XV de France : un départ canon et de nombreuses prouesses

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Le XV de France a idéalement lancé son Tournoi et son année 2020 en dominant presque de la tête et des épaules l’Angleterre, dimanche au Stade de France (24-17). Plus qu’une entrée en matière réussie dans la compétition, les coéquipiers de Charles Ollivon ont enchanté, et ainsi entamé leur processus de renouveau d’une manière idyllique.

 

Un groupe plein de fougue

Dès les premiers instants, les joueurs du XV de France ont cherché à étouffer leurs adversaires du jour. Habitués à avoir le temps de mettre en place leur jeu d’occupation en faisant reculer l’équipe adverse grâce à la puissance de leurs avants, les Anglais ont été mis sous pression par un rideau bleu déterminé à monter très vite sur le porteur du ballon pour mettre la pression aux hommes d’Eddie Jones, et ce même dans leur camp. Les Bleus n’ont jamais eu peur d’affronter frontalement les joueurs du XV de la Rose, et ont d’entrée mis de l’intensité dans les contacts et dans les courses offensives pour tenter de déstabiliser l’organisation anglaise. Conséquence de cela, ce sont les Français qui ont marqué les premiers, par Vincent Rattez (5′) d’abord, puis par Charles Ollivon ensuite (19′). Débordés devant le pragmatisme et la polyvalence du jeu des Bleus, les joueurs de la Reine n’ont pu que constater l’élan de fraîcheur qui symbolisait l’état d’esprit de ce nouveau groupe à l’occasion du Crunch. Les Français étaient morts de faim, et ça s’est (vite) vu.

 

Une défense de fer

Malgré un score largement à leur avantage à la pause grâce à deux essais inscrits suite à des combinaisons travaillées (17-0), les hommes de Fabien Galthié ont été secoué en début de seconde période, mais ils ont tenu bon par le biais d’une défense implacable. Au retour des vestiaires, les Anglais ont en effet pilonné pendant presque dix minutes la ligne d’en-but française, sans jamais trouvé la faille. Illustration de ces propos, les vices champions du monde ont passé plus de 8 minutes de temps de jeu effectif dans les 22 mètres adverses, ne trouvant la faille “qu’à” deux reprises grâce à deux exploits individuels ou presque de Johnny May, mais ne réussissant jamais à perforer le mur Bleu par la force, fait assez rare pour être signalé. Sous l’impulsion d’une troisième ligne monstrueusement solide (Alldritt – Ollivon – Cros) mais aussi d’un Bernard Le Roux des grands jours, les Tricolores ont plaqué jusqu’à systématiquement se sortir d’affaire dans les moments clés. Malgré 57% de possession et plus de 60% d’occupation, les coéquipiers d’Owen Farrell se sont montrés inhabituellement maladroits, et sont surtout tombés sur un rideau de fer infranchissable aux 95% de plaquages réussis.

 

Une charnière destinée à s’installer

Antoine Dupont, Romain Ntamack. Ils étaient déjà là au Japon, ils auront pour objectif d’être là en France, dans un peu moins de 4 ans. Replacé au poste de numéro 10 sous Jacques Brunel, Romain Ntamack s’est une nouvelle fois montré à son avantage dans son jeu au pied, malgré il est vrai quelques déchets techniques à la main en début de deuxième période. À seulement 20 ans, le Toulousain de naissance semble acquérir de plus en plus d’expérience et pourrait bien s’installer au poste de demi d’ouverture du XV de France dans les années à venir.

Son compère en club n’a guère plus de soucis à se faire. Titulaire au poste de 9 pour ce premier choc de l’ère Galthié, Antoine Dupont a constamment dynamisé le jeu des Bleus, et a également abattu un gros travail des deux côtés du terrain. Avec 8 défenseurs battus et un plaquage défensif salvateur sur Will Heinz (78′), le demi de mêlée français aura été (très) précieux face à l’Angleterre.

Que cela soit par leurs performances aussi bien que par leur talent ou même leur âge, Antoine Dupont et Romain Ntamack ont a l’évidence la possibilité de s’installer durablement dans l’équipe type, et de stabiliser un secteur de jeu où les Bleus ont longtemps eu un déficit par rapport aux autres grandes nations de la planète rugby. Il sera en tout cas difficile d’y échapper si les deux toulousains continuent d’impressionner à presque chacune de leurs sorties.

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Crédit photo : Sport 24

 

Un banc qui devra se mettre au diapason 

Outre le réalisme et l’efficacité implacable des Français des deux côtés du terrain, le dernier quart de match a révélé une certaine faiblesse dans ce XV de France. En effet, les Bleus ont semblé baisser le pied physiquement après l’heure de jeu, ont par conséquent été moins lucides, et n’ont pas été suffisamment épaulés par la fraîcheur des entrants, encore un peu tendres au moment où les Anglais ont décidé d’accélérer. S’il est normal que les titulaires payent une grosse débauche d’énergie au cours de la première heure et que des entrant inexpérimentés au niveau international ne soient pas immédiatement des tauliers, on attendra néanmoins d’eux qu’ils s’acclimatent rapidement aux standards internationaux, afin d’éviter des éventuelles déconvenues en fin de match lorsque l’équipe de France se montrera moins réaliste que ce dimanche. Néanmoins, évidemment rien d’alarmant pour l’instant. Le groupe est jeune, et il faudra laisser le temps aux novices de s’intégrer et d’atteindre le niveau qu’on exige d’eux pour évoluer au sein de l’équipe nationale lors de ces grandes échéances.

 

On notera par ailleurs les belles prestations du capitaine Charles Ollivon, de Bernard Le Roux, de Grégory Alldritt (élu homme du match) ou encore d’Anthony Bouthier (solide pour une première cape, d’autant plus dans ce contexte), qui ont impressionné et confirmé tous les espoirs placés en eux.

 

S’il ne faut pas s’enflammer, tout comme il ne faudra pas tout remettre en question au moindre faux pas, c’est en tout cas des débuts réussis pour cette équipe de France “new look”, qu’on a déjà hâte de retrouver dimanche prochain pour un duel face à l’Italie. Archi favoris, les Bleus devront cette fois-ci faire preuve d’autorité pour venir à bout d’une équipe transalpine balayée à Cardiff en ouverture du Tournoi (0-42).

 

Crédit photo de l’image en Une : Actu.fr

 

Grégoire Allain

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