Aujourd’hui, WeSportFr vous propose de découvrir qui est derrière la fameuse page qui met en lumière le foot District : « District FC – Les phrases et photos du niveau District – Football ». Ce football qui anime le quotidien de bon nombre d’entre nous, parlons-en tout de suite avec son meilleur représentant. Vous êtes prêts ? C’est parti !

Tout d’abord, qui es-tu et comment est né ce projet ?

Bonjour WeSport FR ! Je m’appelle Alex, 30 ans et actuellement expatrié à Montréal. J’ai joué au football jusque’à mes 25 ans au sein de l’équipe D de l’US Montagnarde dans le Morbihan, exclusivement en District bien sûr.

A la base, en 2008, j’avais créé un groupe privé Facebook où chacun postait ses perles récoltées aux bords des terrains de District. Le groupe a atteint environ 15 000 membres et un jour en 2012, suite à une modification réalisée par Facebook, le groupe a disparu. J’ai alors décidé de créer une page accessible au public. Les anciens du groupe sont quasiment tous revenus et de fil en aiguille, la page s’est rapidement répandue à grande échelle. Depuis le début, je suis seul à gérer tout ça, avec seulement un ami qui est administrateur de la page au cas où quelques chose m’arriverait, ainsi que mon éditeur qui est autorisé à publier sur ma page.

Tu dis que tu es tout seul à t’occuper de la page. N’est-ce pas trop difficile, notamment en terme de sollicitations ? 

Ça va. C’est sur que ça demande un peu de temps, mais ça reste raisonnable. Je  reçois une quinzaine d’images ou de phrases par jour en moyenne, sauf quand je passe en télé ou après un gros post, où là j’en reçois une quarantaine. J’ai également beaucoup de commentaires, de notifications lors des posts Facebook, mais je gère ça assez bien et c’est synonyme de qualité donc ça ne me dérange pas du tout.

Ce qui représente beaucoup de travail c’est avant de sortir un livre, en général vers septembre, lorsqu’il faut recontacter tous les gens figurant sur les photos pour avoir leur accord afin de les intégrer à l’ouvrage. En général, les réponses sont rapides et favorables mais j’ai quand même dû renoncer à certaines photos pour cause de non réponse.

Cette ferveur autour de la page et cette réussite, c’est fou ! Comment peux-tu expliquer ça ? 

Dans le groupe privé au départ, je pense tout simplement que les gens se reconnaissaient dans ce que je proposais et étaient contents de voir que quelqu’un s’intéressait à leur situation. Le fait d’ouvrir la page à tout le monde a juste permis d’atteindre un plus large public. Si je peux permettre au grand nombre de s’amuser et se divertir, alors j’ai tout gagné.

Lorsque la page a atteint 10 000 ou 15 000 abonnés, L’After RMC a été le premier média à s’intéresser à la page. L’Equipe, France Football puis So Foot ont suivi et en une semaine on est passé à 80 000 abonnés. C’était incroyable ! Juste après, Les Spécialistes, J+1 et enfin le Canal Football Club ont parlé de moi, quelque chose que je n’imaginais même pas quelques mois auparavant.

J’ai d’ailleurs une anecdote concernant le CFC. J’avais assisté à une émission, à laquelle la chaîne m’avait invité en tant que spectateur. A la fin de l’émission j’en avais profité pour discuter avec les animateurs de l’émission et j’ai même pû leur donner un exemplaire de mon livre. Plus tard dans l’année et la veille de la dernière émission juste avant Noël, je reçois un appel alors que j’étais tranquillement chez moi. C’était Hervé Mathoux ! Il voulait parler de mon livre le lendemain soir mais il ne l’avait plus. L’explication ? Laurent Paganelli l’avait embarqué une fois où ils en avaient parlé ensemble ! Du coup, Hervé m’a proposé d’envoyer un coursier pour récupérer le livre, mais je n’avais personne sur Paris qui l’avait en sa possession. J’étais stressé comme jamais. Le livre n’est jamais arrivée à bon port mais au final, lors de l’émission, l’image de couverture est apparue sur le grand écran derrière Hervé, c’était encore mieux ! Un mal pour un bien donc, ça a boosté les ventes !

Tu viens de nous parler d’un livre, mais ce n’est pas le seul qui est paru. Lequel à le mieux marché et arrives-tu à vivre de ton activité ? 

