Cyclisme

Retour sur la saison de la Groupama – FDJ

Avec une 13ème position au classement UCI, et seulement 2 victoires au niveau World Tour (22 au total) la saison de l’équipe française dirigée par Marc Madiot n’a pas répondu à toutes les attentes placées en Elle. Surtout avec un tour de France compliquée, souvent jugé comme le principal critère de réussite d’une saison, à tort ou à raison. Le bilan mitigé de l’équipe est aussi dû en partie à la moins bonne saison d’Arnaud Démare et à la blessure de Thibaut Pinot, les 2 cadres de l’équipe.

Nous allons donc essayer de décrypter en détail cette année 2021 de l’équipe Groupama-FDJ

 

Arnaud Démare : La panne dans les grands tours

Commençons d’abord par Arnaud Démare, le sprinteur de l’équipe, considéré comme l’un des meilleurs mondiaux. Il doit de par son profil rapporté le plus de victoires à son équipe, et gagner des étapes sur les grands tours. Il devait confirmer son excellente saison 2020, probablement la meilleure de sa carrière. Une saison dans laquelle il avait dominé le tour d’Italie, 4 victoires d’étapes et le maillot cyclamen du meilleur sprinteur. Mais aussi des performances significatives avec son titre de champion de France en battant Alaphilippe, sa victoire à Milan-Turin et sa médaille d’argent aux championnats d’Europe en ligne.

Sa saison 2021 fut beaucoup moins prestigieuse. Il a certes outrageusement dominé les boucles de la Mayenne (3 victoires, maillot jaune et maillot vert). Mais qui n’est pas une épreuve majeure du calendrier. Il a surtout déçu sur les grands tours et notamment le Tour de France là où on l’attendait. Après deux années sur le Giro, où l’équipe avait fait le choix de rassembler ses forces autour de Thibaut Pinot pour le classement général. Le picard était leader de l’équipe sur les routes du tour, avec la quasi-intégralité de son train pour l’emmener sur les sprints. Déjà vainqueur de 2 étapes du tour en 2017 et 2018, il n’a pas fait mieux qu’une 4ème place cette année lors de l’étape arrivant à Châteauroux. Pas au niveau des meilleurs sprinteurs (Merlier, Cavendish et Van Aert notamment), il a surtout été disqualifié lors de la 9ème étape en raison de son arrivée hors délai sur l’étape de Tignes.

Il s’est donc logiquement aligné sur le tour d’Espagne auquel il n’avait jamais participé auparavant pour glaner sa première victoire d’étape. Malheureusement, malgré une deuxième étape lors de la 4ème étape derrière Fabio Jakobsen, il n’a pas réussi à s’imposer.

Il termine néanmoins la saison par une victoire, sur Paris-Tours. Ce n’est pas une classique du World Tour mais cela reste une classique prestigieuse. Elle a notamment été remportée par Philippe Gilbert, John Degenkolb ou Mattéo Trentin.

Crédit photo : Guillaume Souvant/AFP
Victoire d'Arnaud Démare sur Paris-Tours

Thibaut Pinot : une saison quasi blanche

La saison fut encore plus compliquée pour Thibaut Pinot. Le franc-comtois a mis beaucoup de temps à se remettre de sa blessure au dos sur les routes du tour de France 2020. Il avait axé sa saison sur le tour d’Italie. Mais il a rapidement compris qu’il n’allait pas pouvoir être au niveau. Celui de 2017 où il termine 4ème à seulement 1m17 de Dumoulin, ou celui de 2018, 3ème avant son abandon lors de l’avant-dernière étape en raison d’une pubalgie. Cette année, ses courses préparatoires furent très compliquées. Souvent distancé et loin des meilleurs sur les deux courses préparatoires (Tour des Alpes et Tirreno-Adriatico), il ne s’est pas aligné sur le Giro. Il en a profité pour faire une grosse coupure, afin de retrouver du plaisir et de la fraicheur. Il est revenu au mois d’aout sur le tour du Limousin. Le franc-comtois a surtout participé à des courses françaises, en essayant de retrouver des sensations, et en aidant ses coéquipiers. Pinot a tout de même participé au tour de Lombardie (50ème), une de ses courses favorites, qu’il a remporté en 2019.

