Tous deux arrivés cet hiver, William Saliba et Jean-Clair Todibo n'ont pas eu besoin d'un temps d'adaptation pour revitaliser une équipe niçoise à l'agonie. Alors que l'absence des deux joueurs s'est fait ressentir hier à Marseille, zoom sur l'impact de ce nouveau duo à Nice.
“Je viens en tant que patron pour diriger la défense” affirmait William Saliba le 8 janvier dernier, seulement quarte jours après son arrivée en prêt d'Arsenal. Pourtant, le vide à combler était immense au moment où le jeune défenseur de 19 ans prononçait ces mots. Avant son arrivée, l'OGC Nice restait sur une seule victoire en onze matchs toutes compétitions confondues. Depuis le 1er novembre et la grave blessure de Dante, pilier de la défense azuréenne, le Gym n'y arrivait plus. Alors qu'Adrian Ursea peinait à imposer un style de jeu depuis son ascension à la tête de l'équipe, l'entraineur roumain n'a pas hésité une seconde à titulariser William Saliba d'entrée. Malgré un premier mois marqué par de mauvais résultats collectifs, l'ancien Stéphanois s'est démarqué, plébiscité par ses supporters en tant que meilleur Aiglon du mois de janvier.
Le 1er février, celui-ci fut rejoint par Jean-Clair Todibo, prêté par Barcelone dans les dernières heures du mercato hivernal. Deux jours plus tard, le duo fit sa grande première face à l'AS Monaco.
Changement de système
Tout de suite, cette arrivée a permis à l'entraîneur de réaliser un changement de système. Alors que le schéma à trois défenseurs centraux de Patrick Vieira était toujours d'actualité jusque-là, la paire Todibo-Saliba a rebattu les cartes et fait passer l'équipe dans une défense à quatre. Avec ce duo, l'équipe a connu deux victoires et deux défaites en quatre matchs, soit autant de succès qu'en trois mois avant cela. Si le bilan n'est pas flamboyant pour autant, c'est bien dans le jeu que l'impact se fait de plus en plus ressentir. Tout d'abord, c'est la colonne vertébrale de l'équipe qui semble retrouver un semblant de cohérence. Suite à la blessure de Dante, la qualité de relance trop faible d'une défense en manque de confiance avait non seulement provoqué de nombreuses occasions adverses, mais aussi empêché le développement du jeu niçois, souvent trop dépendant de ses latéraux.
Parfait exemple de ces problèmes, les passes latérales de la défense niçoise hier à Marseille ont fortement handicapé le jeu collectif. La rencontre du soir faisant office de match en retard de la 11e journée, les recrues hivernales n'étaient pas qualifiées pour la jouer. Dans la défaite, le Gym s'est de nouveau enfermé dans ses travers et semblait orphelin de ses nouveaux défenseurs centraux. “Ce n'est pas facile de retrouver des automatismes sans eux”, a d'ailleurs estimé l'entraineur après la rencontre.

Avec Jean-Clair Todibo et William Saliba, plus à l'aise techniquement à la relance que leurs coéquipiers Stanley Nsoki ou Robson Bambu, la sérénité dans ce domaine permet à l'équipe de mieux toucher ses milieux de terrain à la construction. Grâce à un jeu davantage vertical et des passes plus rapides, concordés avec un retour en forme de Pierre Lees-Melou, le changement de cadence du jeu niçois est conséquent en leur présence. Si l'équipe reste marquée par l'irrégularité, ses bas semblent moins bas et ses temps forts plus évidents. Face au Paris Saint-Germain samedi dernier, le Gym a par exemple été timide en première mi-temps, mais a su inquiéter le géant parisien en seconde période.
Malgré la frustration de la défaite, Adrian Ursea n'a pas hésité à faire l'éloge de sa paire Todibo-Saliba : “Les deux centraux nous amènent beaucoup de tranquillité, de sérénité. Ça nous donne de la stabilité, on voit qu’ils maîtrisent. (…) Ça rejaillit sur le jeu de l’équipe, notamment sur les sorties de balle. (…) Lorsqu’on est performant dans cette phase, le jeu de l’équipe se bonifie.”
Une charnière retrouvée
Après être passé de trois à deux défenseurs centraux, les Aiglons ont pu retrouver une charnière solide avec leur nouveau duo, chose qui leur avait cruellement manqué. Grâce à une meilleure prestance physique et une gestion des espaces maitrisée, l'axe de la défense niçoise s'est considérablement amélioré. Désormais, le danger semble plutôt se profiler sur les côtés. Face à Monaco, c'est un mauvais retour de Dan Ndoye sur l'aile qui avait offert un pénalty à l'AS Monaco, tandis que le manque de repli défensif d'Amine Gouiri avait offert le premier but aux Parisiens samedi.
Alors que Daniliuc, Nsoki, Bambu et Pelmard se répartissaient les rôles jusque-là, ceux-ci ne semblent pas tous pâtir de la même façon de l'arrivée des deux internationaux U20 français. Capable de jouer latéral droit lorsque nécessaire, Andy Pelmard tire son épingle du jeu tout comme Robson Bambu, bien placé dans la hiérarchie d'Adrian Ursea. Stanley Nsoki, peu performant cette saison, devrait quant à lui davantage rester sur le banc même s'il était lui aussi titularisé hier en l'absence des deux recrues. Flavius Daniliuc, auteur de performances encourageantes cette saison, semble cependant être l'un des perdants de cette nouvelle hiérarchie sur le plan individuel. Dans la défaite trois buts à deux au Vélodrome hier, Stanley Nsoki et Robson Bambu n'ont pas convaincu, la comparaison avec les titulaires habituels leur étant peu flatteuse.
Un avenir incertain
Malgré les espoirs que suscitent les performances de Jean-Clair Todibo et William Saliba, les deux recrues pourraient rester des solutions temporaires. Avec le prêt sans option d'achat de William Saliba, il paraît compliquer de le voir rester sur la Côte d'Azur la saison prochaine. La direction du club n'a cependant pas écarté l'idée de continuer l'aventure avec le jeune Français si l'on en croit ses déclarations sur le sujet. Au-delà de sa situation contractuelle, le joueur en provenance d'Arsenal pourrait être sous la menace d'une sanction de la Fédération française de football. Après qu'une ancienne vidéo filmée par le joueur dans les vestiaires d'une équipe de France jeune ai fait polémique, la FFF a en effet décidé de saisir la commission fédérale de discipline.

Jean-Clair Todibo, lui, pourrait bien voir son avenir à l'OGC Nice. “J'espère réaliser les performances qu'il faut pour convaincre le club de lever l'option d'achat”, avait-il déclaré à son arrivée. Si Nice n'a pas communiqué le montant de l'option d'achat, celle-ci se trouverait entre 8,5 et 15 millions d'euros selon le média espagnol Sport.
D'ici la fin de saison, les espoirs des supporters niçois reposent en grande partie sur les épaules des deux français. En attendant le mercato d'été, la paire Todibo-Saliba aura la tâche de faire tourner la machine INEOS. Face à Metz dimanche, l'OGC Nice cherchera impérativement à s'imposer, sous peine de retomber dans une série de résultats négatifs.
Crédit photo à la une : OGC Nice