Rétro vélo : Roger Pingeon remporte le Tour 67

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Ligue 1

À mi-chemin entre les années Anquetil et le règne du Cannibale Eddy Merckx, ce Tour 1967 voit la domination du coureur de l’Ain, Roger Pingeon. Coureur caractériel et connu pour être très dur avec ses coéquipiers, Roger Pingeon va, en cette année 67, sortir de l’ombre et remporter le seul Tour de France de sa carrière. Ce Tour est également l’un des derniers disputés sous le maillot des équipes nationales et non de marques. On retiendra également ce Tour comme le théâtre d’un des événements les plus marquants de son histoire. 

Le parcours

Au programme de ce Tour 1967 : 22 jours de course et 24 étapes. Certaines d’entre elle sont des marathons notamment la 19e qui relie Clermont-Ferrand à Fontainebleau sur plus de 350 kilomètres. Hormis cette étape d’une longueur qui nous paraît aujourd’hui complètement folle dans un grand tour, on trouve dans ce Tour des ascensions mythiques. Parmi ces ascensions se trouvent notamment le Ballon d’Alsace, le Galibier, le Ventoux ou encore le terrible Puy de Dôme.

Cette édition débutera par un prologue de 6 km dans les rues d’Angers et comptera 2 autres chronos. Le premier, tracé autour de Jambe, en Belgique sera une demi-étape de 17km. Ce jour-là, c’est d’ailleurs une épreuve par équipe qui est proposée au peloton. Le second chrono se déroule lui le dernier jour de ce Tour entre Versailles et le Parc des Princes.

Les favoris

De grands noms sont annoncés pour ce Tour de France 1967 : Raymond Poulidor qui court après son premier sacre. Jimenez, Tom Simpson encore Jan Janssen chassent également un premier succès dans l’épreuve. Les Français sont, pour cette édition, annoncés comme étant les favoris avec une équipe A composée outre Poulidor, Aymar et Pingeon. Enfin, une autre légende des grands tours est au départ : Felice Gimondi. Vainqueur sortant du Giro, l’Italien arrive avec l’ambition de faire le doublé Giro-Tour.

Les Vosges et les premiers affrontements entre favoris 

Alors que Roger Pingeon a pris le maillot jaune lors de l’étape reliant Roubaix à Jambe, la première grosse bataille va intervenir lors de l’ascension du Ballon d’Alsace. Et cette première bataille sera d’ores et déjà fatale à Raymond Poulidor. En effet, dans l’ascension du Ballon d’Alsace, “Poupou” perdra 12 minutes et ses espoirs de maillot jaune à Paris. Sur cette étape remportée par Lucien Aimar, Pingeon montrera à tous qu’il est un prétendant sérieux à la victoire finale ne concédant presque rien aux meilleurs grimpeurs. Après une étape de transition le lendemain à travers le Jura et vers Divonne-les-Bains, les coureurs se tournent vers l’étape de Briançon.

Une étape où les cols du Télégraphe et du Galibier sont au programme. Lors de cette étape Felice Gimondi va prendre 2 minutes au maillot jaune. Toutefois, malgré cette perte de temps importante, Pingeon conforte dans cette grande étape alpestre sa position de leader. Pingeon garde même une avance suffisante pour envisager (presque) sereinement la terrible ascension du Ventoux. Si le Français perd du temps sur l’Italien, il se classe cependant 5e des favoris et de l’étape. Les seuls qui lui reprennent du temps sont donc Gimondi et Jimenez sur qui il perd 2 minutes. À l’inverse, il prend ce jour-là du temps à tous ses autres concurrents comme Jansen sur qui il récupère 3 minutes.

Marseille – Carpentras : une étape entrée dans l’histoire pour les mauvaises raisons

Voici donc cette 13e étape qui relie Marseille à Carpentras dont la principale difficulté n’est autre que le célèbre Mont Ventoux. Comme à chaque fois qu’il est au programme, le mont chauve fait peur. Ce jour-là plus qu’un autre, il sera terrible. Terrible parce que ce Tour est rentré dans l’histoire comme l’un de ceux où la course voit partir l’un des siens, l’Anglais Tom Simpson.

