Cette semaine l'UFC se rendait au Brésil, plus précisément à Sao Paulo, pour présenter une carte qui sur le papier semblait faible mais dans les faits pouvait être intéressante avec notamment la présence d'un duel entre le polonais Jan Blachowicz et Ronaldo “Jacare” Souza en point d'orgue de cette soirée.
Comme à chaque événement UFC, la foule brésilienne s'était déplacée en masse pour voir certains des gros noms : le légendaire Renan Barao, les talentueux et prometteurs Ricardo Ramos et Wellington Turman ou encore sûrement deux futurs Hall of Famer de la compagnie : Mauricio “Shogun” Rua et Ronaldo “Jacare” Souza. Une carte qui promettait donc pour le pays de l'Amazonie même si pour les fans à l'international la carte était moins intéressante puisque aucun gros nom mise à part dans le main-event ne semblait se détacher.
Renan Barao tombe une nouvelle fois, Tracy Cortez continue de marcher sur l'eau.
Trois combats comme toujours pour les préliminaires ce nouvel événement, deux combats féminins et un combat masculin. Le premier d'entre eux voyait un duel entre la jeune américaine Tracy Cortez et la brésilienne Vanessa Melo. Espoir de la division féminine Flyweight (poids-mouche, 52-57 kilos), Cortez était sur une série de six victoires avant ce combat et n'avait été mis au tapis qu'une seule fois pour son premier combat. En face Vanessa Melo venait avec un record de 10-7 et une défaite reçue pour son premier combat en UFC en septembre dernier contre Irene Aldana. Dans ce choc entre les deux femmes c'était finalement Tracy Cortez qui ressortait avec la victoire par décision unanime (29-28, 29-28, 30-27).
Second choc des préliminaires et de nouveau un combat féminin et toujours la division Flyweight entre Ariane Lipski et Isabela de Padua. Lipski est une ancienne potentielle challengeuse pour le titre de la division mais deux grosses défaites à suivre contre Joanne Calderwood puis contre Molly McCann ont stoppé son run vers l'or, elle revenait donc ce soir dans le but de se reconstruire un avenir en affrontant la toute nouvelle recrue de l'UFC Isabela de Padua. La demoiselle du haut de son record à 5-1 était surtout connu pour son travail du côté de la SFT, une compagnie brésilienne, et faisait ses débuts ce soir dans l'octogone de l'UFC. Les deux premiers rounds étaient aisément gagnés par une Lipski bien plus à l'aise que Padua puis dans le troisième round les deux femmes se disputer avec une Padua augmentant un peu rythme malheureusement trop tard pour sauver les meubles et à la décision c'était bien l'américaine Lipski qui prenait une victoire importante pour son avenir. (29-27, 30-26, 30-26)
Premier match masculin de la soirée et un duel dans la division Featherweight (61-66 kilos) entre deux vétérans du MMA d'un côté Douglas Silva De Andrade (25-3) très longtemps invaincu et star de la Jungle Fight notamment qui a finalement rejoint l'UFC en 2014 sans jamais réellement réussir à s'imposer dans la compagnie et très apprécié Renan Barao (34-8). Ancien champion de la division Bantamweight (57-61 kilos) en 2014, Barao n'a jamais réellement réussi à retrouver les sommets après avoir perdu la ceinture au profit de T.J. Dillashaw et depuis enchaîne les défaites contre des combattants qui semblent pourtant sur le papier bien moins fort que lui. Duel encore une fois, malheureusement, à sens unique qui voit Renan Barao être dépassé par un opposant qui semble être tranquille dans son combat et qui l'emporte par décision unanime, cinquième revers de suite pour Barao. (30-26, 30-27, 30-27)
Ricardo Ramos prolonge sa hype, James Krause s'offre un KO pour une nouvelle victoire.
Premier match sur ESPN+ et un duel entre Warlley Alves et Randy Brown, les deux hommes combattant en welterweight nous offrait un duel qui pouvait s'avérer aussi intéressant que plat. Effectivement, Alves, brésilien, a pendant un temps été l'un des visages du renouveau chez les welterweight mais malheureusement sans jamais réussir à confirmer à contrario des grosses stars actuelles qui ont pourtant débutées en même temps que lui comme Kamaru Usman, l'actuel champion, et Colby Covington, le challenger n°1. En face le jamaïcain Randy Brown était là pour essayer d'enfin construire quelque chose, lui qui enchaîne le bon et l'affreux en ce qui concerne les prestations et surtout qui enchaîne victoire et défaite. Le premier round est en faveur d'Alves, le second semble tourné court après que le brésilien ait réussi à envoyer un bon crochet du droit à Brown mais grave erreur, Alves se précipite sur son adversaire au sol et se fait piéger en position de Triangle Choke.. victoire par soumission pour Randy Brown et second match remporté de suite chose qu'il n'avait pas fait depuis 2016.
