Top 14 – la review club par club : le Stade Toulousain

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Malgré la cure rugbystique à laquelle nous sommes désormais confrontés depuis près de trois mois, il y a bien eu une partie d’exercice du Top 14 version 2019-2020. Puisque cette saison a été officiellement arrêtée et déclarée comme “blanche”, la rédaction de We Sport FR vous propose de revenir sur les performances des quatorze clubs qui composent le championnat. Aujourd’hui, focus sur la saison du Stade Toulousain, champion en titre et 7e du classement.

 

  • Classement en Top 14 (J17) : 7e avec 40 points -> 8V, 1N, 8D
  • Parcours en Coupe d’Europe : Qualifié pour les quarts de finale de la Champions Cup

 

L’effet rétro : un bilan avec des circonstances atténuantes

Flamboyant champion de France 2019, le Stade Toulousain savait que l’année de la confirmation serait plus compliquée. Après un cru 2019 aussi exceptionnel et malgré peu de changements dans l’effectif, comment demander aux Rouges et Noirs une seconde saison régulière à 98 pts ? En y ajoutant une pincée de Coupe du Monde, saupoudrée de doublons 6 Nations, la mission devient presque impossible.

En effet, le succès amenant la convoitise, les stadistes ont été touché de plein fouet par les convocations en équipe nationale. Avec quatorze joueurs au Japon c’est toute l’éblouissante ligne arrière championne de France (Dupont, Ntamack, Kolbe, Médard, Guitoune, Huget, Ramos) qui est absente à l’entame de la saison. Ainsi, une équipe mêlant jeunes joueurs en recherche de temps de jeu et vieux briscards rompus aux joutes du Top 14 a dû assurer le SAV durant 2 mois. Une tâche compliquée qui aura vu l’équipe alterner le bon et le moins bon. Les toulousains cherchent leur rugby et “rappellent” du Japon l’arrière Thomas Ramos.

Malgré un contenu perfectible comme face à Pau (24-23), cette “équipe B” reste invaincue à domicile. 3 victoires pour 5 défaites, un bilan famélique pour un club du standing de Toulouse mais qui sauve les apparences à l’heure du retour des principaux internationaux face à Clermont.

Après le retour des internationaux, le Stade Toulousain se montre bien plus convaincant et ne perd plus pendant près de deux mois, ce qui lui permet de pouvoir à nouveau entrevoir les phases finales. Cette série s’arrête néanmoins au retour des fêtes face à la lanterne rouge, le Stade Français (30-18), et symbolise le mal toulousain de cette année. Imbattable à la maison, le Stade est cependant très inconstant à l’extérieur avec un bilan de huit défaites pour une victoire étriquée à Agen (8-13). Il termine d’ailleurs sa saison sur une défaite sans saveur à Bayonne (20-10).

 

Le tournant de la saison

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Crédit photo : Sud Ouest

Le remake de la finale 2019 à Ernest Wallon marque un tournant dans la saison toulousaine. Avec le retour des internationaux français, le Stade Toulousain va infliger une leçon de rugby aux Clermontois (34-8) et entamer une série de 8 matchs sans défaites, coupe d’Europe comprise. Cela permet aux haut-garonnais de relever la tête et d’osciller entre la 5e et la 8e place du classement.

 

Tops

  • La jeunesse au rendez-vous : Consacré meilleur centre de France, la formation toulousain a une nouvelle fois tourné à plein régime. En effet, en cette année particulière, les jeunes confirmés Ntamack ou Dupont ont été parfaitement suppléés par Lucas Tauzin, Matthis Lebel ou Guillaume Marchand.
  • Kaino, Tekori “les papys font de la résistance” : Si les jeunes pousses toulousains se sont montrés à leur avantage que dire des anciens? À plus de 36 ans, Iosefa Tekori et Jérôme Kaino ont parfaitement rempli leur rôle de “papas”. Avec leur expérience, ils ont tiré le groupe vers le haut par leur engagement sans failles. Nous les retrouverons avec plaisir l’année prochaine.
  • La coupe d’Europe, ADN du club: Après avoir retrouvé les sommets hexagonaux, les toulousains avaient également à cœur de briller à nouveau en Coupe d’Europe. Déjà 4 fois vainqueur de l’épreuve, le club a enregistré un sans-faute de 6 victoires en 6 matchs avant la mise en pause de la compétition. Reste désormais à déterminer si les phases finales seront disputées.

 

Flops

  • Une “éponge magique” très efficace : Même s’il ne constitue pas un drame en soi, l’imbroglio du retour de Thomas Ramos sur blessure nous aura bien intrigué. Sans doute imputable à la communication du staff de l’équipe de France, on aurait tout de même aimé un peu plus de clarté sur cette rapide guérison. À moins que les médecins toulousains soient d’excellents praticiens, ce que nous ne mettons pas en doute.
Top 14 | Toulouse-UBB : Ramos à l'ouverture, Tafili titulaireCrédit photo : France Bleu
  • Le mal du pays ? : Avec 8 défaites en 9 déplacements, difficile de prétendre à un meilleur classement. Un paradoxe quand on sait que les hommes d’Ugo Mola sont sortis victorieux de leurs trois voyages européen.

 

Ce que l’arrêt du championnat change

Avec un arrêt à 10 matchs de la fin, difficile de tirer des conclusions très pertinentes sur cette saison toulousaine. Si l’on occulte la coupe d’Europe, le bilan est assez équilibré: 8 victoires, 1 nul et 8 défaites et une place de 7e, au milieu du classement. Si cet arrêt du championnat arrive au plus mauvais moment pour tout le monde, il est d’autant plus rageant pour les Rouges et Noirs. À un point de la 6e place et à six points de la 3e, Toulouse se retrouve privé de son moment préféré : le money-time. Alors on pourra extrapoler sur une possible fatigue suite à une longue saison internationale, toutefois, depuis le retour de son équipe type, le constat est sans appel. Avec 11 victoires, 1 nul et 3 défaites toutes compétitions confondues, les toulousains avaient ré-enclenché la marche en avant.

Cependant, avec la tendance d’une réforme de la coupe d’Europe (avec 8 clubs français) cette 7e position pourrait permettre au Stade Toulousain de se battre pour disputer la Champions Cup en 2021. Si cela se confirme, ce pourrait être un moindre mal qui permettrait de mettre de côté de manière plus sereine cet exercice 2019-2020. L’équipe type ne devrait pas bouger à l’intersaison. Les quelques départs de Galan, Gray, Bézy ou Mermoz seront compensés numériquement avec par exemple l’arrivée du demi de mêlée rochelais Alexi Balès et l’apport de jeunes espoirs du centre de formation. Ainsi, Ugo Mola et ses hommes pourront cette fois-ci préparer la défense de leur titre 2019 de manière plus paisible sur le plan du terrain. Pour ce qui est des finances, comme d’autres, le club pourrait traverser une légère période de turbulences. Les supporters se sont déjà mobilisés en masse autour de l’opération “Un mur de soutien” pour le Stade Toulousain. Le reste dépendra selon le président Lacroix des mesures d’aides de l’État. Affaire à suivre.

 

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