Après une victoire plus que discutable d'Albert Contador en 2010, le Tour 2011 semble totalement ouvert lorsqu'il part de Vendée. Parmi les favoris on trouve le tenant du titre Contador, Andy et Franck Schleck. Mais aussi Cadel Evens, Basso ou encore le prince Cunego. Coté Français on n'attend rien de concret en terme de classement général, et pourtant ce mois de juillet sera inoubliable pour tous les fans de cyclisme. 

Le parcours 

Le grand départ se fera au Passage du Gois sur le côte atlantique, direction le Mont des Alouettes. Puis dès la deuxième étape, place à un chrono par équipe autour des Herbiers pour déjà un grand rendez-vous du général.

Viendront ensuite 10 jours avec de belles étapes comme l'arrivée à Sancy dans le Massif Central ou encore la tristement célèbre étape de Saint-Flour. Viennent ensuite les Pyrénées pour 3 belles étapes. La première se terminera à Luz Ardiden après l'ascension du mythique Tourmalet. La deuxième reliera Pau à Lourdes avant l'étape du Plateau de Beille. Puis ce sera le bouquet final dans les Alpes avec 2 étapes au programme mythique en direction du Galibier où l'on arrive pour la première fois puis de la célèbre Alpe d'Huez. Ajoutez à cela un chrono autour de Grenoble avant la dernière étape des Champs-Elysées.

Le récit d'un Tour de France de folie

 

Philippe Gilbert en jaune aux Alouettes

Dès le premier jour, on sent que ce Tour ne sera pas comme les autres. En effet, en cette 1re étape on n'aura ni sprint massif ni chrono mais une démonstration d'un Philippe Gilbert intouchable en cette année 2011 avec un triplé sur les Ardennaises. Le Belge est donc le premier maillot jaune de ce Tour.

Une première semaine rouge et noire

Au moment du chrono par équipe, aucun écart n'est fait entre les favoris. Et aucun écart ne se fera entre les frères Schleck et Cadel Evans. Au contraire Ivan Basso laisse déjà 50 secondes dans l'affaire, un coup dur pour l'Italien et la Liquigas. C'est lors de l'étape de Mûr-de-Bretagne que Cadel Evans montrera ses ambitions en la remportant devant tous les favoris coiffant même l'ultra favori du jour : Philippe Gilbert.

Sur le reste de la première semaine, les sprinters se partagent les bouquets avec notamment un pour Tyler Farar qui avait perdu son meilleur ami en mai décédé sur le Giro : Wouter Weyland. En franchissant la ligne il forme un W avec ses doigts pour rendre le plus bel hommage à son ami et nous offrir un instant d'une émotion rare.

Après une belle victoire de Rui Costa à Sancy Super-Besse, Thomas Voeckler va à Saint-Flour prendre le maillot jaune au terme d'une tristement célèbre étape marquée par la chute terrible de Johnny Hoogerland percuté par une voiture.

Les Pyrénées nous offriront les premières grandes batailles de ce tour d'anthologie. Et surtout Thomas Voeckler va encore une fois faire rêver la France en suivant les favoris pour arriver dans les Alpes en jaune avec une grosse minute d'avance sur les favoris. Dans l'étape de Luz-Ardiden, Franck Schleck et Basso prendront tout deux 20 secondes sur Evans et le reste des favoris pendant que Contador montrera des premiers signes de faiblesses. Dans l'étape du Plateau de Beille, Vanendert et Sanchez prendront encore du champs sur le gros des favoris qui se tiennent désormais tous dans un mouchoir de poche derrière un Voeckler héroïque.

Après quelques étapes de transition qui verront Cavendish remporter encore un sprint, les coureurs entrent dans les Alpes. Après l'étape de Gap, Voeckler a 1 minute 49 d'avance sur tout le monde, et 3 minutes sur Andy Schleck qui perd ce jour la 1 minute sur Cadel Evans. Le lendemain l'étape de Pinnerolo n'éliminera aucun favori. Reste donc 2 étapes de montagne. Et quelles étapes !

Deux étapes de légende : le Galibier et L'Alpe d'Huez

L'échappée folle d'Andy Schleck

 

La première emmènera les coureurs de Pinerolo au mythique col du Galibier en passant par les cols d'Agnel et d'Izoard. Chacun de ces 3 cols culminant à plus de 2200 mètres d'altitude. Autant dire qu'un chantier s'annonce. Le scénario de l'étape qui suit, personne ne pourra l'oublier. Dans le col de l'Izoard, Andy part seul rejoindre son équipier Maxime Monfort qui va le ramener à l'avant et le déposer au pied du Galibier. Quand Monfort s'écarte Andy part seul, d'abord avec Iglinskiy puis sans lui. D'abord dans le Lautaret puis dans la montée brute du Galibier, Andy vole et nous offre l'échappée du siècle. Il s'imposera avec 2 minutes d'avance au sommet de ce col mythique, son frère finira juste derrière. Dans ces pentes terribles Contador va perdre le tour alors qu'un Voeckler héroïque sauvera de peu son maillot jaune.

Le coup de panache de Contador vers L'Alpe d'Huez

 

Dans cette étape de 105 km Contador va attaquer dès le pied du col du Télégraphe. Seul Andy Schleck sera en capacité de le suivre, après le passage au sommet ils reprendront les échappés avec notamment Rui Costa. Dans le Galibier une bataille totale s'engagera entre Evans seul qui tente tout pour rentrer et ces deux légendes qui au sommet du Galibier auront 1 minute d'avance sur le reste du monde. Evans ne devra son retour qu'à un choix discutable de Sandy Casar qui aura fait le forcing pour ramener Arnold Jeanesson.

Après cela, regroupement général chez les grands du tour, à 15 km de l'arrivée tout le monde se regarde dans le blanc des yeux avant que Contador ne reparte encore une fois vers la victoire, victoire dont Pierre Roland le privera en le déposant tout près du but. Thomas Voeckler perdra pied dans la dernière ascension et verra le podium s'effacer.

Le lendemain sur le chrono un Andy Schleck en jaune craquera, cédant plus de 2 minutes 30 sur Evans qui remportera ce tour de France devant les frères luxembourgeois qui feront 2 et 3 à Paris. Mark Cavendish ira lui chercher le maillot vert et la dernière étape sur les Champs-Elysées.