Cyclisme

Présentation : E3 Saxo Bank Classic

E3

À cette époque de l'année en Belgique, chaque course est regardée comme un repère en vue du Tour des Flandres, et aucune n'offre de repères fiables que le E3 Saxo Bank Classic à Harelbeke.

Le doublé Omloop Het Nieuwsblad-Tour des Flandres n'a jamais été réalisé, mais remporter Harelbeke et le Tour la même année est devenu presque banal depuis que Johan Museeuw y est parvenu en 1998. Cela a été réalisé huit fois de plus depuis, la dernière fois par Kasper Asgreen, qui a démontré son endurance et sa grande forme pour gagner les deux courses il y a un an.

Le retour d'Asgreen dans à la compétition constitue l'une des principales intrigues de la course de vendredi. Bien que les QuickStep-AlphaVinyl aient déjà remporté 14 victoires cette saison, ils ont été étrangement discrets à Omloop et ont eu du mal à faire impression à Milan-San Remo en l'absence d'Asgreen et de Julian Alaphilippe. Avec le champion du monde qui se ménage pour les classiques ardennaises, le statut de longue date de QuickStep en tant qu'équipe collective la plus forte sur les pavés semble soudainement remis en question. Mais une victoire – ou du moins, une course à leur mesure – à Harelbeke, contribuerait grandement à dissiper les doutes avant la Ronde.

La préparation d'Asgreen en début de saison pour le week-end d'ouverture a été interrompue par COVID-19, mais le Danois semble être tout de même en forme comme l'a montré sa récemment troisième place sur les Strade Bianche. Il devrait être de nouveau en vue en Belgique, mais il espère un soutien plus solide de la part de Zdenek Stybar, Florian Sénéchal et Yves Lampaert, qui n'ont montré que des éclairs de leur potentiel jusqu'à présent en 2022.

Il n'y a pas eu de tels problèmes chez Jumbo-Visma, qui semblait déjà prêt à affronter QuickStep avant même le début de la saison grâce au renforcement de l'équipe de soutien autour de Wout van Aert. La nouvelle recrue Tiesj Benoot a joué un rôle clé dans la victoire de Van Aert à Omloop, tandis que le champion belge peut également compter sur l'aide de Nathan Van Hooydonck et de Christophe Laporte à Harelbeke. Jumbo-Visma apparait clairement comme l'équipe à abattre.

La forme et le talent de Van Aert font de lui le favori évident pour la victoire à Harelbeke, tandis que la nouvelle profondeur de Jumbo-Visma signifie qu'il peut compter sur une équipe ce qui n'était pas forcément le cas ces dernières années.

Vainqueur de Milan-San Remo samedi dernier, Matej Mohorič (Bahrain Victorious) revient à Harelbeke après une pause de trois ans. Sa très belle victoire lors de la dernière étape du BinckBank Tour 2018 a laissé entrevoir son potentiel sur ce type de terrain et ce printemps pourrait être le moment où il l'explore enfin sérieusement.

Plusieurs équipes majeures s'alignent avec plusieurs options, notamment Trek-Segafredo avec Mads Pedersen, Jasper Stuyven et Quinn Simmons, AG2R Citroën avec Greg Van Avermaet et Oliver Naesen, et Ineos Grenadiers avec Dylan van Baarle et Jhonatan Narvaez, bien que Tom Pidcock soit absent après que ses problèmes d'estomac l'aient forcé à abandonner prématurément à Milan-San Remo.

Peter Sagan (TotalEnergies) essaie toujours de retrouver la forme après que le COVID-19 ait gâché son début de saison, mais son coéquipier Anthony Turgis – deuxième sur la Via Roma à Milan-San Remo – pourrait être une perspective plus intéressante vendredi pour son équipe.

Stefan Küng (Groupama-FDJ) doit prouver sa valeur sur les pavés depuis un certain temps, et ses performances lors du week-end d'ouverture et à Paris-Nice ont fortement suggéré que ce pourrait être l'année. Ailleurs, Søren Kragh Andersen (Team DSM) et Victor Campenaerts (Lotto Soudal) ont montré des choses intéressantes ces dernières semaines, tandis que les débuts de Biniam Girmay (Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux) seront à suivre de près.

Et pourtant, si la E3 Saxo Bank Classic est la répétition générale sine qua non du Tour des Flandres, au moins un des leaders de la Ronde sera absent de la course pour courir en Italie. Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix) a choisi d'accumuler des kilomètres de course à la Settimana Coppi e Bartali cette semaine après avoir pris la troisième place lors de sa première course de la saison à Milan-San Remo.

Le parcours de la course 

L'E3 Harelbeke a été organisée pour la première fois en 1958, mais elle n'a pris sa forme actuelle qu'au milieu des années 1990, lorsque le parcours a été modifié pour le rendre plus exigeant et plus proche du Tour des Flandres. Pourtant, la course conserve une identité propre, en grande partie grâce à la farouche indépendance de son comité d'organisation, qui se situe fermement en dehors du cadre des Flanders Classics.

La ville de départ et d'arrivée de Harelbeke de l'E3, surnommée le “Texas des Flandres”, se trouve à la périphérie de Courtrai et, comme toujours, le parcours suit une boucle dans les Ardennes flamandes, avec 17 ascensions à la clé.

Le Katteberg permet de rompre la monotonie de la première heure de course, mais le reste des ascensions est réparti sur 100 kilomètres vertigineux. L'E3 Harelbeke est peut-être plus courte que la Ronde, mais peu de courses réunissent autant d'obstacles dans un espace aussi restreint, ce qui en fait un défi rare.

Le long final est la carte de visite de l'E3 Harelbeke moderne, et le processus de sélection pourrait commencer dès la deuxième montée de La Houppe, après 92 km. Traditionnellement, cependant, le Taaienberg marque le tournant de la course, comme ce fut le cas en 2021, lorsque Asgreen a commencé son offensive. Comme l'année dernière, le Taaienberg est la huitième ascension de la journée et est abordé à un peu plus de 80 km de l'arrivée.

À partir de là, c'est une bataille d'usure jusqu'à ce que la course aborde l'enchainement mythique du Paterberg et de l'Oude Kwaremont à 40 km de l'arrivée. La Karnemelkbeekstraat, bitumé mais raide, est à nouveau l'avant-dernière ascension avant la montée finale du Tiegemberg.

Sur le papier, cette dernière montée est loin d'être la plus difficile des Flandres mais elle est juste assez difficile pour faire la différence à la fin d'une course d'usure, comme Van Aert l'a découvert il y a un an.

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