Lors de cette ascension effectuée sous une chaleur terrible Simpson, à bout de forces va s’écrouler. Évacué par hélicoptère, il s’éteindra dans ce même hélicoptère qui devait l’amener à l’hôpital d’Avignon. À ce moment-là, les causes de cette tragédie ne sont pas encore connues. L’autopsie de l’Anglais révélera qu’il avait pris des amphétamines avant d’accepter du cognac offert par un spectateur. La cause de cette tragédie est donc le mélange de ces produits et de la chaleur.

Des Pyrénées fatales à Felice Gimondi 

Pour les Pyrénées, 2 grosses étapes sont au programme. La première relie Toulouse à Luchon et la seconde Luchon à Pau. Bien qu’elle paraisse plus facile que celle qui suit, c’est cette première étape pyrénéenne qui sera fatale à Gimondi. Sur ces 188 km, 3 cols sont à escalader : le Portet d’Aspet, le col de Menthe et le col du Portillon. Dans cette étape qui verra Jiménez prendre 3 minutes à tous ses rivaux alors que Felice Gimondi perdra le Tour.

Vainqueur sortant du Giro, Gimondi va comme beaucoup avant lui se casser les dents sur le Tour en visant le doublé. Il perd pied dès la deuxième ascension du jour, le col de Menté. La suite de l’étape est un calvaire pour l’Italien qui franchira la ligne à plus de 12 minutes de ses concurrents pour la victoire finale. Dès lors, l’Italien est hors-jeu pour la tunique jaune.

Pingeon impérial lors de la dernière étape pyrénéenne

Alors qu’il reste encore l’étape majeure des Pyrénées et le Puy de Dôme à grimper, la victoire finale semble être promise soit à Pingeon soit à Jiménez. Cette dernière étape pyrénéenne promet beaucoup. En effet, l’enchaînement du Tourmalet et de l’Aubisque avant l’arrivée à Pau est idéal pour Jiminez afin de faire sauter la course. Dans cette étape longue de 250 kilomètres, l’Espagnol sait qu’il peut faire tourner le Tour et va se comporter en conséquence.

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Alors qu’il reste plus de 150 km à parcourir, il attaque dès la mi-pente du Tourmalet. Il basculera seul au sommet avec 20 secondes d’avance sur le maillot jaune. Ce dernier rentrera dans la descente et se présentera avec l’Espagnol au pied de l’Aubisque. Malgré ses nombreuses attaques, Jiménez n’arrivera pas à faire craquer Pingeon. Bien que décroché dans l’ascension de l’Aubisque, il reviendra encore une fois après le sommet et les deux franchiront ensemble la ligne à Pau.

La fin de Tour, Jiménez à la recherche du temps perdu

 

Ni les étapes de Bordeaux ou de Limoges ne changeront profondément le général. Le dernier danger pour Pingeon sera donc l’ascension du Puy de Dôme à 2 jours de l’arrivée à Paris.

Toutefois, l’inquiétude sera de courte durée pour l’Hautevillois. Bien que battu par Gimondi et Jiminez, il ne verra jamais son maillot mis en danger sur les pentes auvergnates. Si Gimondi, vainqueur au sommet, lui prend 5 minutes, celles-ci sont anecdotiques. Jiménez, principal adversaire de Pingeon, termine deuxième de l’étape mais seulement 26 secondes devant l’homme en jaune. Ce gain de temps reste toutefois loin combler le retard de l’Espagnol. Au soir de cette étape, Jimenez reste donc dauphin à plus d’une minute du Français. Les étapes suivantes ne changeront pas le podium et après le dernier chrono, Roger Pingeon remporte ce tour 1967 devant Jiménez et Balmanion.

Le dernier chrono tracé entre Versailles et le Parc des Princes reviendra à Poupou devant Gimondi et Pingeon. Le coureur de l’Ain remporte donc ce jour-là son premier grand tour avant de remporter la Vuelta quelques mois plus tard. 

crédits photos : le Dico du Tour

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