Avec deux victoires et trois défaites, l’équipe de France de rugby a bouclé son tournoi des Six Nations à la 4ème place, derrière l’Irlande, le Pays de Galles et l’Écosse, mais devant l’Angleterre et l’Italie. Cette première compétition de l’ère Brunel, bien qu’elle puisse être frustrante par moment, nous a au moins apporté quelques motifs de satisfaction et d’espoir, enfin !
Un tournoi entre espoirs et frustrations
Alors que le XV de France abordait ce tournoi sans aucune certitude, on attendait avec impatience de savoir si Jacques Brunel allait enfin être celui qui pouvait relancer la machine bleue, enrayée depuis de nombreuses années maintenant.
Le premier match des Bleus fût très intense. En effet, après un chassé-croisé tout le match, les coéquipiers de Guilhem Guirado mènent 13 à 12 lorsqu’on rentre dans les arrêts de jeu d’une rencontre où ceux-ci ont fait jeu égal avec l’Irlande, futur vainqueur du tournoi. C’est alors qu’un dénommé Jonathan Sexton sort de sa boîte pour claquer un drop d’une quarantaine de mètres, qui permet à l’Irlande de venir s’imposer 15-13 au Stade de France. La routine pour les Bleus, qui ces dernières semaines étaient souvent dans le coup, mais qui repartaient toujours avec le goût amer de la défaite dans la bouche.

Cette impression allait être renforcée après une défaite à Murrayfield (32-26), malgré une nouvelle rencontre où le XV du Coq avait le match en main (menant 20-14 à la pause). Pire, l’histoire de la sortie nocturne d’Edimbourg allait venir encore un peu plus entacher une entame de tournoi ratée. Ainsi, Teddy Thomas, malgré ses trois essais en deux matchs et le fait qu’il soit un des meilleurs joueurs de l’équipe, se voit écarté du groupe France.
Par la suite, l’équipe de France s’impose sans trembler au Vélodrome face à l’Italie (34-17) pour mettre fin à presque un an de disette, avant de prendre le dessus sur les Anglais lors du Crunch, au terme d’un match héroïque en défense et grâce à un Rémy Grosso et à un Mathieu Bastareaud des grands soirs (22-16). Avec deux victoires consécutives, ce qui ne lui était plus arriver depuis un an (presque) tout pile, le XV de France engrange donc un peu de confiance et retrouve quelques certitudes.

Le dernier match perdu au Pays de Galles (14-13) reflète parfaitement le tournoi des hommes de Brunel ; une rencontre dominée par les français où ceux-ci ont montré de belles choses, mais à l’issue de laquelle ils concèdent une nouvelle défaite d’un rien chez une grande nation, alors qu’ils ont eu les occasions pour l’emporter. Frustrant, mais avec de l’espoir pour la suite, donc.
De nombreux motifs de satisfactions
Comme dit précédemment, malgré trois défaites (certes de peu), ces cinq matchs auront apporté plus de positif qu’autre chose côté Tricolore. Le sélectionneur Brunel est arrivé avec un discours pragmatique, qui lui a donné raison, comme en témoigne les retours au top de Benjamin Fall mais aussi et surtout de Mathieu Bastareaud. D’autres joueurs ont montré des choses intéressantes comme par exemple Rémy Grosso, Maxime Machenaud, Yacouba Camara ou encore Marco Tauleigne. Le nouveau sélectionneur devrait donc s’appuyer sur ce noyau de joueurs pour construire une équipe stable, en plus des autres cadres déjà bien installés (on pense notamment au capitaine Guilhem Guirado). D’autres joueurs, qui ont livré des prestations satisfaisantes, mais qui ont été « victimes » de la sortie nocturne en Écosse, sont en sursis (comme Teddy Thomas par exemple). Certains ont en revanche déçu (on peut penser à Trinh-Duc, Beauxis, Slimani ou Ben Arous entre autres).

Mieux que des performances individuelles, le XV de France semble avoir retrouver certains fondamentaux, avec un nouvel état d’esprit positif, une défense solide et une conquête satisfaisante.
Mathieu Bastareaud, capitaine lors du dernier match, confirmait d’ailleurs le redressement en marche de son équipe : « J’ai dit aux joueurs que, sur l’ensemble du Tournoi, on n’a pas à avoir honte de ce qu’on a fait. Dans l’état d’esprit, on y était. Ce qui me dérangeait avant, c’était de voir des mecs la tête baissée quand ils loupaient une passe. J’ai essayé de booster tout ça, on a montré qu’on avait du caractère. »
Par ailleurs, après le Pays de Galles, Jacques Brunel déclarait au Midi-Olympique “Sur le résultat pur, c'est une déception. Sur le contenu, nous avons en revanche beaucoup de satisfactions, notamment sur la capacité de notre équipe à rivaliser avec les meilleurs, à lutter jusqu'au bout avec chacun d'eux”.
Après un tournoi des Six Nations porteur d’espoir, les Bleus devront continuer d’avancer en vue de la prochaine Coupe du Monde 2019, même s’il a été annoncé que le projet aurait plus pour objectif la Coupe du Monde 2023 en France. Prochaine étape, la tournée de juin avec trois gros tests face aux All-Blacks. Cocorico !
Grégoire ALLAIN