En fin de contrat le 30 juin, Rudi Garcia ne sait pas encore s’il sera l’entraîneur de l’Olympique lyonnais la saison prochaine. Le mois à venir, avec six matches à jouer au minimum en fonction du parcours en Coupe de France, va peser dans la réflexion des dirigeants rhodaniens pour prolonger ou non son bail. Explications. 

Passionnante fin de saison. Elle l’est sur le terrain et devrait l’être dans les coulisses pour les semaines à venir du côté de Décines. Avant d’évoquer l’avenir de Rudi Garcia (57 ans), rappelons que le technicien a, depuis son arrivée en octobre 2019, emmené l’OL en demi-finale de la Ligue des champions lors du “Final 8” à Lisbonne, en finale de Coupe de la Ligue, certes perdue face au Paris Saint-Germain, et peut aller chercher deux titres cette saison : la Coupe de France et le championnat.

Les places d’honneur récoltées par les Lyonnais ces dernières années poussent Jean-Michel Aulas, le président, à se montrer prudent et d’attendre le 23 mai, épilogue de la saison en Ligue 1, pour clarifier la situation contractuelle de son entraîneur. En conférence de presse, fin mars, il restait lui-même pensif en évoquant la possibilité que son club finisse sur la plus haute marche du podium : Si une équipe triomphe après des années de disette…, avait-il lancé avant de laisser un silence pour prolonger ses propos sur le cas Garcia. Ce ne sera pas un élément déterminant. Sur l’aspect sportif pourtant, plusieurs données vont compter dans la décision finale du patron lyonnais. 

Deux rendez-vous pour passer de chasseurs à chassés 

“On va jouer notre vie contre Lille et Monaco”. Ces mots forts sont ceux de Bruno Guimarães, dans une interview accordée à L'Équipe, le 17 avril dernier. Le milieu de terrain, redevenu titulaire dans l’entrejeu depuis le match à Lens, en est conscient : l’OL a son destin en main. Fébriles et punis contre le Paris Saint-Germain le 21 mars dernier (défaite 4 à 2), les Rhodaniens devront se montrer plus conquérants, au Parc OL, face à une équipe lilloise fidèle à son jeu de transition travaillé et efficace. Sachant que le replacement à la perte du ballon constitue l’une des faiblesses de la formation lyonnaise, les Monégasques, le 2 mai prochain, essaieront aussi de s’engouffrer dans la brèche. 

Avec des résultats en dents de scie depuis le début de la phase retour, Rudi Garcia avait justifié cette baisse de régime par un manque d’efficacité de la part de ses joueurs avant de se résoudre à modifier son système. Du 4-3-3 au 4-2-3-1, la relation entre Depay et Paquetá décante des situations, Slimani moins à l’aise techniquement que ses compères d’attaque ne compte pas ses efforts et Caqueret pose sa patte dans la construction des actions. Au technicien lyonnais d’orchestrer cette nouvelle harmonie tout en gérant le retour de deux protagonistes, essentiels lors de la phase aller : Aouar, dans un premier temps, puis Kadewere. 

La Coupe de France, de quoi peser dans la balance ?

Dès ce soir, il devra être judicieux dans la gestion de son effectif avec ce quart de finale de Coupe de France (21h10). Eliminer Monaco constituerait un gain de confiance non négligeable pour son groupe tout en éclaircissant la préparation du match, contre ce même adversaire, dix jours plus tard en championnat. La semaine fatidique, celle qui change le visage d’une saison, tend les bras aux coéquipiers d’Anthony Lopes, lui qui n’a rien gagné neuf ans après son arrivée au club. 

Face aux joueurs de la Principauté, ce dernier va laisser sa place à Pollersbeck. Autre retour à prévoir : celui de Thiago Mendes, titulaire indiscutable à l’automne dernier, et dont le rapport de force avec Bruno Guimarães s’est rééquilibré dans l’esprit de Rudi Garcia. Si l’entraîneur lyonnais venait à remporter cette Coupe de France avec Rayan Cherki en tête d’affiche – meilleur buteur rhodanien dans cette compétition avec trois réalisations – cela lui donnerait un argument supplémentaire pour convaincre ses dirigeants de prolonger son bail. Jean-Michel Aulas serait susceptible de le prendre en compte puisque son club n’a pas inscrit la moindre ligne à son palmarès depuis 2012, à l’époque d’un certain Rémi Garde. 

Memphis Depay, son homme providentiel

Pour mener à bien sa mission, c’est-à-dire de “gagner avec l’OL” comme il a affirmé dans une interview accordée au Canal Football Club mi-avril, Rudi Garcia a donné des responsabilités à Memphis Depay. L’international néerlandais porte le brassard de capitaine. Tel le guide qui montre la voie à suivre.

“C’est un formidable compétiteur, un formidable professionnel, a-t-il souligné avant d’évoquer une discussion franche entre les deux hommes après le match à Lens (1-1). Il se sentait fatigué après ses trois rencontres en sélection. […] Je lui ai dit devant les autres joueurs de plus penser à l’Olympique lyonnais. Surtout qu’il voulait marquer le quatrième but d’un match contre Gibraltar où son équipe menait déjà 3 à 0. Il sait que quelque part j’ai raison. Ce jour-là on s’est rentré dedans car j’ai envie de gagner avec l’OL et que je serai plus fort si j’ai un Memphis Depay avec plus d’énergie. C’est aussi simple que cela.”

Pour rappel, l'objectif numéro un de Rudi Garcia est de qualifier l'OL pour la prochaine édition de la Ligue des champions. Actuellement 4e de Ligue 1 et toujours en lice en Coupe de France, son équipe peut encore décrocher deux titres. Les possibilités sont grandes mais dans ce contexte particulier retrouver la plus belle des compétitions européennes serait déjà essentiel. Au technicien rhodanien de viser juste s'il souhaite prolonger l'aventure. 

Crédit photo : Europe 1