En fait, ce n’est même pas moi qui ai eu l’idée de mettre tout ça sur papier. Un jour, un éditeur m’a contacté et m’a proposé de s’occuper de la mise en oeuvre. J’avais juste à donner mon accord pour qu’il utilise mon contenu. L’idée m’a semblée intéressante et j’ai donc donner le feu vert.

Deux livres de « phrases » sont sortis, mais celui qui a le mieux fonctionné fut le premier tome du livre « photos », paru en 2012 en version papier, vendu uniquement via la boutique en ligne (comme tous les autres) puis réédité pour la vente en librairie en 2016. C’est le seul de la collection à y avoir été d’ailleurs. Ils ont connu dans les deux cas environ le même succès. En 2013, la bande dessinée est sortie dans l’objectif d’illustrer et de mettre en situation les meilleures phrases. Le concept à moins bien été reçu par le public, mais les chiffres restent tout de même intéressants.

Je ne vis pas de cette activité, ce projet est un loisir car à coté je travaille dans un Apple Store et je gère également un blog voyage avec ma copine. D’ailleurs, tout ce que j’ai gagné sur le premier livre a été reversé à le lutte contre le cancer. Mon éditeur et mon dessinateur ont fait de même. Désormais, je ne donne plus la totalité mais une part est toujours reversée. J’avais pas prévu d’avoir autant de succès, j’en fait profiter les autres, ça me fait plaisir.

Comment ton entourage a-t-il réagit à cela ? 

Je n’en parlais à personne, hormis à l’un de mes meilleurs amis avec qui j’étais, un week-end, allé à Paris pour visiter les studios des médias qui m’avaient contacté. Pour te dire, Ouest France avait contacté ma page Facebook pour une interview alors qu’à l’époque je bossais chez eux, dans le bureau à côté du gars qui m’avait envoyé le message ! J’ai fait l’interview et le lendemain, je faisais la quatrième de couverture de l’édition du jour, tirée à 1 million d’exemplaires. C’est d’ailleurs comme ça que ma mère a été au courant de ce que je faisais.

Pourquoi avoir changé le nom de la page ?  

Au départ, seules les phrases étaient présentes sur la page et « Les phrases qu’on peut entendre qu’au niveau District » prenait tout son sens. Mais ensuite, les photos ont commencé à être de plus en plus présentes. Il a donc fallut adapter le nom à l’activité de la page afin qu’il couvre tout ce que cette dernière propose, d’où ce changement de nom.

D’ailleurs n’y a-t-il pas un peu moins d’activité qu’au début sur les réseaux ?

En effet, les publications sont moins nombreuses mais restent tout de même régulières. Depuis que je suis au Canada, c’est parfois difficile de gérer la page avec les 6h de décalage qu’il y a avec la France. Mais déjà, le fait que tout se passe via Internet rend les choses faisables et me permet de continuer à animer la page. De plus, les publications sont certes moins fréquentes mais ont toujours une portée intéressante avec en moyenne 100 000 personnes atteintes par publication et parfois des pics qui dépassent le million sur les meilleurs « crus ».

Justement, quel a été ton plus gros succès sur les réseaux sociaux ? 

Une photo qui a atteint 2,5 millions de personnes, 15 000 likes, 3 500 partages. La qualité de l’image est désastreuse, prise par le frère du joueur sur son téléphone. En plus de ça, le numéro 14, si représentatif en District, porté de la sorte avec autant de fierté… c’est beau, du grand art. Ce joueur est devenu la star de son village.

Une image que tu retiendrais parmi toutes ? 

La couverture du tome 1, ma préférée. Elle nous vient d’une équipe en Belgique où le photographe du club prend son pote en gros zoom. Le gars ne pose même pas mais on dirait que si. Perdu en pleine campagne, un terrain et un ballon pourris, la main courante en arrière plan, l’équipement absolument pas assortit, la clope, la bière et assis sur la caisse qui la contenait. Le décrassage type par excellence, tout le District est présent sur une seule photo. Superbe.

Ta plus grande fierté dans cette aventure ? 

Des petites choses. Par exemple, quand je suis allé chez So Foot (ils avaient presque le même nombre d’abonnés que moi à l’époque,) et que je discute avec mon contact de là bas qui me dit « c’est fou ce que tu as fait… atteindre cette si grande communauté sans payer aucune publication, c’est très fort ». Des choses comme ça, ça fait vraiment plaisir.  Ce qui me plait, c’est de réunir des gens. J’ai seulement eu une idée et j’ai créé une communauté. C’est très satisfaisant, et au final c’est peut être de ça dont je suis fier. 

