Dans une année où la pandémie mondiale de Covid-19 a chamboulé les programmations sportives et autres évènements planétaires (J.O, Euro, …), chaque sport a dû s’adapter pour survivre. Si 2020 restera une année morose pour bien des personnes, les douze mois qui la composent furent tout de même riches en émotions pour tout fan de sport. Du passage de la NBA à Paris aux records de Lewis Hamilton, en passant par les prouesses de Tadej Pogačar ou le Final 8 de la Ligue des champions, la rédaction de We Sport revient pour vous sur les trente moments marquants de 2020. Aujourd'hui, retour sur deux matchs qui auraient pu écrire les plus belles pages du rugby français.
Exeter Chiefs – Racing 92 : si proche et pourtant si loin
4 petits points. C'est tout ce qu'il manquait au Racing 92 pour aller soulever la première coupe européenne de son histoire. On le sait, à haut niveau, l'issue d'un match se joue souvent dans les détails et ces 4 petits points sont le détail de cette rencontre. Avec deux transformations manquées, les partenaires de Virimi Vakatwa doivent encore s'en mordre les doigts.
Longtemps dominés (14-0 à la 19′) avant une première réaction de Simon Zebo, les franciliens ont toujours eu un train de retard face à des Chiefs dominateurs, portés par un Joe Simmonds des grands soirs (17 points sur 31). Malgré un retour à un petit point (28-27), l'indiscipline parisienne enterre les maigres espoirs encore vivants puisque Simmonds ira inscrire la pénalité de la gagne à la 80′ (31-27).
Souvent trop passifs, les franciliens ont réagi trop tard et cela aura été leur principal défaut sur cette finale : de ne pas avoir su saisir leur chance, de la provoquer. Plus souvent dans la réaction que dans l'action, les hommes de Laurent Travers ont encore bien des regrets quant à cette finale. Pour ce qui est d'Exeter, cette victoire leur a amené leur première Coupe d'Europe et leur a sûrement porté chance pour le championnat de Premiership, puisqu'ils seront également sacrés champions la même année.
Bristol Bears – RC Toulon : et soudain, plus rien…
La veille, c'est Toulon qui s'était incliné contre les anglais de Bristol. La question est : comment cela fut possible ? En effet, après une entame de match des plus délicates puisque les Varois avaient encaissé un essai dès la première minute de jeu (7-0), Bryce Heem avait remis les pendules à l'heure en allant inscrire le premier essai toulonnais (10-7). Puis, les rouges et noirs avaient repris du poil de la bête et avaient commencé à imposer leur rythme aux anglais avec un bon travail défensif de la deuxième et de la troisième ligne. Plusieurs ballons grattés et deux pénalités plus tard, Toulon rentrait aux vestiaires avec six points d'avance (10-16), un score honorable quand on regarde le début du match.
Puis, durant le seconde période, c'est Bristol qui va se réveiller. Porté par un Callum Sheedy très adroit (8/8 et 17 points au pied), les Bears vont petit à petit refaire leur retard. Avec une défense bien en place qui obligea les toulonnais à se mettre à la faute, les anglais vont continuer sur leur lancée et même repasser devant grâce à un essai de Max Malins (24-19 puis 26-19), à l'issu d'une belle contre-attaque. Sheedy ira inscrire les derniers points pour les Bears, ne permettant pas aux toulonnais d'espérer revenir. Score final : 32-19 et une belle déconvenue pour les hommes de Patrice Collazo.
Il s'en sera fallu de peu pour passer d'une grosse désillusion à une fête comme jamais nous en aurions eu. Deux clubs français en finale la même année, c'était déjà une belle performance en elle-même. Cela a permis de montrer aux autres pays que les clubs de Top 14 pouvaient rivaliser avec les clubs des autres nations européennes. Est-ce un mal pour un bien qui permettra à ces équipes de revenir plus fortes et plus expérimentées ? Nous le verrons bien lors de cette saison 2020-2021. (crédit image en une : epcrugby.com)