Dernière journée déjà du Tournoi des 6 Nations 2019, avec un Pays de Galles intouchable, qui donne la leçon à l'Irlande au Principality Stadium pour remporter son 12ème Grand Chelem. Derrière, l'Angleterre trébuche à domicile dans un match incroyable face à son adversaire de toujours, l'Ecosse. Enfin, les cancres de cette édition 2019 s'étaient donnés rendez-vous à Rome pour essayer de se donner un peu de baume au cœur en cette fin de compétition. Retour sur ces cinq week-ends de compétition, marqué par des essais, des joueurs et des matchs tantôt fous, tantôt maîtrisés à la perfection.
L'équipe du Tournoi : Les Gallois ont maîtrisé de bout en bout
Ils étaient en course pour obtenir leur 5ème victoire sur 5 matchs, face à l'Irlande. On leur promettait l'enfer, il n'en a rien été : les Gallois, impressionnants de maîtrise tout au long de la compétition, ont remporté leur 12ème Grand Chelem, et ont montré des dispositions très intéressantes en vue de la coupe du Monde qui arrive.
Dans le sillage de leur capitaine exemplaire, Alu-Wyn Jones, les Diables Rouges peuvent nourrir des ambitions, tant ils ont réussi à imposer leur jeu, à faire le dos rond quand il le fallait, et à porter l'estocade au bon moment.
Et que dire de leur public, qui fait peser une pression constante sur les adversaires des Diables Rouges lorsqu'ils osent s'approcher des 22 mètres de leurs protégés…
A l'image de leurs matchs en France (menés 16-0 à la mi-temps), ou contre l'Angleterre (ils passent devant en fin de match), le XV du Poireau a montré une solidité mentale et physique à toute épreuve.
Assurément l'un des outsiders pour le Mondial au Japon.
— Welsh Rugby Union ? (@WelshRugbyUnion) 16 mars 2019
Le joueur du Tournoi : Johnny May, le serial marqueur anglais
6 essais en 5 rencontres, voilà le bilan de l'ailier anglais, qui a fait bien des misères aux défenses des équipes de ce Tournoi version 2019.
Avec même un triplé terrible contre les Bleus, il a tout le temps animé la ligne d'attaque de son équipe, bien aidé il est vrai par les relances inspirées de Nowell ou Daly.
Le n°11 du XV de la Rose est désormais un élément incontournable de son équipe, et doit certainement être l'un des premiers noms qu'écrit Eddie Jones au moment de composer sa formation.
Régulier en attaque et féroce en défense, il est un vrai poison pour les défenses adverses, et fera sans doute encore du mal dans le futur, à commencer par la coupe du Monde, où les sujets de Sa Majesté vont notamment retrouver de fébriles Français…
Quick-thinking @benyoungs09 and @Sladey_10‘s sleight of hand allow Jonny May to score a classy try at Twickenham ???????#ENGvSCO #GuinnessSixNations pic.twitter.com/aXHvwPPrF0
— Guinness Six Nations (@SixNationsRugby) 16 mars 2019
L'essai du Tournoi : Romain N'tamack, au nom du fils
Même si les Français n'ont clairement pas été au niveau du haut de tableau du Tournoi 2019, il n'en reste pas moins que les jeunes ont bousculé la hiérarchie, avec plus ou moins de réussite.
Romain N'tamack, fils de l'illustre ailier Emile, est de ceux-là : champion du monde des U20 l'année dernière, il s'impose de sortie en sortie dans son club, le Stade Toulousain, mais aussi en équipe de France. Pour preuve, 3 titularisations consécutives, où, dans un contexte difficile, il a su faire le boulot, montrant quelques morceaux de son talent.
Son essai face à l'Ecosse le prouve : il est au soutien, ayant bien senti le coup dans une action qui rappelle les plus belles heures du French Flair.
Ce sont les jeunes pousses françaises qui font exploser la défense écossaise, avec une relance de Ramos, un relais de Penaud, puis de Dupont, enfin du même Ramos qui transmet à son compère haut-garonnais pour conclure l'action.
Reste désormais à confirmer face à des formations plus cotées, mais encore faudrait-il avoir un plan de jeu à la hauteur…
ENTAME PARFAITE DES BLEUS !!!! La relance de Ramos est conclue par le demi d'ouverture du jour Romain Ntamack ! ??????????
