En deux courses, l’écurie officielle Yamaha a vécu des week-ends diamétralement différents. A l’agonie lors de l’ouverture de la saison au Portugal, les Japonais ont réalisé une manche solide en Argentine. Auteur d’un top-5 aussi surprenant que mérité, Franco Morbidelli a retrouvé des couleurs. Encourageant après deux saisons très difficiles pour l’Italien.

 

Soulagé ! A la fin du Grand Prix d’Argentine, le bord de Yamaha devait souffler devant les performances des deux pilotes de la marque. Très loin au Portugal, Franco Morbidelli et Fabio Quartararo sont revenus petit à petit dans le match. S’ils n’ont pas pu se battre pour la victoire, l’Italien est passé tout proche du podium alors que le Français avait largement le rythme pour mais les aléas de la course en ont décidé autrement. 

« Nous espérions vraiment un podium pour Franky (Franco Morbidelli) le samedi et même le dimanche, regrettait légèrement Massimo Meregalli, le team manager de Yamaha. Au final, nous devons nous contenter des deux quatrième places et nous en sommes satisfaits. Il prend des points importants dans des conditions pas forcément évidentes. »  Sur le circuit de Termas de Rio Hondo, Yamaha a surtout retrouvé de la performance, même sur piste mouillée. Preuve que les progrès sont visibles et que le travail commence à payer même s’il reste un pas important à faire pour se battre à armes égales avec Ducati.

Franco Morbidelli peut avoir le sourire. Il a répondu de la plus belle des manières aux critiques : sur la piste. © Icon Sport.

Franco Morbidelli : l’impensable surprise

Qui aurait cru voir Franco Morbidelli si rapide, si à l’aise et si performant en Argentine ? Constamment aux avant-postes tout au long du week-end, l’Italien a surpris tout le monde, et peut-être lui-même y compris. Excellent quatrième sur la grille des deux courses, le vice-champion du monde 2020 manquait un tout petit peu de performance pour se placer sur le podium le samedi. Reparti à l’attaque le lendemain, il a souffert en fin de course, se faisant décrocher par Alex Marquez et sa Gresini Racing.

Longtemps devant la meute en course sprint et lors du GP, le Transalpin n'est pas parvenu à accrocher le podium. © Icon Sport.

« Je suis très content ! Peu importe les conditions et les situations, nous avons été capables d’être performant à chaque occasion. Nous savons que nous devons progresser sur certaines parties de la moto et le team est déjà sur ses points. » Virtuellement sur le podium après la chute de Francesco Bagnaia, Franky a vu revenir sur ses traces Johann Zarco. Lancé comme un boulet de canon, le Français n’a fait qu’une bouchée de la Yamaha, privant son pilote de la troisième place. « Quand Johann (Zarco) m’a rattrapé, j’étais un peu dégoûté. J’ai tout donné pour conserver le podium mais je n’ai pas réussi. Je suis passé tout proche à deux reprises, je l'ai aperçu mais je ne suis pas monté dessus. Mais bon, c’était un super week-end de mon côté, on doit capitaliser sur ça pour continuer. J'espère être aussi à l’aise à Austin ! » 

Passé la déception d’avoir manqué le top-3, le Romain va pouvoir vraiment se rendre compte de la performance qu’il vient de produire. Il n’avait plus connu le top-5 depuis sa troisième place au Grand Prix de Catalogne en mai 2021 ! Critiqué pour ne pas aider Fabio Quartararo dans le développement de Yamaha, Franco Morbidelli vient de faire un beau pied de nez à ses détracteurs. Une belle réponse aussi à son voisin de garage qui à Portimao avait déclaré « que son coéquipier n’était pas réellement là pour faire le job. » Week-end exceptionnel ou début de bonne série ? A Franco Morbidelli de nous le dire.

Fabio Quartararo au mauvais endroit au mauvais moment

Il y a quelques mois, une septième place de Fabio Quartararo aurait été vue comme une contre-performance. En ce début de saison, c’est un résultat encourageant pour le pilote tricolore. Encore un peu loin sur un tour chrono, le Niçois savait qu’un bon départ serait la clé pour accrocher un grand résultat. Dans le premier tour du Grand Prix, le champion du monde 2021 était victime d’un – nouvel – excès d’optimisme de Takaaki Nakagami. En voulant se faire sa place à l’intérieur, le pilote Honda LCR obligeait son homologue de chez Yamaha à écarter sa trajectoire vers l’extérieur. El Diablo devait repartir en queue de peloton.

Dans des conditions où il n'est pas toujours performant, Fabio Quartararo a réalisé une magnifique remontée, enchaînant les dépassements. © Icon Sport.

« Il y a toujours quelqu’un pour rendre ma course difficile dans le premier tour, râlait-il à juste titre. Mon départ était plutôt bon car je n’avais rien perdu. Je n’étais pas loin de la tête mais Takaaki Nakagami a tenté un dépassement comme si nous étions dans le dernier tour. » Son patron aussi ne comprenait pas cette manœuvre, ni le fait que le Japonais s’en soit sorti sans pénalité. « Fabio a fait du bon boulot. Il a été malchanceux d’être poussé à l’extérieur par un (Takaaki) Nakagami trop ambitieux. On ne comprend pas pourquoi il n’a pas été pénalisé alors qu’il a compromis les chances de notre pilote. » 

Remonté comme un coucou, le Français a ensuite enchaîné les dépassements pour terminer à une solide septième place. Preuve que le rythme était là même dans des conditions où il n’est pas toujours à l’aise. « La chose positive aujourd’hui est de revenir de dernier à P7. Je suis content de voir que j’étais performant sur le mouillé. Je pense qu’un top-5 aurait été possible si je n’avais pas dû repartir du fond de la grille. » 

Entre des problèmes mécaniques au départ et des comportements peu appropriés en piste de la part de ses rivaux, Fabio Quartararo n’est pas épargné en ce début de saison. Pour autant, le champion du monde 2021 a prouvé qu’en seulement une semaine, il pouvait se sentir bien au mieux au guidon de sa Yamaha M1. A Austin (Texas), théâtre du prochain Grand Prix, il faudra confirmer cette progression. Septième en 2019 et 2022, le Niçois est monté sur le podium en 2021, à la deuxième place. Est-ce aux Etats-Unis qu’il décrochera enfin son premier top-3 de la saison ?