Balance ton coach #7: Qui est le pire entraîneur de Ligue 1?

Vous connaissez sûrement le principe de la sackrace britannique : littéralement le classement au licenciement, soit, dit plus simplement, la probabilité qu’a chaque coach de se faire virer. À WeSportFR, on a décidé d’importer le concept dans notre bonne vieille Ligue 1. Chaque semaine, vous retrouverez donc un résumé des performances du week-end des entraîneurs, et donc leur évolution dans la race.
C’est notre septième épisode aujourd’hui, sept, c’est aussi le nombre de but d’Hatem Ben Arfa dans notre championnat cette année. Vous le saurez comme ça.

Pour le fonctionnement de notre classement, c’est ici.

Bon, et bien puisque plus aucun président ne semble disposé à virer son entraîneur pour alimenter notre rubrique, on va parler d’un coach déjà limogé il y a quelques mois.
Dimanche, l’UNFP va décerner les traditionnels trophées individuels de fin de saison. Parmi eux, celui du meilleur entraîneur avec cinq nommés : Tuchel, Galtier, Genesio, Laurey et Guion.
À WeSport on s’est demandé qui serait le pire coach de Ligue 1, ou du moins celui qui a raté sa saison dans les plus grandes largeurs. On vous a consulté et le vainqueur est… quelqu’un qu’on n’avait pas prévu, voire oublié de nommer (on vous donnait le choix entre Kombouaré, Mercadal et Gourvennec) :

Le trophée WSFR du pire entraineur de l’année est décerné à… Thierry Henry !

Alors le passage à Monaco de l’ancien champion du monde est-il si raté que ça? On fait le point tout de suite.

Trois mois en enfer

VALERY HACHE / AFP

Vous avez fait honneur à notre rubrique en décernant ce prestigieux prix à un technicien limogé en cours de saison.
C’est vrai, au vue des moyens humains et financiers mis en place en début de championnat par l’AS Monaco, la saison 2018-2019 restera comme une énigme. Et il ne faudrait pas qu’elle soit fatale au projet de Rybolovlev, le club de la principauté n’étant pas encore sauvé. L’ASM, après le retour aux manettes de Jardim, est 17e, et pourrait même sombrer dans la zone rouge ce week-end en cas de contre-performance. Il y a un léger mieux puisque lors du départ d’Henry, le 24 janvier dernier, Monaco était avant-dernier.
Il faut être honnête l’aventure monégasque de l’ex-adjoint de Roberto Martinez en équipe de Belgique est complètement ratée avec des campagnes en coupes nationales peu convaincantes et une dernière place de son groupe en C1 avec un nul et trois défaites. Le jeune technicien n’aura jamais réussi à inverser la tendance, malgré un effectif extrêmement riche. Trop peut-être: la période des transferts estivale a comme d’habitude été agitée sur le Rocher avec pas moins de 31 arrivées et autres retour de prêt pour 25 départs.
Pourtant, malgré, donc, un effectif extrêmement renouvelé mais aussi extrêmement jeune, Henry pouvait compter sur un certain nombre de cadres de très grand talent comme Falcao ou Rony Lopes (souvent blessé) et quelques recrues dont on attendait beaucoup, comme le Russe Golovin. La mayonnaise n’a pas prise et Henry n’aura finalement connu que deux fois le succès durant son court passage sur le Rocher.

Un bilan finalement pas si mauvais

Credit Photo – Icon Sport

Mais il faut dire que la mission s’annonçait galère d’entrée pour l’ancien attaquant, qui, pour son premier poste de coach principal, arrive en cours de saison auprès d’un club déjà malade. Quand Titi pose ses bagages sur le Rocher le 13 octobre 2018, en remplacement de Leonardo Jardim, le club est 18e avec 6 points et déjà cinq défaites en neuf matches de Ligue 1.
Sur les trois mois passé à la tête de Monaco, son équipe ne gagne que deux fois (pour trois nuls et cinq défaites), néanmoins d’un point de vue purement comptable, l’ancienne légende d’Arsenal a « redressé » la situation : avec une moyenne de 0.9 points par match, le Monaco de Henry prend tout autant de point que depuis le début de la saison (0.91).
Son remplaçant, qui est donc aussi son prédécesseur, Leonardo Jardim ne fait guère mieux puisque avant son éviction (soit 8 matches) le portugais était sur une moyenne de 0.6, et depuis son retour, il tourne à 1 point par match.
Thierry Henry n’a donc pas réussi là où Jardim a lui complètement échoué: jouer une place européenne. À se demander si la responsabilité de ce désastre n’est pas plutôt à aller cher du côté des dirigeants et de la politique sportive mise en place par le club. Avec la vente de joueurs comme Lemar ou Fabinho qui n’ont pas été remplacés, ce sont deux éléments incontournables de la génération dorée monégasque et deux parfaits exemples de la stratégie de trading de l’ASM qui quittent le club. Pour pallier ces départs importants, Vadim Vasilyev a choisi de faire confiance à des jeunes prometteurs, comme il l’avait fait à l’époque avec Lemar et Fabinho. Seulement voilà, les cadres censés assurer le coup n’ont pas répondus présent, et les jeunes censés progresser n’ont pas éclot. Henry s’est donc retrouvé au milieu d’un effectif qu’il n’avait pas choisi et en pleine crise, et visiblement la tâche était trop compliquée.

Thierry Henry est-il donc le pire coach de Ligue 1 cette année ? Pas sûr. Est-il le meilleur ? Loin de là.
On lui souhaite en tout cas de retrouver un club qui lui fasse confiance, dans des circonstances plus positives que celles auxquelles il a dû faire face à Monaco, et on pourra alors juger de ses réelles compétences.

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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