L’aventure prendra peut-être fin un jour… tu as des projets pour la suite ? 

C’est vrai que tout ça prendra peut-être fin un jour, mais je ne me pose pas la question. Je fais ça pour le plaisir et profite de chaque jour en vivant comme ça vient. Mon éditeur aime travailler là dessus, on rigole, on profite. L’aventure est vraiment belle et elle vivra autant de temps que la communauté le souhaite.

C’est vrai que parfois je me dis que le concept pourrait réellement devenir plus gros et prendre une autre dimension mais je travaille à coté et je fais ça pour m’amuser. Si l’aventure s’arrête un jour, tant pis. En être à ça stade aujourd’hui dépasse largement les attentes de base. Mais quand même, si l’histoire se terminait ça me manquerait je pense car je ne joue plus au foot mais je reste dans ce milieu grâce à ça. La fin serait difficile… mais il y aurait tellement de bons souvenirs !

Comme je l’ai dis un peu plus tôt, ce projet est un loisir car à coté je travaille dans un Apple Store et je gère également un blog voyage, ce qui est totalement différent du monde du football. Pour le coup, avec ce site (facebook.com/ouramericandream) on essaye de percer. Nous n’en vivons pas encore mais réussir dans ce domaine ultra concurrentiel serait une véritable satisfaction.

Une anecdote ? On te laisse le mot de la fin ? 

A vrai dire, j’en ai deux. Le première remonte à quelques années au sein de l’équipe D de l’US Montagnarde. A ce moment là, on joue la montée en District 3 face au premier du groupe, Quistinic, invaincu depuis le début de la saison. On était 3ème du groupe mais l’équipe occupant la seconde place ne pouvait pas monter à cause d’un nombre insuffisant d’arbitres. On devait gagner par 5 buts d’écart pour monter, ce qui paraissait quasiment impossible à la base, mais on s’est quand même pris au jeu. Pour la première fois de l’année, on s’est échauffé, tout le monde était sérieux. Et bien ce match là, on l’a gagné 7-1 ! C’était incroyable, même les autres clubs pensaient à un match arrangé, mais pas du tout. Personne n’était sortit la veille de la rencontre, du coup on a tous posé des jours jusqu’au mardi et on s’est bien rattrapé. Bon par contre, on est descendu l’année suivante.

La deuxième anecdote remonte à quelques années également. Tout le monde dans l’équipe savait que j’étais derrière cette page Facebook et à l’origine des livres qui étaient sortis. La veille d’un match, en boîte, j’annonce à l’équipe que le lendemain, France 3 allait venir à notre match pour faire un reportage. Qui pouvait imaginer que la télé allait se déplacer pour un match de quatrième division de District ? Personne ne m’a cru. Le lendemain, les caméramans étaient à l’heure. Pas nous, évidement. Notre gardien est arrivé, revenant d’un chantier un dimanche matin (un peu louche, non ?) et a balancé ça devant les caméras sans se poser de question. Un autre joueur, Jérôme, dit « Jéjé » et toujours bourré, appelle à quelques minutes du coup d’envoi annonçant au coach qu’il venait de se réveiller dans un taxi parce qu’il n’avait pas réussi à rentrer chez lui, sans trop savoir où il était. Les caméras ont tout filmé. Mais à 5 minutes du coup d’envoi, « Jéjé » arrivait. Ce jour là, juste pour la télé, j’ai joué 9 alors qu’en temps normal je suis arrière droit. Décision du coach. Bien sûr, j’ai pas marqué.

Le plus beau dans l’histoire, c’est qu’on a gagné. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs football. Enfin bref, tout ça pour dire que sans mon club et ceux qui m’ont accompagné toutes ces années, je n’en serais pas là.

Voici une vidéo datant du printemps 2013, juste après la sortie du premier livre :

Avec ces mots, je pense que le District peut être fier d’avoir un tel représentant ! Tant de gentillesse et de sincérité font vraiment chaud et coeur et partager ce moment avec toi fut un réel plaisir. L’équipe de WeSport FR te souhaite de la réussite dans tes projets, que ce soit avec « District FC » ou bien dans tes autres aventures. Merci à toi Alex, pour qui tu es et ce que tu fais pour le foot amateur.

Martin COLNEY