Arouca, the year after.

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Ligue 1

Damant le pion, à la surprise générale, aux principaux prétendants aux strapontins européens de la saison 2015/2016, le club d’Arouca entrait, cette année, dans la fameuse étape de la « saison de confirmation ».

Ce 22 Octobre 2016, il est aux alentours de 23h10 lorsque Yacine Brahimi fait rugir l’Estadio do Dragao pour la troisième fois de la soirée suite à un rush dans la défense adverse ponctuée par un missile en pleine lucarne. Ce but, l’international algérien l’attendait, afin de conjurer le sort qui s’acharne sur lui, et son début de saison bien loin des attentes, aussi bien personnelles que celles exigées par les supporters du FC Porto.
A une vingtaine de mètres de cette effusion de joie collective, un homme se dresse, groggy, en se demandant bien ce que les Dieux du football lui reprochent pour lui faire vivre un tel calvaire. En effet, Lito Vidigal ne se trompe pas ; son Arouca, irrésistible la saison précédente, est lanterne rouge de Liga Nos. La Taça de Portugal ? Eliminés en 32e de finale par un club de troisième division. L’Europa Ligue ? Un petit tour et puis s’en va, balayés par un Olympiakos englué dans une crise institutionelle majeure. Un collectif en déroute. Un manque de réussite chronique. Qu’elle est loin, cette historique victoire au Dragao en mars 2016, qui lancera l’immense série de matchs sans défaites, qui mènera le club de la banlieue de Porto vers la 5è place de Liga Nos, dégotée au nez et à la barbe des historiques Guimaraes, Maritimo, et consorts.
Fin du scénario catastrophe. Depuis cette déroute du côté de Porto, Arouca s’est remis en question. A travaillé. A travaillé encore. Pour aujourd’hui être calé bien chaudement à la 10e place, à ne plus rien à espérer en haut ni à redouter en bas. Pourtant, le club a fait parlé de lui cette semaine, après le départ de l’entraîneur Lito Vidigal, grand artisan de l’exceptionnelle saison précédente, parti remplir son compte en banque du côté du Maccabi Tel-Aviv. Une énième bizarrerie, qui témoigne d’une gestion du succès peu banale.

Un effectif contextuellement affaibli.

Comparons d’ailleurs les effectifs entre ces deux déplacements au Dragao. Si clairement, les patrons de l’équipe sont toujours là (le capitaine Nuno Coelho, Bracalli le gardien, et le talentueux Hugo Bastos en défense centrale), et que le club n’a déploré que la perte de Lucas Lima, parti mettre le feu sur le flanc gauche du FC Nantes de son compatriote Sergio Conceiçao, un constat s’impose ; le club n’a pas su apporter de l’air frais a un effectif qui n’a pas, en talent intrinsèque, un niveau de 5e de Liga Nos, et qui a profité en premier lieu des faillites des préposés aux places européennes. En effet, seul la fusée Anderson Luis, transfuge d’Estoril, a su s’imposer véritablement dans cet Arouca 2016-2017 ; c’est bien maigre pour un club qui se devait de confirmer ses belles dispositions de la fin de saison précédentes, tout en essayant de faire mieux et de représenter le Portugal du mieux possible sur la scène européenne. Malheureusement, en pariant sur une stricte stabilité, le club a pris le risque d’un essoufflement, qui n’a pas tardé à se voir, avec en catalyseur l’élimination en barrages face à un Olympiakos en crise (qui venait de se voir botté les fesses par Beer Sheva au troisième tour de barrage de LDC).

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Comparatif des compositions entre le match du 07/04/16 (Porto-Arouca 1-2) et le match du 22/10/16 (Porto-Arouca 3-0). On remarque une quasi similitude entre les deux compos de Vidigal.(source : flash résultats)

Une rigidité tactique à tendance paralysante.

L’autre problématique qu’a dû rencontrer Arouca et plus précisément le staff technique s’est cristallisée autour de l’identité de jeu de l’équipe, de ses prises d’initiatives dans le match. En effet, si Arouca en a surpris plus d’un lors de la saison 2015-2016, cela s’explique tout d’abord par une rigueur tactique monstrueuse, illustrée par le trio Nuno Coelho, Nuno Valente et Adilson dont la mission principale était d’assurer les compensations lors des montées des latéraux Lima et Gêgé. L’autre facteur de réussite très important a été cette capacité d’animation des couloirs, et notamment celle du couloir droit où la doublette Gêgé-Ivo Rodrigues ( prêté par Porto) a parfaitement fonctionné dans le jeu de contre-attaque dans lequel Arouca s’est identifié la saison dernière.
Cependant, les départs d’Ivo Rodrigues (retour de prêt) et surtout de Lucas Lima, mal remplacés, ont de fait amenés des modifications dans les processus offensifs de l’équipe ; de plus, Arouca, forte de sa 5e place, avait désormais un statut à défendre, ce que l’équipe n’a jamais su gérer en début de saison, laissant entrevoir une faille majeure, à savoir l’incapacité de vraiment prendre un match à son compte. En effet, le profil de l’attaquant Walter Gonzalez, indiscutable en pointe, n’est que très peu compatible avec un jeu de position car trop mobile et bien trop peu technique pour apporter des solutions de passe ou des dézonages intéressants entre les lignes, permettant ainsi d’attaquer l’adversaire dans le cœur du jeu. Dès lors, la concentration du jeu s’effectuait quasi systématiquement sur les côtés, où il était bien plus facile pour les équipes adverses de bloquer la progression.

C’était sans compter l’intelligence de Lito Vidigal, qui a alors changé son fusil d’épaule vers une équipe bien plus à l’aise avec le ballon, notamment avec les entrées dans le onze de joueurs comme Kuca, Tomané mais surtout Jorginho Intima, depuis transféré à Saint-Etienne, mais qui avait littéralement transfiguré l’équipe vers une maîtrise plus prononcée du jeu (augmentation de la possession moyenne de 4 points), et donc vers une récupération bien plus haute et plus rapide (élévation de la hauteur moyenne de récupération du ballon de 17m!) qui a permis très vite l’obtention de résultats, notamment face aux équipes moins bien classées qu’Arouca (83% de victoires), permettant ainsi une ascension fulgurante au classement.

Et maintenant ?

Les départs de Jorginho et du coach Lito Vidigal va irrémédiablement modifier l’approche de l’équipe ; dans son malheur, l’institution dirigeante peut se rassurer en se disant que le rythme étant très faible en bas du classement, il faudrait une catastrophe industrielle pour ne pas voir Arouca repartir en Liga Nos la saison prochaine. Cependant, c’est désormais à l’équipe dirigeants d’endosser ses responsabilités, en nommant un successeur de qualité à Vidigal et en utilisant avec finesse la luxe de déjà préparer la saison prochaine. Ce qui commence ce samedi avec le déplacement sur la pelouse de la surprise Chaves que l’on surnomme…le nouvel Arouca.

CHAVES-AROUCA
ESTADIO MUNICIPAL DE CHAVES, 18/02 , 17h

EQUIPES PROBABLES :

CHAVES : Filipe-Queiros, Nuno Coelho, Ponck, Nelson (C)-Bressan, Pedro Tiba-Martins, Braga, Perdigao-Lopes
AROUCA: Sinan Bolat- Anderson Luis, Jubal, Hugo Bastos, Nelsinho- Adilson, Nuno Coelho (C), Nuno Valente- Kuca, Tomane, Matheus Da Costa

L’homme à suivre : Sinan Bolat (AROUCA)

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