Du suspens à tous les étages dans ce Top 14, qui continue à avancer malgré les éternels doublons internationaux et la Covid-19. La Rochelle s'arrache face à un Stade Français bien plus consistant que lors de ses dernières sorties, le LOU fait tomber le leader toulousain, alors que Toulon et Brive font les bons coups de cette 17ème journée.
Le match du week-end : Le LOU très solide face à Toulouse

Trop inconstants depuis le début de la saison pour espérer briguer une place dans les 6, un LOU sous pression recevait un Stade Toulousain irrésistible depuis 9 matchs. Même sans ses internationaux et devant jouer avec le 4ème talonneur de la hiérarchie du poste, le leader Haut-Garonnais présentait une équipe compétitive au stade Gerland, clairement pour essayer de remporter un nouveau succès à l'extérieur et confirmer leur première place.
Mais les hommes de Pierre Mignoni démarrent fort la rencontre, menant rapidement 10-0 et ne laissant pas respirer les protégés d'Ugo Mola. La réponse du champion de France 2019 est cependant terrible, avec un essai de Delibes, pensionnaire du centre de formation toulousain, suite à un mouvement dans le plus pur style des Rouge et Noir.
Loin de s'affoler, les Lyonnais comptent sur la botte de Wisniewski, qui maintient l'écart malgré tout. Si les Haut-Garonnais plantent deux essais, dont un deuxième de Delibes, et voient le LOU prendre un carton jaune (Ivaldi), ils n'arrivent cependant pas à faire définitivement le trou. Ils doivent d'ailleurs s'incliner une nouvelle fois sur un départ tonitruant de Tuisova, replacé en 8 sur une mêlée, qui sert parfaitement Arnold qui passe la ligne pour permettre aux siens de reprendre l'avantage. 23-17 à la mi-temps, une avance méritée pour les Lyonnais, tant ils auront été dominateurs face aux Toulousains.
Le retour des vestiaires ne change pas énormément la physionomie de la rencontre, car le LOU est bien décidé à remporter une victoire de prestige face à l'ogre Rouge et Noir. Après un échange de pénalités entre les deux formations par Holmes et Wisniewski, c'est Nakaitaci qui vient clore la rencontre suite à un essai en force à l'heure de jeu. Ramos, qui faisait son retour sur les pelouses, redonne du tonus à une attaque toulousaine en berne, et trouve quelques brèches, cependant pas exploitées par ses coéquipiers, la faute à une agressivité constante dans les rucks du côté lyonnais. Une dernière pénalité de ce même Ramos, et un essai justement refusé à Kolbe pour un en-avant au moment d'aplatir font que le score reste à 31-23 pour les Lyonnais.
Un gros coup pour les hommes de Pierre Mignoni, qui auront sorti une prestation majeure face à un des gros de ce championnat, et qui pourront certainement se servir de cette rencontre pour aborder la dernière ligne droite et aller pourquoi pas chercher une qualification dans les 6. Côté toulousain, c'est un peu la soupe à la grimace, eux qui se retrouvent désormais 3èmes (avec un match en retard face à La Rochelle toutefois), et qui devront encore se passer de quelques-uns de leurs titulaires habituels pour un moment, la “faute” aux doublons du Tournoi des 6 Nations.
L'homme du week-end : Enzo Hervé mène (encore) les siens jusqu'à la victoire

