Il y a 19 ans maintenant, Nelson Mandela disait « Sport has the power to change the world ! » Impossible de le contredire après ce que tous les amateurs de sport et de sensations fortes ont vécu cette année. À l’instant même où vous êtes en train de lire cette phrase, Trent Alexander-Arnold s’apprête sans doute à tirer un corner et Julian Alaphilippe a sûrement eu le temps de se glisser dans une échappée. Mais qu’importe votre sport de prédilection, la rédaction de WeSportFr a fait de la place à tous, et revient sur les 30 événements sportifs qui ont fait 2019.
Aujourd’hui, retour sur le choc de l'année en Rugby: la demi-finale de la Coupe du Monde 2019 entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande.
Deux parcours sans encombre: Une finale avant la lettre
Avant de se retrouver au stade des demi-finales, les 2 favoris des amateurs de rugby ont connu des parcours plutôt aisés. Tout d’abord, l’Angleterre est sortie vainqueur d’une Poule C relevée comprenant la France, l’Argentine, les USA et les Tonga. Vainqueurs faciles des Tonga (35-3), des USA (45-7) puis de l’Argentine (39-10), le XV de la Rose se payait même le luxe de bénéficier de repos supplémentaire avec l’annulation de sa dernière rencontre de poule face à la France par les typhons japonais. Un premier tour tellement facile, qu’il ne levait pas les doutes sur la consistance et le niveau de cette équipe selon les suiveurs britanniques. En effet, sans réelles oppositions et avec un très gros turn-over d’Eddie Jones, difficile d’évaluer le potentiel anglais. Ses doutes furent en grande partie levés dès le quart de finale face au cousin australien. Dominants en mêlée et dans la densité physique, les anglais battent largement 40-16 des Wallabies très brouillons dans cette Coupe du Monde. Une rencontre où la botte d’Owen Farrell se montre déjà précieuse qui permet d’installer les britanniques en sérieux outsiders.
De son côté, le double tenant du titre, placé dans la Poule B, a d’abord dû se défaire de l’Afrique du Sud sur le score de 23-13. Un match d’une très haute intensité face à une équipe Boks très accrocheuse, qui nous montrait déjà son potentiel dans la lutte pour le titre. Une rencontre qui après coup nous montrait quelques signaux d’alerte sur la force de frappe Néo-Zélandaise tout en nous rappelant que même dominés, les Blacks s’imposent toujours à la fin. Viennent ensuite 2 matchs de faible opposition face au Canada (68-0) et la Namibie (71-9) et une rencontre finale face à l’Italie annulée également par le typhon. Avec une première place largement méritée, les hommes de Steve Hansen se retrouve en quart de finale face à une valeureuse équipe d’Irlande. Des irlandais qui ont déjà battu ces Blacks durant l’année écoulée mais qui ce coup-ci ne feront pas du tout le poids et seront balayés 46-14.
Ainsi à l’heure de s’affronter, anglais et néo-zélandais arrivent invaincus avec 4 victoires, des joueurs frais et pas de blessures notables. Si les certitudes sont du côté de la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre arrive tout de même sure de sa force et avec ambition.
