Le retour de la Ligue 1 marque aussi celui de notre chronique sur les entraîneurs de notre championnat. En attendant que les premières difficultés apparaissent, et avec elles les velléités de changement de coach de la part de certains présidents, on fait un petit point.

La saison de Ligue 1 a repris, et ce sont pas moins de huit coachs (en comptant Vincent Hognon et Ghislain Printant, adjoints devenu entraîneurs principaux) qui ont fait leurs débuts sur le banc d’une nouvelle équipe. Combien en restera-t-il en fin de saison ? Qui sera le premier technicien limogé ? La plupart de ces nouveaux venus arrivent avec une cote au beau fixe forcément, pourtant quelques-uns ont connus leurs premiers remous ces derniers jours.

Zoom sur nos petits nouveaux 

Sylvinho, coach de l'OL / Crédit photo: Ouest France

Deux sont arrivés auréolés d’une grande attente : Sylvinho (OL) et André Villas-Boas (OM).
Le premier a connu deux semaines idylliques après une préparation loin d’être réussie, si ce n’est ratée (quatre défaites en cinq rencontres). Deux succès face à Monaco (3-0) puis Angers (6-0) qui ont installé Lyon au sommet du classement et généré un enthousiasme autour du club, de la part des fans et des journalistes. Un soufflé qui est légèrement retombé après la défaite mardi soir face à Montpellier (0-1) au terme d’un match raté des Lyonnais, durant lequel on n’a pas compris toutes les décisions tactiques du staff de l’OL, dont le travail n’a certes pas été facilité par l’expulsion de Koné à l’heure de jeu.
Côté Marseillais, le début de saison est beaucoup plus laborieux, mais à l’inverse du rival rhônalpin, l’OM s’est relancé pour son 3e match hier face à Nice (2-1). Une rencontre qui a permis aux hommes d’André Villas-Boas de marquer leurs deux premiers buts de la saison et d’enregistrer leur première victoire après le revers initial face à Reims (0-1) et le match nul (0-0) à Nantes il y a dix jours. Mais le technicien portugais a encore du travail. Nul doute que le retour de blessure de Florian Thauvin lui facilitera un peu la tâche. Surtout, AVB « bénéficie » du climat orageux qui entoure ses dirigeants, victimes de la grogne des supporters, pour pouvoir travailler dans la sérénité malgré des résultats pas encore à la hauteur.
Un autre club où il n’est jamais facile d’être entraîneur : le FC Nantes. Christian Gourcuff récupère une équipe en pleine reconstruction, ébranlée par toutes les affaires extra-sportives de la saison dernière et les départs de certains de ses cadres (Ciprian Tatarustasanu, Diego Carlos, Lucas Lima…) Si la mayonnaise semble prendre doucement, et que les qualités de coach de l’homme aux 424 matches en Ligue 1 ne sont plus à démontrer, le contexte Nantais et l’incapacité du président Kita à conserver un entraîneur sur la durée font forcément baisser la cote de l’ancien de Rennes et de Lorient notamment, au sein de notre classement.
Stéphane Jobard (Dijon), Luka Elsner (Amiens), et Olivier Dall’Oglio (Dijon) devront eux attendre pour faire la une de notre « Sackrace ». On sait que la situation peut vite se dégrader chez les clubs qui jouent le maintien, néanmoins il est bien évidemment trop tôt pour parler de danger. Le coach dijonnais part néanmoins avec une petite avance, après trois premiers matches qui se sont soldés par trois défaites. Mais l’enfant du club s’appuie sur un président (Olivier Delcourt) qui l’apprécie, et qui connaît la situation sportive compromise de son club. Pas sûr donc que Jobard soit immédiatement dans l’œil du cyclone.

