Vainqueur du Grand Prix des Amériques, Alex Rins est devenu le premier pilote Honda, autre que Marc Marquez, a gagné une course en MotoGP depuis Cal Crutchlow en 2018. Pour son troisième GP avec le constructeur japonais, l’ancien pilote de Suzuki a prouvé à ses employeurs qu’ils pouvaient miser sur lui.

 

Le Texas a un nouveau shérif : Alex Rins. Sur le COTA, le Catalan s’est imposé pour la deuxième fois sur le tracé d’Austin. Après son succès en 2019, le pilote Honda LCR rêvait de refaire le coup, c’est chose faite après un magnifique Grand Prix. « Je suis très heureux de cette course. Ça n’a pas été facile mais le résultat est là. J’ai gagné en Moto3, en Moto2, en MotoGP avec Suzuki, et maintenant avec Honda. Je suis tellement fier de l’équipe. » 

Au-delà de sa victoire finale, le porteur du N°42 a réalisé un immense week-end. Deuxième en qualification, il n’avait rien pu faire face à Francesco Bagnaia en course sprint mais avait gardé sa position de départ. Auteur d’un nouveau podium, le Barcelonais a aussi eu une pensée pour son équipe personnelle. « J’ai fait quelques changements dans mon staff. J’ai tellement travaillé physiquement et mentalement pendant la pré-saison et je vois que ça marche bien. » 

Sa dernière victoire remontait au Grand Prix de Valence 2022, le dernier de Suzuki en catégorie reine au terme d’un week-end plein d’émotions. Son sixième succès en MotoGP est lui aussi « très émouvant car on a fait un super travail. » 

La joie d'Alex Rins en arrivant au parc fermé après sa victoire. © Icon Sport.

Dans le rythme de la Ducati 

S’il avait été incapable de suivre le rythme de Francesco Bagnaia lors de la course sprint, Alex Rins a fait bien mieux ce dimanche. Dans le sillage de la Ducati officielle du champion du monde, le pilote Honda LCR était dans le bon tempo et pointait à même pas une seconde derrière le porteur du N°1.

« J’ai dû beaucoup pousser pour rester proche de Pecco. On était rapide tous les deux mais je devais utiliser la chicane pour revenir sur lui. » Sans lui mettre une très grosse pression, le Catalan a poussé à la faute le leader de la course. Dans le huitième tour, Francesco Bagnaia perdait le contrôle de sa machine dans le virage deux. A terre, l’Italien devait abandonner une deuxième fois d’affilée en course. 

Promu en tête, Alex Rins a été perturbé par cette chute. « Dans le tour où il est tombé, j’ai fait plusieurs erreurs. Je pense que j’ai perdu ma concentration. J’ai essayé de recommencer à bien rouler sans m’énerver. » Un temps revenu à moins de deux secondes de la Honda LCR, Fabio Quartararo et Luca Marini pensaient pouvoir se mêler à la lutte pour la victoire. Mais l’ancien pilote Suzuki a repris son gros rythme pour conserver assez d’avance et aller chercher le drapeau à damiers en grand vainqueur. 

Honda n’a plus d’autres choix que de le considérer

Premier avec une Honda, difficile de ne pas avoir confiance en lui pour le constructeur japonais. © Icon Sport.

Avant le début du week-end texan, Alex Rins avait fait parler de lui. Le pilote de 27 ans se plaignait du traitement de Honda, estimant ne pas recevoir le même que les deux officiels, Marc Marquez et Joan Mir. Il sentait que le constructeur japonais « ne profitait pas de lui » et estimait que les dirigeants étaient trop « rigides ». En cause, le refus de Honda de lui faire essayer le châssis de Joan Mir après qu’il ait utilisé celui de Marc Marquez.

En remportant un succès avec le team satellite, le premier depuis l’Argentine en 2018 avec Cal Crutchlow, Alex Rins rappelle qu’il est un très bon pilote, capable de jouer devant. Devant les médias, le Catalan n’a pas souhaité revenir sur l’incident. « Ils voient les courses, c’est tout ce que je peux leur dire. Le reste se passera en réunion. On a encore des progrès à faire car on perd pas mal de temps en ligne droite. » Alex Rins a répondu de la meilleure des manières : sur la piste. A l’avenir, Honda va sûrement plus écouter son pilote bien plus performant que Joan Mir, pourtant chez Honda Repsol, depuis le début de la saison.