Source image: Rugbyrama
Le Choc des Titans: les Dieux sont anglais
En ce samedi 26 octobre, tout est réuni pour assister à un grand match. Une météo clémente malgré quelques passages de pluie, un Yokohama stadium plein comme un œuf et des XV de départ remplis de stars du ballon ovale. Beauden Barrett, Samuel Whitelock, Ardie Savea, Kieran Read, Aaron Smith, Owen Farrell, Jonny May, Billy Vunipola, George Ford et Manu Tuilagi constituent entre autres la feuille de match. Un coup d’envoi électrique qui est précédé d’un Kapa o Pango guerrier auquel les anglais répondent par un V de la victoire à l’instar des français en 2011. L’Angleterre est là pour gagner, le ton est donné. Donné même très rapidement car après 7 phases de jeu et 1m30, Manu Tuilagi aplatissait déjà dans l’en-but néo-zélandais. Galvanisée par l’enjeu et l’ambiance, l’Angleterre nous montrait toute l’étendue de son talent. Une défense impeccable et agressive, des ballons volés en touche, les anglais marchent sur l’eau et les Blacks ne peuvent cacher leurs difficultés. Eux si dominateurs d’ordinaire n’arrivent pas à casser les lignes. Pire, le score de 10-0 à la mi-temps semble dérisoire compte tenu de l’essai refusé à Sam Underhill pour un passage à vide de Tom Curry (25e) ou le drop raté de George Ford (31e). Un XV de la Rose qui fait preuve d’une intensité rare en multipliant les temps de jeu à l’image d’un Maro Itoje omniprésent et homme du match. Autre symbole de cette intensité, la première mêlée n’intervient qu’à la 19e minute.
Source image: Six Nations Rugby
Avec 10 points de retard à la mi-temps, les Blacks restent toujours dangereux. Cependant, malgré un retour des oranges plein de bonnes intentions ce sont bien les anglais qui continuent leur démonstration. D’abord Elliot Daly (43e) est tout proche d’ajouter 3 pts supplémentaires puis le numéro 9 Ben Youngs voit son essai invalidé (45e). Le temps fort anglais est tout de même concrétisé par la botte de Ford face aux poteaux (50e) pour un 13-0 qui commence à peser dans les têtes des hommes en noir. A partir de ce moment seul l’Angleterre peut faire tomber l’Angleterre. Et à la 58e, Jamie George le vaillant talonneur anglais envoyait un lancer en touche bien trop loin des bras de son seconde ligne. A 5m de l’en-but l’offrande est trop belle pour Ardie Savea qui s’en vient redonner de la vie à des All-Blacks sans solutions. 20 minutes à jouer et 6 points de retard. Le match est totalement relancé et les néo-zélandais n’abdiquent pas. Cependant, la défense anglaise est trop forte et pousse même les partenaires de Beauden Barrett à la faute. Cette équipe toujours disciplinée explose et offre 2 opportunités à Ford (63e et 70e). De l’agressivité en défense, une omniprésence dans les rucks, une intelligence dans les relances et le jeu d’occupation au pied, s’en est trop pour une Nouvelle-Zélande à bout de souffle après 8 ans de règne sans partage.
Eddie Jones remporte le jeu des stratèges face à Steve Hansen et le capitaine courage Kieran Read ne peut que saluer la performance des sujets de sa majesté. Un 19 à 7 qui à la vue de la physionomie du match parait flatteur pour des Blacks proches de l’humiliation.
Une finale jouée trop tôt pour les Anglais ?
Finalement, cette magnifique performance lave l’affront de la déconvenue de 2015 où les anglais avaient été sortis au premier tour de leur Coupe du Monde. Le sélectionneur australien, Eddie Jones avait promis de remettre le rugby anglais sur le toit du monde. Le niveau de jeu affiché ce jour là peut permettre de lui dire que la mission est en partie accomplie. En partie, car une semaine après nous avoir donné l’un des plus beaux matchs de la décennie en terme d’intensité, l’Angleterre faillira dans sa quête mondiale. En effet, l’Afrique du Sud sera trop forte et les anglais sombreront de la même manière que la Nouvelle-Zélande face à elle. L’Angleterre a-t-elle joué sa finale avant l’heure à l’image de la France en 1999 ? A chacun sa théorie, il ne reste que simplement à dire : merci messieurs pour ce magnifique moment de rugby.
Après le rugby et ce passionnant Angleterre – NZ, direction les circuits de Moto GP. Demain nous reviendrons sur la brillante saison de Marc Marquez et son duel avec le jeune espoir français des pistes: Fabio Quartararo. Rendez-vous à 17h, sur le site préféré de ton site préféré.
Olivier BASTIEN