Qui sera le premier balancé ? Nos trois favoris

1 ) Leonardo Jardim (AS Monaco)

Leonardo Jardim, coach de Monaco
Crédit photo : Ouest France

Arrivé en pompier de service l’hiver dernier, Jardim a réussi à sauver l’AS Monaco de la noyade. Mais cette saison est repartie sur les mêmes bases que la précédente. En effet, après trois matches, l’ASM est avant-dernier. Avec un effectif évalué à plus de 330 M€ et 123M€ dépensés cet été sur le marché des transferts, ça pique. Certes, il n'est jamais facile, ni pertinent, de tirer des enseignements alors que nous ne sommes même pas encore en septembre, cependant les performances monégasques semblent dans la lignée de la saison dernière. Un seul espoir pour le coach portugais : que ses nouvelles recrues (Ben Yedder, Slimani, Onyekuru…) s’intègrent vite et apportent enfin de la sérénité à Monaco en lui permettant d’enchaîner quelques bons résultats. Si la situation n’a pas évolué fin-octobre, pas sûr que Jardim passe Noël.
La vraie question c’est donc : dans combien de temps Jardim va-t-il devoir laisser les rênes de l’équipe à Thierry Henry ?

2 ) Alain Casanova (Toulouse FC) 

Alain Casanova, coach de Toulouse
Crédit photo : Ouest France

Le « Tèf' » fait un début de saison moyen (une victoire, un nul et une défaite) et pourtant l’entraîneur Toulousain est un de nos favoris pour devenir le premier licencié de notre joyeuse rubrique. Pour quelles raisons ?
Déjà, à cause de sa cote auprès des supporters, de plus en plus basse. Certains fans n’ont qu’une peur : qu’il finisse par envoyer le club en L2, alors que celui-ci flirte avec la descente depuis plusieurs années.
En effet les résultats du club sont globalement en baisse ces dernières années : il faut remonter à la saison 2013-2014 pour voir le TFC finir le championnat dans le Top 10. Depuis, Toulouse a bien failli descendre à plusieurs reprises (17e en 2015, 17e en 2016, 13e en 2017, 18e et barragiste en 2018, et 16e à 4 points de Dijon barragiste l’an passé).
Mais Casanova peut s’appuyer sur sa position solide en interne : son président, Olivier Sadran, ne semble pas disposé à se séparer de son coach. Malgré les récentes difficultés, il l’a toujours conforté dans ses fonctions, même quand le TFC était relégable. Et on ne voit pas vraiment comment ça pourrait changer si les Violets continuent de seulement frôler la relégation.

3) Stéphane Jobard 

Stéphane Jobard, coach de Dijon
Crédit photo : Vincent Poyer / DFCO

On en a parlé plus haut, mais malgré des mauvais résultats (le DFCO est dernier avec trois défaites), Jobard n’est pour le moment pas en danger. Mais attention quand même, l’an dernier Olivier Dall’Oglio semblait dans la même position, avec un bilan sportif compliqué mais un véritable appui auprès de son président. Mais pour tenter de sauver le club, Delcourt avait fini par réclamer la démission de son coach, remplacé le 1er janvier par Antoine Kombouaré. Jobard passera-t-il Noël ?

Le classement:

Pour le rappel du fonctionnement de notre tableau, c'est 2

Classement Entraîneur Côte Club Date d'embauche
1 Léonardo Jardim 80 Monaco 25 janvier 2019
2 Alain Casanova 90 Toulouse 20 juin 2018
3 Stéphane Jobard 100 Dijon 20 juin 2019
4 Ghislain Printant 110 Saint-Etienne 6 juin 2019
5 André Villas-Boas 120 Marseille 28 mai 2019
6 Bernard Blaquart 130 Nimes 23 novembre 2015
Vincent Hognon 130 Metz 8 juin 2018
8 Stéphane Moulin 140 Angers 22 juin 2011
9 Thomas Tuchel 160 Paris 14 mai 2018
10 Christian Gourcuff 170 Nantes 8 août 2019
11 Christophe Galthier 200 Lille 22 décembre 2017
David Guion 200 Reims 22 mai 2017
Julien Stephan 200 Rennes 3 décembre 2018
Luka Elsner 200 Amiens 19 juin 2019
Michel Der Zakarian 200 Montpellier 23 mai 2017
Olivier Dall'Oglio 200 Brest 31 mai 2019
Patrick Vieira 200 Nice 11 juin 2018
Paulo Sousa 200 Bordeaux 8 mars 2019
Sylvinho 200 Lyon 28 mai 2019
Thierry Laurey 200 Strasbourg 31 mai 2016


On risque de devoir attendre pour voir le premier licenciement, et autant vous dire qu'il nous tarde les amis! À moins d'une énorme annonce, on ne va pas attendre qu'un président de Ligue 1 se décide à un peu de changement pour refaire un autre épisode. On vous dit donc à bientôt.