Les championnats du monde de cyclisme masculin se disputent dimanche 26 septembre dans les Flandres. We Sport revient sur l'histoire de cette épreuve et la malédiction qui plane sur le fameux maillot distinctif. 

Porter le maillot de champion du monde est le plus grand privilège du cyclisme international. Pendant un an, le vainqueur de cette course rassemblant le nec plus ultra des cycliste, est sous le feu des projecteurs. Sa tunique tant convoitée, s’admire depuis le bord de la route autant que depuis le peloton. Tout le monde a envie de voir le champion du monde passer devant sa porte.

Cette reconnaissance semble pourtant porter préjudice aux porteurs du maillot. La moindre de ses attaques peut-être anticipée, ses moindres mouvements sont épiés. La liberté de ce coureur est tellement limitée qu’il semble être atteint d’une malédiction, le suivant sur les courses auxquelles il participe.

Alors, quand en septembre 2020, le Français, Julian Alaphilippe a remporté le maillot arc-en-ciel, le destin ne comptait pas l’épargner. Comme un symbole, une semaine après sa victoire sur le circuit automobile d’Imola, la coqueluche des Français leva les bras trop tôt, cédant la victoire à Primož Roglič sur la doyenne des classiques, Liège-Bastogne-Liège.

Une malédiction en dehors de la course ?

Depuis 1927, le titre de champion du monde est remis en jeu chaque année. Et les vainqueurs de chaque édition ont connu des destins parfois mouvementés. Voici quelques exemples des malheurs arrivés aux cyclistes champions du monde.

Deux coureurs sont décédés en course avec le maillot de champion du monde fraîchement acquis. Isaac Gálvez a trouvé la mort en 2006 lors des six jours de Gand, avant lui, le Belge Jean-Pierre Monseré, a connu le même destin tragique à 22 ans. Le coureur est percuté par une voiture.

Heureusement, ces deux cas sont une exception parmi tous les champions du monde. Le maillot arc-en-ciel a plutôt été porté lors de saison où les coureurs étaient bien moins forts. Après une saison 1987 riche, marquée par un triplé, Tour de France, Giro et sacré champion du monde, l’Irlandais Stephen Roche ne fait aucun résultat positif en 1988. Même rengaine pour Freddy Maertens, victorieux en 1981. On ne le reverra plus jamais à l’avant des pelotons.

Une étude réalisée sur les statistiques des performances des champions du monde démontre que l’année précédent la victoire est remplie de succès, tandis que la saison suivant la course, correspond au niveau classique du sportif. 

Des champions ont vaincu le mauvais œil

La malédiction se réduit finalement à un mythe créé suite à la répétition de plusieurs événements malheureux. Quand quelque chose se passe mal pour le champion du monde, on aime l’expliquer par cette malédiction. Pourtant certains s’en sont très bien sorti, maillot sur le dos.

Par exemple, Peter Sagan a remporté trois fois de suite la course entre 2015 et 2017. Louison Bobet a remporté le Tour de France entre 1953 et 1955 tout en étant champion du monde en 1954.

La malédiction s’abat parfois aussi sur les coureurs qui convoitent le titre. Raymond Poulidor, fidèle à sa place de second, ne se verra jamais remettre la tenue. Un autre coureur a réussi à devenir champion du monde alors que le titre semblait ne pas vouloir de lui. Alejandro Valverde a terminé cinq fois sur le podium de la course depuis 2003, avant de conquérir le Graal à 38 ans. Comme quoi, à force de mettre de la bonne volonté dans les choses, les coureurs peuvent parvenir à leurs fins.

Les mondiaux sur route, édition 2021 se déroulent dimanche dans les Flandres, le tenant du titre Julian Alaphilippe sera t-il à nouveau en forme pour porter le maillot une année supplémentaire ? Les Belges, favoris occuperont-ils les premières places du podium ? Qui sera prêt à défier la malédiction pour une année de gloire ?

Crédit photo en une : Benoît Lesaulnier