Cyclisme

Tour du Royaume-Uni (Grande-Bretagne) 2022 : Les favoris

Grande-Bretagne

Le Tour de Grande-Bretagne de cette année brise quelques règles. Il comporte une arrivée en côte, sans doute l'étape reine, le premier jour, avec le trajet jusqu'au centre de ski de Glenshee, qui se termine par une montée assez raide de 3 km.

Cela peut tuer la course dans l'œuf le premier jour, ou provoquer le besoin d'attaquer par la suite ; cela peut aller dans les deux sens. Et elle se termine par un autre effort court et pointu vers les Needles sur l'île de Wight. Le long du chemin entre ces deux points (et en faisant une incursion rafraîchissante dans le Yorkshire), la course offre son mélange habituel de sprints cloués et d'arrivées pour puncheurs.

La liste des départs s'est renforcée ces dernières années. Les prochains championnats du monde de cyclisme sur route en Australie ont peut-être forcé certains à revoir leur copie. Mais les équipes et les coureurs qui prendront le départ de la course y verront une formidable opportunité de remporter une victoire sur une épreuve qui s'est développée ces dernières années pour devenir une course que seuls les meilleurs du monde remportent.

Tom Pidcock (Ineos Grenadiers)

Un nom dépasse tous les autres, et nous attendons avec impatience son arrivée. Pour Tom Pidcock, la semaine prochaine pourrait être une nouvelle étape importante dans une carrière qui trace tellement de voies qu'il est difficile de savoir où elle va. Est-ce le X-Cross, le MTB, les classiques, les victoires d'étapes ou le classement général ? A-t-il exclu le BMX ?

Le parcours lui convient, l'équipe qui l'entoure semble solide. Il doit sûrement aborder la course en tant que favori, et pourtant, au niveau senior, il n'a pas encore fait ses preuves en termes de potentiel pour le classement général. Les victoires des moins de 23 ans au Tour d'Alsace et au Baby Giro suggèrent que Pidcock peut s'appliquer à la discipline parfois stérile de la course au sol.

Mais gagner le Tour de Grande-Bretagne, après Mathieu van der Poel, Julian Alaphilippe et Wout van Aert, semble être la prochaine étape logique.

Dylan Teuns (Israël-Premier Tech)

Le prolifique Belge est très bien adapté au Tour de Grande-Bretagne, à ses conditions sauvages et humides, à ses montées percutantes et à sa nature implacable.

N'étant plus dans le rouge de Bahrain Victorious, Teuns a rejoint l'équipe Israel-Premier Tech sur un contrat de mi-saison de deux ans et demi. C'est sa première course pour sa nouvelle équipe. Sa forme est bonne, si ce n'est stellaire. Il a peut-être été un peu discret au Tour de France. Mais avant cela, il avait remporté le Tour de Romandie, sur un terrain très “Tour of Britain”, et il a gagné la Flèche Wallonne. Autant de bonnes indications que sa forme n'est pas loin et que sa classe est permanente.

On peut s'interroger sur la force et le manque relatif d'expérience de son équipe, mais il sera motivé pour prendre le meilleur départ possible avec sa nouvelle équipe, et pour prouver aux sélectionneurs nationaux belges qu'ils ont fait une erreur en le négligeant pour les prochains Championnats du Monde.

Le Tour de Grande-Bretagne est l'une des rares courses par étapes d'une semaine qu'un coureur comme Teuns peut sérieusement viser au classement général. Mais il l'a déjà fait auparavant, en Wallonie, en Pologne et en Norvège.

Felix Großschartner (Bora-Hansgrohe)

Le champion national autrichien était en action lors du récent Deutschland Tour, pour soutenir le héros local Emmanuel Buchmann, peu impressionnant. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cette loyauté envers le coureur allemand était mal placée, et que Großschartner aurait pu être l'homme de la situation.

Le coureur de 28 ans a déjà remporté le Tour de Turquie, lorsqu'il s'agissait encore d'une course du WorldTour, s'emparant de la tête du classement général en battant Remco Evenepoel, encore adolescent, dans la montée enneigée de Kartepe. Mais il a aussi sprinté jusqu'à la deuxième place derrière son coéquipier Sam Bennett dans une arrivée sur un parcours roulant.

Il est très polyvalent, ce qu'il faut être dans cette course. Non seulement cela, mais son équipe est sans doute la plus forte de la course, avec des éléments comme Max Schachmann, un autre prétendant au titre de champion du monde, Lukas Pöstlberger, l'infatigable Nils Politt et Marco Haller (qui a récemment battu Wout van Aert au sprint lors des Bemer Cyclassics).

Anthon Charmig (Uno-X Pro Cycling Team)

Après la saison que nous avons connue, vous ne pouvez pas avoir une liste de favoris sans inclure un Danois. J'ai choisi Anthon Charmig en partie à cause de sa nationalité, en partie à cause de sa forme et en grande partie à cause de son équipe.

Des courses comme le Tour de Grande-Bretagne, avec une présence relativement faible sur le World Tour, représentent une énorme opportunité pour une équipe comme Uno-X, qui souffre encore de sa non-sélection sur le Tour.

Ils sont extrêmement ambitieux, très bien entraînés et organisés. Et en Charmig, ils ont un coureur qui frappe à la porte de plus grandes choses encore. La nature des montées du Tour de Grande-Bretagne lui conviendra parfaitement.

En 2022, il a goûté pour la première fois à la victoire lors du Tour d'Oman, où il a devancé Jan Hirt et dépassé Fausto Masnada et Rui Costa pour s'imposer dans une montée. Il pourrait être très dangereux, si sa forme est bonne.

Thomas Gloag (Trinity Racing)

Tom Gloag quitte Trinity Racing pour rejoindre Jumbo-Visma l'année prochaine. Ils savent reconnaître un bon coureur quand ils en voient un. Un autre Londonien (attention aussi à Oscar Nilsson-Julien), comme Fred Wright et Ethan Hayter, est décidément un homme à part.

Bloqué à Gran Canaria lorsque la pandémie a frappé en 2020, et incapable de rentrer chez lui, il s'est envolé pour la Colombie où il est resté, à l'âge de 18 ans, pendant des mois à s'entraîner avec Esteban Chaves. Il en est revenu changé.

C'est un grimpeur, bien que sa récente victoire au Tour de l'Avenir soit le fruit d'un sprint à deux sur une étape plate et roulante. Il sera intéressant de voir comment il aborde la course de cette année, après avoir couru de manière agressive, bien qu'un peu impétueuse, lors de l'édition de l'année dernière.


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