Fresh off of a breakout knockout of Bryan Barberena, Randy Brown (12-3) lets the good times roll by becoming the first to sub Warlley Alves! The comeback triangle choke marks the Jamaican's 10th finish and sixth in round two. He's really putting things together. #UFCSP pic.twitter.com/hG2kuQB54P
— Kyle Johnson (@VonPreux) November 16, 2019
Duel de lightweight à suive entre Bobby Green et Francisco Trinaldo, les deux hommes ont des carrières en dents de scie depuis leurs arrivées dans la compagnie. Bobby Green est un combattant UFC depuis 2013 et n'a jamais été vraiment impressionnant mais ces derniers temps les choses se compliquent puisqu'en six combats il a connu quatre fois la défaite, une fois le DRAW (égallité) et une seule fois la victoire, ce qui le met en position très complexe. En face, Francisco Trinaldo a été pendant un moment un bon nom de la division lightweight mais au sein de la division la plus difficile de la compagnie il enchaîne désormais victoire et défaite. Excellent combat entre les deux hommes, chaque round est disputé mais finalement c'est Francisco Trinaldo qui s'impose avec une surprenante décision unanime contre un Bobby Green qui n'a clairement pas démérité. (30-27, 29-28, 29-28).
Le futur s'affrontait ! Du moins c'était ce que promettait l'UFC avec cette affiche entre Luiz Garagorri et Ricardo Ramos, l'uruguayen et le brésilien devait s'affronter dans un duel qui devait offrir un sacré spectacle à tout le monde. Garagorri connaissait effectivement son deuxième combat à l'UFC après avoir battu Humberto Bandenay lors du premier, l'uruguayen invaincu à 13-0 devait donc affronter Ricardo Ramos. Le brésilien, lui, était sur un 13-2 avant ce combat, gros prospect de la division bantam il était néanmoins tombé il y a quelques mois contre Said Nurmagomedov et avait rebondit en battant Journey Newson. Bref, un duel qui promettait et qui n'a duré que guère de temps comparé à ce que l'on pouvait croire, sans attendre au bout d'un seul round Ricardo Ramos jouait les tarentules et profitait d'une droite manquée par Ramos pour se glisser dans son dos et l'emmener à la faute pour placer un étranglement qui faisait immédiatement taper l'uruguayen.
One of bantamweight's most cadaverous prospects adds fresh meat in his featherweight return, as Ricardo Ramos (14-2) wrangles Eduardo Garagorri and strangles the Uruguayan in round one! "Carcacinha" is 5-1 in the UFC. He has stopped 10, seven each in round one and by sub. #UFCSP pic.twitter.com/KWr9er4F31
— Kyle Johnson (@VonPreux) November 17, 2019
Dernier combat des secondes préliminaires sur ESPN, James Krause allait défier sur ses terres Sergio Moraes dans un combat qu'on attendait avec une certaine impatience. Deux combattants dans une dynamique totalement opposée, James Krause était sur une série de six victoires consécutives là où Sergio Moraes était sur deux défaites quant à lui, un duel qui devait où servir à mettre un peu plus en lumière l'américain ou de bouée de secours pour le brésilien dans une dernière tentative désespéré de rester dans le haut du panier. Combat à sens unique malheureusement pour le brésilien puisque Krause va dominer aisément les deux premiers rounds avant de finalement s'imposer avec un sublime crochet du droit par-dessus l'épaule de son adversaire.
https://twitter.com/OnMMA/status/1195869519434207236
Blachowicz l'emporte au bout du suspens, Charles Oliveira régale avec un nouveau KO.
