Troisième défaite à domicile pour le Stade Français Paris ce dimanche face à la Section Paloise (5-40), une équipe parisienne qui s'enlise au sens propre comme au figuré.
Un match cataclysmique
Champion de France en 2015, vainqueur de la Challenge Cup en 2017, le Stade Français Paris inquiète en ce début d'année 2018. Certes, le club s'est qualifié pour les quarts de finale de la Challenge Cup il y a dix jours en battant Edinburgh, terminant “troisième meilleur troisième”. Un quart de finale qu'il jouera fin mars … à Pau.
Mais dimanche à l'heure du déjeuner, les Stadistes ont plus qu'inquiété les spectateurs de Jean Bouin. Une défaite 40 à 5 (un record à domicile pour les parisiens), six essais encaissés pour un seul inscrit. Ce n'est pas l'état déplorable de la pelouse qui explique ce marasme. Le “gazon” était le même pour les deux équipes. Comment expliquer alors les 12 en-avants commis par Paris (seulement 5 pour Pau), les 13 plaquages manqués (3 pour les palois) ou, ce qui est moins quantifiable, les innombrables mauvais choix au pied, les touches non trouvées, notamment sur les pénalités (que ce soit de la part de Jules Plisson puis de son remplaçant Morné Steyn), etc. Seule la mêlée a tenu à peu près son rang.
Une zone de relégation qui n'a jamais semblé aussi proche
Dans son malheur, le Stade Français a été chanceux. La veille, les trois derniers (soit les trois seuls clubs qui sont derrière lui) ont en effet perdu, sans prendre de bonus. Oyonnax a pris l'eau en toute fin de match à Toulouse (défaite 37-15), Brive a fait mieux que résister mais s'est néanmoins incliné à La Rochelle (33-24) et Agen a subi un revers quasi-historique à Lyon (71-17, plus gros score de la saison). Sergio Parisse et ses coéquipiers avaient donc l'occasion de prendre un peu d'air en recevant Pau. Il n'en est rien. Ils n'ont donc toujours que 3 points d'avance sur Brive (12e), 4 sur Agen (13e) et 13 sur Oyonnax, dernier et un peu lâché. Or se profile lors de la prochaine journée (17 et 18 février) un déplacement très périlleux à Toulon, quand Brive et Agen recevront respectivement Pau et Toulouse. De plus, malgré les défaites de ce week-end, ces deux équipes ont montré un meilleur visage que les parisiens. Bref, on pourrait voir très vite le Stade Français plonger dans des eaux dangereuses.
Un départ et des silences qui pèsent
Pour ne rien arranger, le match contre Pau a été le dernier de Greg Cooper à la tête de l'équipe. L'entraîneur néo-zélandais repart en effet, pour des raisons personnelles et familiales, dans son pays. Après le départ l'été dernier de Gonzalo Quesada à Biarritz, c'est un nouveau coup dur. Ses adjoints Olivier Azam et Julien Dupuy seront désormais seuls aux commandes du navire, un navire qui ne doit pas ressembler au Titanic. Auront-ils les épaules pour remplir la mission ? Seul l'avenir nous le dira. En attendant, quid de Roberth Mohr le Directeur sportif ? On l'entend peu. On entend encore moins Hans-Peter Wild, le propriétaire du club. L'allemand se fait en effet très discret, ses prises de paroles très rares. Le recrutement limité en qualité (pour cause, il a été engagé très – trop ? – tard avec la vente du club) ne peut cependant pas tout expliquer.
Des raisons d'espérer
Néanmoins tout n'est pas noir pour le Stade Français et le maintien est encore largement atteignable.
D'une part, parce que le Stade Français, à condition de ne pas répéter la prestation d'hier, doit notamment encore recevoir Brive et Agen, ses deux concurrents les plus proches. Agen qui sera d'ailleurs le prochain adversaire à se rendre porte d'Auteuil (samedi 24 février). En négociant bien ces deux matchs, entre autre, le Stade Français se redonnerait de l'air.
D'autre part, parce que la réforme des montées / descentes favorise les clubs de Top 14 depuis cette année. Si on part du principe que la dernière place du Top 14, celle qui fait descendre automatiquement, est “préemptée” par Oyonnax, le treizième ne descend désormais plus automatiquement. Il jouera en effet un match de barrages contre le vaincu de la finale des playoffs de Pro D2. Soit une chance supplémentaire de se maintenir.
Enfin, parce que le Stade Français n'est finalement jamais aussi bon que quand il est dos au mur. C'est finalement quand on les croit morts qu'ils surprennent le plus. Mais attention, il n'y aura pas de projet de fusion pour leur donner un “coup de pied au cul” cette année.
Les résultats du week-end en Top 14