Twitter @GroupamaFDJ

David Gaudu : une première année en tant que leader

Ce sont les deux autres leaders de l’équipe. David Gaudu sur les grands tours, qui devait franchir un cap en tant que leader cette saison. Stefan Kung sur les classiques flandriennes notamment, qui devait jouer les tout premiers rôles.

Le breton a plutôt réussi sa saison. Deux victoires dont une world tour au terme d’une très belle étape et d’un raid avec Primoz Roglic sur le tour du Pays Basque. Il a surtout brillé sur les classiques. Il a signé son premier podium avec sa 3ème place à liège Bastogne Liège où il dispute le sprint pour la victoire, remporté par Pogacar. C’est une belle progression après sa 6ème place en 2019 dans des conditions dantesques. Il améliore également son résultat sur le tour de Lombardie. 11ème en 2019, il termine dans le Top 10 cette année (7ème). David Gaudu ne semble plus très loin de pouvoir remporter une grande classique.

La déception concerne plutôt les grands tours et plus particulièrement le Tour de France. Lieutenant de Thibaut Pinot, les années précédentes, il était cette fois co-leader avec Arnaud Démare. Il termine malheureusement 11ème, aux portes du Top 10. Ceci en raison de l’étape du mont Ventoux où il termine à plus de 20 minutes de Pogacar. Il a néanmoins terminé très fort le tour. 4ème au col du Porter derrière les 3 meilleurs de ce tour, il a attaqué de loin lors de la dernière étape de montagne mais n’a pas eu suffisamment de marge de manœuvre pour s’imposer.

Gaudu a le potentiel en montagne pour rivaliser avec les meilleurs. Il s’agira maintenant de mieux limiter la casse en contre-la-montre et de tenir sur 3 semaines.

Getty images
David gaudu devant Primoz Roglic sur le tour du Pays Basque

Stefan Kung le malchanceux

Le suisse a lui globalement manqué de réussite cette année. D’abord sur les flandriennes, et notamment Paris-Roubaix ou il fut un des premiers à chuter. Tombé plusieurs fois, il a dû abandonner. Globalement en retrait sur les autres courses flandriennes, il a réalisé ses meilleures performances en contre la montre. 4 victoires dont des victoires sur le tour de France et le Chrono des nations. Il a surtout remporté le titre de champion d’Europe en devançant Filippo Ganna et Remco Evenepoel. Une belle revanche après la grande frustration de Tokyo. Une 4ème place à moins d’une seconde de la médaille de bronze remportée par Rohan Dennis. Il n’est pas passé loin non plus d’une victoire sur le Tour de France avec une 2ème place sur le dernier chrono, ni d’un podium aux championnats du monde (5ème à 17 secondes du podium). Une saison dans ses standards donc avec un regret sur Paris-Roubaix qu’il semble avoir le potentiel de remporter.

Crédit photo : Luis Angel Gomez/Bettini photos

Les autres coureurs en bref

Au niveau des autres coureurs, Valentin Madouas n’a pas réussi à briller, ni sur le Tour de France, ni sur les classiques ardennaises. Plus à l’aise sur les courses françaises de fin d’année, il semble encore un peu juste pour jouer la victoire sur les courses World Tour.

Les promesses viennent d’Attila Valter et Kévin Geniets. Pour sa 1ère année au sein de l’équipe le grimpeur hongrois a montré de belle qualité. 6ème d’une étape sur le Giro et 12ème du Tour de Lombardie, il aura pour objectif de gagner une course World Tour et d’accompagner au mieux Thibaut Pinot et David Gaudu sur les grands tours. Quant au luxembourgeois, il a démontré des grandes qualités de rouleur. Il a confirmé son titre de champion du Luxembourg contre-la-montre et s’est même imposé sur la course en ligne. Il devrait prendre un peu plus d’importance dans l’équipe pour accompagner et protéger ses leaders.

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