Il n'en finit plus de crever l'écran et de devenir incontournable à ce si particulier poste de demi d'ouverture : Enzo Hervé, l'ouvreur du CA Brive, a encore brillé face à Bordeaux dans un match d'une grande intensité et au scénario un peu fou. Le n°10 des Coujoux a porté son équipe par son efficacité au pied, en passant 6 pénalités et une transformation, soit 20 points sur les 25 de son équipe !
Christophe Urios l'avait annoncé, la rencontre entre son UBB et les Brivistes allait être accrochée, et qu'il fallait être présent dans l'agressivité et l'intensité pour espérer récolter quelque chose dans ce match. 25-23, un chassé-croisé haletant et une victoire à l'arrachée des Corréziens qui leur permet de continuer à rêver en cette fin de championnat, surtout si leur ouvreur continue à évoluer à ce niveau !
L'essai du week-end : Scott Higginbotham, comme à l'entraînement !
Pas de relance folle de ses propres 22m en guise d'essai du week-end, mais plutôt une mise en lumière d'une combinaison parfaitement réalisée par les Bordelais sur le terrain de Brive.
Suite à une touche récupérée par l'UBB, le talonneur Dweba se prépare à lancer son ballon. Si la présence de Maxime Lucu, le demi-de-mêlée, ne pouvait pas paraître inhabituelle, ce dernier allait jouer un rôle prépondérant dans cet essai.
Récupérant le lancer de son talonneur, il transmet immédiatement à Scott Higginbotham, lancé comme un frelon, et qui transperce la ligne défensive briviste sans aucune résistance, pour marquer le premier essai de son équipe, comme à l'entraînement !
On a aimé : Montpellier se sort du piège agenais
Sans faire injure aux Agenais, qui connaissent un championnat difficile et en forme de chemin de croix, gagner à Armandie cette saison est devenu presque une obligation pour tous leurs adversaires.
Le MHR venait dans cet objectif, bien qu'handicapé par une crise de confiance et une rechute terrible à Castres le week-end dernier. Si les Lot-et-Garonnais ont bien commencé la rencontre, les Héraultais la termineront bien mieux et s'offriront même une victoire bonifiée qui leur permettent de prendre leurs distances avec la zone rouge, suite notamment à la déroute bayonnaise à Clermont.

On n'a pas aimé : Bayonne inexistant à Clermont
Si les Bayonnais s'étaient révélés être des candidats crédibles au maintien, la période sans jouer due au covid aura peut-être eu raison de leurs espoirs. Plusieurs semaines sans match et une reprise évidemment difficile face à des équipes qui auront gardé le rythme ne permettent pas aux hommes de Yannick Bru d'être au niveau dans cette deuxième partie de championnat.
Evidemment, même s'il est toujours très difficile de jouer et encore plus de vaincre Clermont à domicile, les Bayonnais auront carrément sombré à Marcel Michelin après une rencontre sans réelle résistance, et qui aurait pu être soldée sur un score encore plus lourd si l'ASM n'avait pas gâché au moins trois essais en première période. Finalement, c'est une défaite 71-3 qui fera sûrement mal aux têtes bayonnaises, et qui pourrait condamner les Bleu Ciel et Blanc en fin d'exercice, il est vrai encore largement perturbé par ce satané virus…
Un oeil sur la Pro D2 : Vannes accroché face à Nevers, Perpignan se remet à l'endroit, Mont-de-Marsan respire

S'il y a du suspens en Top 14, c'est exactement la même chose en Pro D2 ! La deuxième division est plus intéressante que jamais, avec des équipes inhabituelles aux premières places, et une bagarre pour le maintien très intense.
Vannes, qui avait retrouvé son fauteuil de leader le week-end dernier, recevait un prétendant ambitieux, l'USO Nevers, qui ne venait pas en Bretagne pour faire de la figuration. Si les Bretons menaient rapidement 17-0, ils n'arrivaient pas définitivement tuer la rencontre, la faute à des Nivernais accrocheurs et très bien organisés.
Et ce qui devait arriver arriva : les visiteurs grignotaient leur retard jusqu'à revenir à hauteur en toute fin de match au stade de la Rabine ! Mais les deux points du match nul satisfont évidemment les hommes de Xavier Péméja, et un peu moins les Vannetais qui voient Perpignan recoller au classement.
Et la bataille pour une place dans les 6 sera plus rude que jamais : avec Oyonnax et Colomiers vainqueurs, Nevers qui récolte des points sur la pelouse de Vannes et même Grenoble qui revient du diable Vauvert et qui se retrouve à 5 petits points de la 6ème place, la fin de championnat sera plus qu'intéressante et serrée !
En bas du classement, la (très) bonne opération vient de la part de Mont-de-Marsan, qui récolte un succès bonifié face à un concurrent direct au maintien, Valence-Romans lui permettant de respirer un peu au classement.
Si Rouen récupère un point de bonus défensif face à Montauban à Sapiac, c'est le statu quo en queue de peloton, avec Rouen, Valence-Romans et Soyaux-Angoulême qui joueront certainement un mini-championnat jusqu'à la fin de saison.