Football

5/6, la Ligue 1 se porte bien

Les équipes de Ligue 1 ont fait honneur à leur statut. Si la ligue des talents, beaucoup trop souvent rebaptisée la “farmer league”, peut se targuer de ce surnom (le bon, pas le mauvais), c'est parce que ses clubs engagés en coupe d'Europe cette année ont fait bonne figure dans l'ensemble. Ils seront une grosse partie à voir le printemps continental et avec, a fortiori, de l'ambition. 

Paris, Rennes, Monaco, Nantes et Nice. Ils sont donc cinq à s'être qualifiés pour les phases à élimination directe de leur compétition Européenne. Le PSG en Ligue des Champions, le Stade Rennais, Monaco et les Canaris en Europa League, et les Aiglons en Ligue Europa Conférence. Seul Marseille a donc échoué, alors que les Olympiens, longtemps dans le coup pour la qualification, étaient même encore virtuellement rebasculés en C3 à l'ultime minute de leur dernier match de poule face à Tottenham. Mais voilà, le sort en a décidé autrement. Dans l'ensemble, ces phases de groupes restent malgré tout plus que positives, à bien des égards.

Paris, rageante fin de match 

Comme pour l'Olympique de Marseille, le temps additionnel du dernier match a été fatal au PSG. Non pas lors de sa rencontre contre la Juventus, où les Parisiens se sont imposés 2-1 à Turin, mais plutôt du côté de Haifa. Les Israéliens sont passés complètement à côté de leur deuxième période et Benfica en a profité pour inscrire cinq buts.. dont un dernier par Joao Mario dans les arrêts de jeu. Cruel pour le club de la capitale, qui termine donc deuxième de son groupe. Il faudra donc sans doute se coltiner une grosse écurie lors des 8èmes de finale au printemps prochain, qui plus est avec un match retour à l'extérieur. De City au Real en passant par Chelsea et le Bayern, l'affrontement pourrait valoir le détour. Mais comme Marquinhos l'a précisé : “On était content du travail qu'on a fait. Mais c'est sûr qu'on a aussi des choses à améliorer pour continuer à grandir. Après, la première phase est importante mais la Ligue des champions se joue sur la deuxième. On a vu des équipes deuxièmes qui ont été championnes. Nous, on a de grands joueurs. Ça va être difficile comme cela l'a toujours été. Il faut aller chercher les victoires. Les autres équipes ne vont pas non plus être ravies de tomber sur Paris.

Si Paris peut nourrir des regrets, ils doivent surtout venir du match contre le Maccabi au Parc, où les hommes de Christophe Galtier ont encaissé deux buts. Ou de la double confrontation contre Benfica, où le PSG a été incapable de gagner malgré une nette supériorité, notamment à la maison. Il faudra donc faire avec. De toute façon, pour aller au bout, il faudra sortir des gros. Tôt ou tard.

Rennes et Monaco, une qualification… et des regrets 

Objectif atteint. Dans un premier temps. Monaco, éliminé en barrage de Ligue des Champions, arrivait donc en C3 avec de l'ambition. Dans un poule homogène et largement à leur portée (Ferencvaros, Trabzonspor, Etoile Rouge de Belgrade), les joueurs du Rocher faisait même office de favoris. Un peu comme le Stade Rennais, dans une poule à deux vitesses : les Bretons et Fenerbahce paraissaient largement supérieur à Larnaca et le Dynamo Kiev. Et c'est ce qu'il s'est passé, puisque Français et Turcs ont largement dominé les débats, terminant en tête, avec respectivement 12 et 14 points. Mais Rennes avait tellement mieux à faire que cette deuxième place. Lors de la double confrontation contre le Fener, les joueurs de Genesio ont totalement bâclé un travail pourtant bien fait. A l'aller, les Rouges et Noires menaient 2-0 avant de se faire rejoindre en toute fin de match. Pire, au retour, ils menaient même 3-0 après une grosse demi-heure dans l'enfer du Sukru Saracoglu Stadium ! Avant, là aussi, de complètement craquer et concéder l'égalisation à l'ultime minute de jeu.

Et après un ultime match nul hier contre Larnaca au Roazhon Park, l'amertune est de mise chez le coach Rennais : “On est déçus du résultat et de la manière surtout. Si on doit avoir des regrets, ce n'est pas ce soir, ce sont les deux matches contre Fenerbahçe, où on avait la possibilité d'assurer la première place. Je suis déçu par le jeu qu'on a proposé ce soir. Il nous a manqué trop de choses pour gagner un match de coupe d'Europe et le gagner par trois buts d'écart, comme il aurait fallu. On reste invaincus, on est qualifiés, mais on sait qu'on ne peut pas se permettre la moindre baisse de régime. En Février, on devra affronter un grand club. On en a eu un petit avant-goût l'an dernier avec Leicester. Ça sera l'occasion de voir ce qu'on a dans les jambes.” Car il ne s'y trompe pas, en terminant seulement deuxième, Rennes devrait retrouver un gros club en 16èmes de finale. Une équipe qui a terminé troisième de sa poule de Ligue des Champions. Une équipe qui pourrait donc potentiellement s'appeler Barcelone, Séville, Ajax, où Juventus…

Pour Monaco, le constat est le même. Qualifiés en tant que second, les joueurs du Rocher se coltineront un gros match au prochain tour, au printemps. Et ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux même. L'éclat reçu 4-0 en Turquie, la défaite à Louis II contre Ferencvaros, le nul concédé là-bas dans les derniers instants.. L'ASM avait largement les moyens d'aller chercher une qualification directe pour les 8èmes de finale. Il faudra pour cela, se retrousser les manches.

