi : il a contracté un cancer à un rein… mais ça ne l’empêchera pas de revenir le 2 décembre 2007 après 546 jours de bataille contre la maladie. Cet homme est increvable, c’est pas possible autrement.

Les larmes coulent à chaque fois que je regarde cette vidéo, un véritable héros. Tellement d’admiration pour cet homme.

En septembre 2008, il subit une opération aux deux bras, des muscles comme les siens, ça s’entretient. Il revient seulement six mois plus tard avec la volonté d’avoir le rôle d’opener comme vingt ans auparavant. Il effectue son retour le 1er mars 2009 en bottant les fesses de Masao Inoue. Mais un nouveau pépin physique survient le 23 décembre 2009 : il se blesse très sévèrement lors d’un combat contre Tamon Honda et Tsuyoshi Kikuchi. Il est mis sur la touche pendant dix-neuf mois pour un dégât nerveux à son bras droit. Il revient le 23 juillet 2011 en équipe avec son protégé Go Shiozaki  contre la paire de Akitoshi Saito et Jun Akiyama.

Il décide de raccrocher les bottes le 11 mai 2013 lors d’un combat dans le Nippon Buddokan, théâtre de bon nombre de ses victoires aussi légendaires soient-elles. Il effectue un dernier tour de piste en compagnie de ses potes Jun Akiyama, Keiji Mutoh et Kensuke Sasaki sous un tonnerre d’applaudissements.

L’ultime entrée de Kenta Kobashi.

A travers ce portrait, j’ai montré à quel point j’admirais Kenta Kobashi, qui est pour moi, le plus grand de tous les temps. Une philosophie de vie exemplaire et un talent unique forgent sa légende. Cet homme m’a fait comprendre une chose : la Vie peut te mettre des sales coups, relève-toi, et bats toi. Son aura est différente de tous les autres lutteurs, c’est un mythe. 

Un homme tellement fort qu’il a aussi gagné des combats à l’extérieur du ring, c’est un modèle de courage et de ténacité. Kenta Kobashi est un exemple, aussi sportivement que humainement. Force est de constater que peu d’hommes et de femmes marquent leur discipline à ce point là mais Kenta Kobashi l’a fait, je le respecte encore plus. 

Je pense que l’admiration que je suscite à son égard est en parti dû à quelque chose : il a gagné une bataille que ma grand-mère n’a malheureusement pas gagné il y a un mois de cela. Ces mots que j’écris là, ont besoin de sortir. Je sais que d’où elle est, elle est fière de moi.

C’est ça aussi le catch, cette discipline provoque des émotions et des sentiments uniques, on s’identifie à un homme ou une femme comme notre héros, un modèle, un exemple, telle en est sa beauté.

 

A propos de l'auteur

Huit ans de passion pour des combats d'hommes en slips parfois fluo. Une passion inébranlable.

Commentaires

  • Avatar
    rakono
    29 mars 2019

    Merci pour ce merveileux papier consacré à une grosse pointure telle que Kenta Kobashi.
    Son combat de ouf contre Kensuke Sasaki me fait toujours tripper !
    https://www.youtube.com/watch?v=jAIWOBVL2AE

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