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— France•tv sport (@francetvsport) 23 février 2019
Le match du Tournoi : L'Ecosse à deux doigts d'un exploit historique !
On pensait voir une formalité pour des Anglais impressionnants de puissance et de maîtrise, d'autant plus dans leur enceinte de Twinckenham, face à un XV du Chardon décimé par les blessures.
La première mi-temps est conforme à cette idée, avec un XV de la Rose qui déroule et prend le bonus offensif en moins de 30min.
Les joueurs de Gregor Townsend répliquent et sauvent l'honneur (croit-on) en scorant juste avant la pause.
Mais au retour des vestiaires, l'incroyable se produit : les Ecossais, plus motivés que jamais, font exploser la maison blanche et réussissent même à passer devant à la 76ème minute, en marquant pas moins de 5 essais !
31-38, la planète rugby s'arrête de respirer, et on pense assister à l'exploit du siècle : malheureusement, les hommes d'Eddie Jones égalisent dans les arrêts de jeu par un essai de George Ford sous les poteaux.
Au final, c'est un match nul étincelant, qu'on voudrait voir tous les week-ends, et qui a contribué à embellir la dernière journée du Tournoi.
Les meilleurs moments de cet Angleterre – Ecosse dingue ! ???????????????? #Rugby #6Nations #ENGvSCO pic.twitter.com/3glIeTM1p4
— France•tv sport (@francetvsport) 16 mars 2019
Les enseignements : Les Gallois au sommet, les Français ont du souci à se faire
On attendait les Anglais seuls pour aller chercher le gain du Tournoi, voire même du Grand Chelem, on a eu les Gallois.
Le XV du Poireau, emmené par un Warren Gatland toujours aussi inspiré, a fait lever les foules en pratiquant un rugby aéré, maîtrisé et où chacun a su se mettre au service du collectif.
5 victoires qui ne souffrent d'aucune contestation, notamment la dernière face à une Irlande totalement dépassée par l'intensité mise par leurs adversaires.
??????? Grand Slam ? Camp Lawn ??????? pic.twitter.com/rQrn86RWaK
— Welsh Rugby Union ? (@WelshRugbyUnion) 16 mars 2019
Côté Français, on attendait ce Tournoi avec fébrilité, sachant bien qu'on risquait de voir des Bleus bien pâles : la confirmation a été donnée par la bande à Brunel, malgré un renouvellement de l'effectif.
Deux petites victoires, dont une particulièrement difficile à acquérir en Italie, où, soyons honnêtes, les Tricolores ne méritaient pas de l'emporter.
Le constat reste donc identique : le rugby français va mal, très mal, et rien ne semble être mis en place pour changer.
Tant que la guéguerre LNR – FFR perdurera, rien ne pourra bouger. Tant qu'un Président jouera au sélectionneur et continuera à nommer ses copains à la tête du XV de France, rien ne pourra bouger. Tant qu'on ne réforme pas le rugby français en profondeur, de l'école de rugby aux Seniors, rien ne pourra bouger.
Il y a du travail, beaucoup de travail donc pour revoir le XV de France dans les 3-4 premières nations mondiales, afin qu'il soit à nouveau capable de remporter le Tournoi ou la coupe du Monde…
Le XV du Tournoi
Sinckler (Angleterre) – Best (Irlande) – Evans (Pays de Galles)
A.W. Jones (Pays de Galles) – Kruis (Angleterre)
Curry (Angleterre) – Moriarty (Pays de Galles) – Watson (Ecosse)
Davies (Pays de Galles) – Anscombe (Pays de Galles)
Parkes (Pays de Galles) – Slade (Angleterre)
Nowell (Angleterre) – Williams (Pays de Galles) – May (Angleterre)
L'équipe des “Espoirs” (25 ans ou moins)
Traoré (Italie) – Chat (France) – Bamba (France)
Lambey (France) – Beard (Pays de Galles)
Alldritt (France) – Bradburry (Angleterre) – Polledri (Italie)
Dupont (France) – Ntamack (France)
Zanon (Italie) – Ringrose (Irlande)
Kinghorn (Ecosse) – Ramos (France) – Penaud (France)
Les résultats de la 5ème journée
Italie 14 – 25 France
Pays de Galles 25 – 7 Irlande
Angleterre 38 – 38 Ecosse