Début de la main card UFC avec un combat fort intéressant pour commencer cette soirée entre Wellington Turman et Markus Perez. Deux hommes au parcours assez difficile pour leur début à l'UFC, Markus Perez est effectivement à 2-2 en UFC et n'a jamais réussi à enchaîner deux victoires d'affilées pour le moment et Wellington Turman a connu la défaite pour sa première apparition dans l'octogone en juillet dernier. Encore un duel sans grand affrontement puisque assez aisément Wellington Turman domine les débats et gagne les 3 rounds sans appel laissant à Markus Perez la gloire de briller par son inefficacité. Logiquement et sans débat c'est une victoire par décision unanime qui s'offre au jeune brésilien Turman. (30-27, 30-27, 30-27)
Antonio Arroyo et Andre Muniz sont les prochains à monter dans l'octogone pour s'affronter, deux middleweights (poids-moyen) qui marchent sur l'eau depuis quelques temps, deux hommes qui sont sur une win-streak de respectivement quatre et cinq matchs et qui se sont fait une place récemment dans le roster de l'UFC via la série Dana White Contender's Series. Dans un combat assez intéressant c'est Andre Muniz qui finit par s'imposer encore une fois par décision unanime, belle victoire du brésilien sur son compatriote et probablement des futurs combats intéressants pour lui dans une division qui commence à avoir un certain intérêt. (30-27, 30-27, 30-27)
Probablement l'un des matchs les moins attendus sur la carte : Charles “Do Bronx” Oliveira attendait sur ses terres l'américain Jared “Flash” Gordon pour un duel qui semblait déjà être réglé. Effectivement, Charles Oliveira est un régulier des cages de l'UFC qu'il fréquente depuis maintenant près de 10 ans et il avait en face de lui Jared Gordon en 3-3 depuis ses débuts UFC et qui n'a jamais vraiment confirmé le statut de prospect qu'on lui donnait à ses débuts. Le combat ne dépasse même pas le round 1 dans une belle guerre de poings dès le premier round, Jared Gordon accule Charles Oliveira contre la cage mais celui qu'on surnomme “Do Bronx” envoie une superbe droite à son adversaire qui le sonne avant d'échanger les places, Gordon contre la cage ne peut esquiver l'uppercut qui suit et qui l'envoie au sol, Oliveira s'offre une sixième victoire de suite dans l'octogone, sa meilleure win streak depuis son arrivée dans la compagnie.
Co-Main-Event de la soirée, un duel entre le brésilien Mauricio “Shogun” Rua et l'écossais Paul Craig, duel surprenant quand on sait que les deux hommes ont des spécialités à l'exact opposé. Shogun Rua étant surtout un spécialiste des KO avec 21 victoires par KO sur 28 alors que Paul Craig se trouve plutôt être un spécialiste de la soumission avec 11 victoires par soumission sur 12. Sans surprise c'est la lutte qui prédomine dans ce combat puisque Paul Craig prend rapidement le dessus sur Rua en le dominant notamment dans les round 1 et 3, le round 2 étant très partagé entre les deux hommes même si Shogun ne se défend pas si mal au sol. D'une manière assez surprenante les juges finissent par trancher en faveur d'un DRAW, une égalité en somme. (29-28, 28-29, 28-28)
Le match tant attendu, le match promis et que beaucoup de fans de l'UFC attendait puisque point d'orgue d'un show sans gros match en dehors de celui-ci le polonais Jan Blachowicz affrontait Jacare Souza dans un duel Light-Heavyweight qui devait tenir toutes ses promesses. Effectivement, Blachowicz sur un bon run en ayant notamment battu Jared Cannonier, Jimi Manuwa, Nikita Krylov ou encore l'ancien champion Middleweight Luke Rockhold affrontait un Ronaldo Souza en recherche d'identité et qui montait pour la première fois en Light-Heavyweight après n'avoir pas réussi à tenir la corde face aux nouveaux prospects de la division Middleweight. Bref, sans attendre les deux hommes.. si Souza réussissait à accrocher le premier round sans réelle difficulté c'était bien les quatre autres qui étaient problématiques pour le brésilien qui malgré une certaine résistance semblait être un cran en-dessous du polonais bien à l'aise dans la division Light-Heavyweight. Allant jusqu'à la scorecard des juges c'était finalement bien lui qui s'offrait la victoire par une surprenante split decision. (47-48, 48-47, 48-47) Post-match le polonais demande un title shot qui semble assez légitime même si le prochain adversaire de Jon Jones sera très probablement le mexicain Dominick Reyes.