Dans un peu moins d'un mois, le 11 février, le RC Toulon célèbrera sa première année avec comme président l'homme d'affaires Bernard Lemaître. Depuis onze mois, le club de la Rade est orphelin d'un président qui a fortement contribué au développement du club, devenu une institution référence du rugby français et européen sous Mourad Boudjellal. Grand contributeur au développement du RCT et à son rayonnement, dressons alors un bilan sportif près d'un an après le départ du Big Boss des Rouge et Noir.  

 

Sur la scène nationale, un bon bilan pour un effectif en reconstruction

Lors d'une saison 2019-2020 marquée par la pandémie mondiale, il est compliqué de juger les performances d'une équipe dans laquelle Bernard Lemaître venait de poser ses valises.

Force est de constater que la transition se fait dans la douceur avec deux victoires à domicile en trois matchs, dont une victoire sur un score très étriqué mais au combien précieuse face au Stade Français Paris, dernier match à être disputé avant l'arrêt de la compétition. Dans ce championnat qui ne s'achèvera pas, le RC Toulon termine avec un bon bilan de 9 victoires pour 2 matchs nuls et seulement une défaite, soit moins de revers que le Racing 92 classé pourtant devant les Toulonnais. Devançant de grosses écuries, grâce à de bonnes performances pendant la période des doublons notamment, les Toulonnais auront le temps de bien préparer cette nouvelle saison pour l'aborder sereinement à la rentrée 2020.

 

Une fidélité aux principes toulonnais

On connaît très bien le style de jeu du RCT, physique, engagé, beaucoup de travail des avants et un jeu très souvent attentif aux fondamentaux, décisifs dans le rugby moderne.

Tout en s'appliquant ces principes de jeu, le RCT de Bernard Lemaitre, c'est aussi un collectif magnifiquement uni, une solidarité qui se démontre sur le terrain tous les week-ends. Car le club Varois n'a pas d'individualités capable de créer seule des différences sur les ailes à l'instar d'un Teddy Thomas au Racing ou d'un Kolbe au Stade Toulousain.

Crédits Photo: Nice Matin

Les stars toulonnaises sont au cœur du jeu, comme en atteste l'activité d'un Eben Etzebeth ou d'un Ma'a Nonu. La patte Bernard Lemaitre, c'est aussi un accent particulier sur la solidité défensive à domicile. Les hommes de Patrice Collazo n'ont jamais encaissé plus de deux essais à Mayol, une performance qui fera certainement plaisir à l'ancien coach rochelais.

 

Des ambitions importantes pour l'Europe

Est-il possible de faire mieux que ce qu'avait réalisé Mourad Boudjellal ? Trois titres consécutifs dans la plus grande des Coupes d'Europe, entre 2013 et 2015, finalistes également à trois reprises, portant le bilan à 6 finales sur les 11 dernières éditions, la performance sur la scène européenne du RCT de Mourad Boudjellal était tout simplement monumentale.

Pour débuter son ère, Bernard Lemaître se hisse en finale du Challenge Européen, battant d'abord les Scarlets de Llanelli puis balayant les Tigers de Leicester, mais tombe sur os nommé Bristol en finale à la mi-octobre, signant le premier coup d'arrêt sportif depuis son arrivée.

Cette saison, après un bon début pour les Toulonnais et une victoire face à Sale, ils ont du subir la décision de l'EPCR de leur attribuer une défaite 28-0 sur tapis vert après la décision du club de ne pas aller disputer un match contre à une franchise fortement touchée par la Covid. Cette défaite pourrait empêcher les Varois de voir les quarts de finale si ceux-ci ont lieu, mais cette édition tronquée semble quand même indiquer un trait commun aux deux derniers présidents du RCT : une importance forte donnée aux compétitions européennes.

 

Quelles perspectives pour le RCT ?

C'est une très bonne question que le président du RCT a déjà étudié à plusieurs reprises. La signature Mourad Boudjellal était d'attirer des joueurs d'expérience, renommés voire même des grandes stars comme il a pu le faire. Bernard Lemaître ne semble pas adopter la même stratégie.

En s'appuyant sur de très jeunes visages, et Gabin Villière en est la dernière tête d'affiche, le nouveau président du RCT mise sur une nouvelle stratégie. Grâce à une formation en constante croissance du côté du Var, le RCT peut se targuer d'avoir fait éclore de nombreux jeunes peu exposés, et de leur avoir permis d'endosser des rôles de leader, comme en atteste le cas d'Anthony Belleau.

Crédits Photo: Var-Matin 

En définitive, la patte Lemaître est pour l'instant complexe à déceler tant sa première année fut étrange en raison de la crise sanitaire actuelle. De ses premiers choix, on peut évidemment déceler la volonté de faire confiance aux joueurs formés au club, à l'instar de la prolongation de Swan Rebbadj, le deuxième ligne formé au club. On note également la présence de cadres de qualité tels que Sergio Parisse, Eben Etzebeth ou encore le nouveau venu Toeava, pour encadrer un groupe où de nombreux jeunes sont en train de s'aguerrir. L'effectif du RCT est toujours aussi impressionnant, et pourrait permettre aux joueurs de Bernard Lemaître de lui offrir pourquoi pas son premier trophée cette année.

 

Crédits Image à la Une : L'Alsace