Allégorie de l’élégance : Dennis Bergkamp #1

Le football est avant tout un mélange d’émotions, un sport qui s’apprécie avec les yeux, parce qu’un contrôle, un dribble, peut faire lever tout un stade. La beauté de ce jeu n’est que le reflet des personnes qui le pratiquent. C’est pourquoi nous vous présentons, chaque jour cette semaine, quelques esthètes, des ambassadeurs d’un football élégant. Comme si le temps s’arrêtait à chaque ballon touché. Premier volet avec l’aérodromophobe* Dennis Bergkamp.


De Dennis buteur 

Lancé par Johan Cruijff chez les professionnels en 1987 à l’âge de 17 ans, Bergkamp est un pur produit de la formation Ajax. Joueur depuis ses onze ans dans l’une des meilleures académies de football d’Europe, Dennis Bergkamp est formaté pour le beau jeu, celui de la mentalité Cruijff. Dennis, un nom que son père lui a donné en hommage à Denis Law, star de Manchester United et Ballon d’Or 1964. Après quatre saisons avec l’Ajax, Bergkamp est désormais un titulaire indiscutable au sein de son équipe. Le Hollandais n’a que 21 ans mais propose déjà un football de haut niveau. Il est l’un des plus redoutables finisseurs d’Europe. Bergkamp a déjà gagné le championnat des Pays-Bas mais s’apprête désormais à vivre les plus belles années de sa carrière en terme de buts marqués.

Avec 25, 24 et 26 buts pour ses trois dernières saisons dans sa ville natale, on peut dire que l’avant-centre n’a pas fait les choses à moitié. Désormais ciblé par tous les grands clubs d’Europe, Dennis Bergkamp rejoint l’Inter Milan après avoir prit conseil auprès de Cruijff. Après une première saison plutôt réussie notamment en Coupe d’Europe, le Hollandais connaît des difficultés pour s’adapter au calcio. Sa personnalité timide ne joue pas non plus en sa faveur et les médias italiens commencent à le prendre en grippe. C’est le moment pour Dennis de découvrir une autre culture et un autre football, à Arsenal.

L’influence Wenger

Recrue la plus chère du club à son arrivée en 1995, Dennis n’a que 26 ans et son talent est reconnu mondialement. Après des débuts compliqués sous ses nouvelles couleurs, Bergkamp comprend le jeu et doit s’adapter à un tout nouveau football. Des automatismes avec Ian Wright se forme et un renouveau semble se profiler chez les Gunners. Un projet qui va prendre tout son sens après la nomination d’Arsène Wenger en septembre 1996. Apôtre d’un jeu offensif sensible à Bergkamp, l’entraîneur français fait tout son possible pour mettre sa vedette dans les meilleures dispositions. L’attaquant est réceptif et accepte de changer certains aspects de son hygiène de vie pour progresser. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela marche !

Dennis Bergkamp devient immédiatement l’arme principale des Gunners, son association avec Ian Wright est succulente. Le Néerlandais recommence à scorer et délivre 20 passes décisives les deux premières années de sa collaboration avec Arsène Wenger. Ian Wright partira à la fin de cette saison 1997-1998 avec pour aboutissement d’un titre de champion d’Angleterre. Une saison sans véritable attaquant qu’il assumera avec 12 buts et 13 passes en championnat et un certain Thierry Henry arrive à l’été 1999. C’est à ce moment là que Dennis Bergkamp prendra une toute autre dimension.

A Bergkamp playmaker

Thierry Henry devenu le buteur parfait pour les Gunners, Dennis devient le dépositaire du jeu, d’un football léché, façon Wenger. Un jeu flamboyant, intense et spectaculaire, auquel Bergkamp prend part. Même si ce dernier voit son temps de jeu légèrement diminuer, il n’en reste pas moins essentiel pour faire fonctionner cette équipe d’Arsenal. Il marque de moins en moins mais prend beaucoup plus d’importance dans le jeu et devient le cerveau de l’équipe. Celui qui crée les décalages, voit les passes que les autres ignorent et son style semble être celui que l’on aimera toujours, un esthète.

Même si son temps de jeu et son influence diminueront au fil des ans, Bergkamp prendra par à deux nouveaux titres de champion dont celui des “Invicibles”. Un accomplissement pour cette légende d’Arsenal. Le mot est lâché. Alors pour comprendre qui était Dennis Bergkamp, voici les deux gestes (voir la vidéo plus haut également) qui alimentent cette légende.

Un souvenir magnifique

Maintenant que vous avez conscience de qui était ce Monsieur, voici un court portrait du joueur qu’était Dennis Bergkamp. Il a l’art du geste juste, un soucis du détail, de la beauté du geste parfait. Un joueur qui pensait avant les autres, dont les contrôles ont fait saliver toute la planète. Des passes décisives aussi magnifiques qu’imprévisibles, car oui, Iceman n’était pas un joueur comme les autres. On parle d’un joueur de classe, les joueurs dont on veut recopier le style inégalable. Un buteur qui avait sa signature, le lob : dans la surface, en dehors, à gauche, à droite, le ballon finissait toujours au dessus de la tête du gardien.

Thierry Henry a dit que Dennis Bergkamp était le meilleur coéquipier “humain” qu’il est eu au cours de sa carrière. On veut bien le croire tant le Hollandais semblait comprendre le jeu. Il pouvait marquer et faire marquer, le tout avec une élégance naturelle qui le rendait si éternel. Icône du football des années 90 et égérie d’un football offensif, merci pour tous les sourires que tu as mis sur nos visages Mister Dennis Bergkamp.

*Aérodromophobie : Peur de l’avion, en effet, Dennis Bergkamp ne voyageait pas avec ses coéquipiers qui prenaient l’avion en déplacement. Une peur qui lui a même fait louper quelques matchs trop éloignés.

Crédit photo / Futaa


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