Nantes, quel finish 

Nantes au contraire, n'avait d'autre ambition qu'une qualification pure et dure. 1er ou 2ème ? Peu importe, les Canaris ne souhaitaient qu'une chose : voir le printemps Européen. Et c'est chose faite! Il y a deux semaines, Kombouaré et les siens auraient signé des deux mains pour le scénario qui vient de se produire. Avant derniers avec seulement 3 points et 4 points de retard sur Qarabag, il fallait donc deux petits miracles pour que la Beaujoire puisse frissonner de plaisir en 2023. Et après avoir entretenu l'espoir avec une victoire obtenue au bout du temps additionnel face aux Azerbaidjanais, les Nantais ont remis ça hier, en s'imposant 2-0 chez l'Olympiakos. Dans le même temps, Qarabag n'a pas su vaincre Fribourg, et c'est tout le foot français qui s'en réjouit.

On est des nains, des tout-petits. On va surtout continuer à découvrir, à apprendre de cette compétition. Mais la priorité pour nous est bien sûr le championnat. Après on va avoir des étoiles plein les yeux. J'entendais les joueurs, dans le vestiaire, parler du Barça, de la Juventus, nous, on n'existe pas. Donc c'est pour ça qu'on va continuer à rêver. Nous, on n'a pas joué en fonction de Fribourg, de Qarabag, surtout pas. Nous, on voulait surtout gagner pour ne pas avoir de regret. De notre côté, il fallait faire le boulot. C’est pour cela que je tiens à féliciter les joueurs. Il n’y a pas eu de regrets, et à la fin il y a la petite cerise sur le gâteau. C’est la récompense d’une équipe qui ne lâche jamais, d’une équipe qui donne. On aurait aujourd'hui gagné puis Qarabag serait passé, on n'aurait pas eu de regret. On serait surtout sorti la tête haute de la Ligue Europa. » A l'image du petit poucet en coupe nationale, Kombouaré sait que désormais, le plus dur est devant. Mais Nantes n'a rien à perdre. En sortant des poules, le dernier vainqueur de la Coupe de France a déjà rempli sa mission.

Nice, et pourquoi pas? 

Unique représentant tricolore en C4, Nice s'avançait avec une poule pas évidente sur le papier, avec des déplacements pièges et surtout, après un été agité et un début de saison plus que compliqué. Résultat? Une première place du groupe et une qualification directe pour les 8èmes de finale ! Les Aiglons ont été loin d'être merveilleux dans le jeu mais ils sont su faire la différence quand il le fallait. Les victoires à l'arrache à Slovacko et contre Belgrade en sont la preuve. Lucien Favre, sur la sellette il y a quelques semaines et qui semble avoir redressé la barre, est même satisfait du travail de son groupe.  “Nous, on voulait se qualifier, je l’ai dit en début de saison. On l’a réussi. Sur l’ensemble des matchs, ils étaient tous difficiles. On l’a bien vu contre Slovácko, contre le Partizan, contre Cologne. Mais je crois que ce n’est pas immérité qu’on soit premiers à la fin. Regardez le match contre Slovácko, on doit mener 3-0 à la mi-temps et à la fin, on le perd. Mais ça, c’est le foot, c’est le sport, ça peut arriver. Dans l’ensemble, on a bien réagi, car on a battu le Partizan à la maison (2-1). Puis on vient faire un match nul à l’extérieur à Cologne.

L'OGN peut désormais voir la suite avec sérénité. Car finalement, sur le papier, il est clair que les Aiglons font partie des équipes à abattre. Qui semble réellement au-dessus? West Ham et Villaréal, sans doute les deux épouvantails de la compétition. Mais derrière, Nice aura clairement une carte à jouer. Attention tout de même à Braga et la Lazio, qui descendront eux d'Europa League avec des ambitions. Mais avec des Dante, Todibo, Scheimchel, Laborde, Delort et autres Pépé, Nice a le droit de rêver.

Les clubs Français ont (presque) tous fait le boulot cette semaine. Avec un joli cinq sur six, la première phase des compétitons Européennes a été encourageante. Mais le plus dur reste à venir, après une Coupe du Monde qui aura mis les organismes à dure épreuve. En attendant, place au tirage au sort qui aura lieu lundi, à Nyon. 

Crédit photo : Eurosport


Valentin Martin

Le cœur meurtri par la fin de carrière de Rodgeur, je m'en remets aux stepback de The Beard. Rien de tel qu'un Vélodrome incandescent pour me faire chavirer de bonheur

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