En équipe

Balance ton coach : Jardim gelé par l’hiver

Nous sommes fiers, au sein de la rédaction de Balance ton coach, soit moi tout seul, de constater le licenciement d’un quatrième coach de Ligue 1. Leonardo Jardim a en effet été débarqué ce 28 décembre 2019 de l’AS Monaco. Il rejoint Ghislain Printant (ASSE), Sylvinho (OL) et Alain Casanova (TFC), respectivement remplacé par Claude Puel, Rudi Garcia, et Antoine Kombouaré. Le Portugais lui, laisse sa place à Robert Moreno, éphémère sélectionneur espagnol en remplacement de Luis Enrique de juin à novembre 2019.

Comme toujours, pour les explications du concept c’est par ici

 Moreno en pompier

Qui remplace, se fera un jour remplacer. C’est un peu ce qu’il y a à retenir de la seconde aventure de Leonardo Jardim au sein de l’AS Monaco (découvrez d’ailleurs notre bilan de la première moitié de saison monégasque) . Le Portugais, champion de France deux saisons auparavant, avait en effet déjà été renvoyé une première fois l’an dernier, le 11 octobre 2018 à cause de résultats insuffisants, pour laisser sa place à un novice : Thierry Henry. Mais il était revenu trois mois plus tard, le 25 janvier 2019, toujours pour une histoire de résultats…
La nomination au poste de vice-président d’Oleg Petrov à la place de Vadim Vasilyev, en février 2019, soit après l’arrivée de Jardim, n’a certainement pas aidé ce dernier. L’ancien du Sporting Lisbonne a rapidement vu son siège tanguer avant de finalement vaciller, donc, il y a quelques jours. Petrov s’est immédiatement montré réservé quant aux qualités de coach de Jardim et c’est lui qui aurait fait pression pour que le technicien soit renvoyé auprès de son président, Dimitri Rybolovlev. L’ancien homme d’affaire russe aura ainsi obtenu gain de cause, et cela lui permet d’installer à la tête de l’ASM un coach de son choix : Robert Moreno, encore un novice.

L’Espagnol, outre ses trois mois en tant que sélectionneur de la Roja, n’a en effet jamais été sur un banc comme entraîneur principal. Il a fait partie de nombreux staffs en club, en tant qu’adjoint de Luis Enrique à l’AS Rome (2011-2012), puis au Celta Vigo (2013-2014), et au FC Barcelone (2014-2017), puis de Juan Carlos Unzué (2017-2018) encore à Vigo, avant de revenir auprès d’Enrique avec la sélection espagnole, d’abord en tant qu’adjoint puis en tant que coach principal quand l’Asturien a dû faire une pause pour rester au chevet de sa fille mourante.
Cependant ce relatif manque d’expérience n’empêche pas Moreno d’avoir des principes de jeu très clairs, à la barcelonaise, avec une possession de balle extrêmement forte et des transitions offensives soignées. Il a même signé un livre en 2013, « Ma Recette du 4-4-2 », alors qu’il était encore adjoint d’Enrique, établissant sa vision du football.
Sur le papier, on a donc un coach ambitieux, centré sur le beau jeu, avec un CV certes maigre mais plutôt convaincant, qui arrive à la tête d’une équipe dont le potentiel semble clairement sous-exploité, avec des joueurs de talent et plutôt adaptés à la philosophie prônée par Moreno (Ben Yedder, Golovin, Gelson Martins…) : les supporters monégasques ont de quoi être ravis.

La mission du nouvel arrivant est claire : ramener Monaco sur le podium (le club a 5 points de retard sur Rennes, 3e). Mais Jardim a peut-être intérêt à rester dans les environs du Rocher : un coach novice mais au CV reluisant, qui arrive avec beaucoup d’attentes placées en lui et qui finalement se plante, c’est déjà arrivé il y a un an avec l’épisode Henry… Si le foot est un éternel recommencement, on pourrait donc revoir Jardim d’ici la fin de saison, sait-on jamais.

Puel, Garcia, Kombouaré, trois remplaçants, trois bilans 

On l’a dit, avant Monaco, trois clubs français avaient déjà décidé de se séparer de leur entraîneur : Saint-Etienne, Lyon et Toulouse, tous à peu près à la même période. Les trois nouveaux entraîneurs ont connu des fortunes très diverses, même si le bilan est plutôt négatif dans l’ensemble.

Claude Puel (ASSE) : le renouveau

Prédécesseur : Ghislain Printant / date d’arrivée : 4 octobre 2019 / classement du club à son arrivée : 19e

L’ancien coach de l’OL arrive pour entraîner les Verts alors en grande difficulté autant du point de vue des résultats que du jeu. Et c’est justement face à son ancien employeur, l’OL, que Puel lance sa saison en offrant le derby (1-0) à ses supporters. Depuis, les choses suivent leur cours, et si la situation s’est améliorée au moins sur le plan comptable (“Sainté” est 14e) et l’image renvoyée, tout n’est pas réglé et l’ASSE semble encore en rodage, presque trois mois après l’arrivée de son coach. L’ASSE n’a ainsi gagné qu’un seul de ses six derniers matches en Ligue 1 et a réalisé une campagne de C3 catastrophique (3e avec 4 points et aucune victoire dans un groupe plutôt à sa portée).
Claude Puel a donc apporté quelque chose, c’est indéniable, mais il n’a toutefois pas réussi à redresser complètement la barre. Comme dit précédemment, son groupe semble en (re)construction, et il va sûrement falloir attendre un peu.

Rudi Garcia (OL) : le mal-aimé    

Prédécesseur : Sylvinho / date d’arrivée : 14 octobre 2019 / classement du club à son arrivée : 14e

Cela faisait longtemps que la nomination d’un coach n’avait pas fait grincer autant de dents. On pourrait même se demander si Jean-Michel Aulas aurait pu faire un choix encore moins populaire, en nommant Rudi Garcia à la tête de son équipe. Garcia, l’ancien de l’OM, qui ne s’est pas privé pour critiquer vertement le club lyonnais pendant ses trois saisons sur la Canebière dès que l’occasion se présentait, Garcia l’entraîneur moqué par les fans de l’OL et de plus en plus détesté par ceux de Marseille à la fin de son mandat, ce Garcia-là, le voilà à présent entraîneur d’un OL alors en début de perdition. La réaction des supporters lyonnais ne s’est alors pas faite attendre : une banderole dans le Virage Nord « Garcia, notre patience sera égale au respect que tu as montré au club: nulle » avait fait son apparition lors du premier match de l’entraîneur à la tête de l’Olympique Lyonnais, face à Dijon (0-0).

Et les résultats suivants n’ont pas aidé l’ancien champion de France avec Lille en 2011 à se rapprocher du public.
Si l’OL commençait à sombrer à la fin de l’ère Sylvinho, l’équipe a carrément coulé depuis (pour un bilan complet sur la première partie de saison lyonnaise vous pouvez lire: Olympique Lyonnais : et maintenant ? ), devant un Garcia quelque fois impuissant, quelque fois coupable, mais jamais décisif. Si on ne peut lui imputer toute la responsabilité (il n’a par exemple pas choisi ses joueurs), le natif de Nemours était arrivé avec pour seule mission de remettre le galion lyonnais à flot, et c’est pour le moment raté. Ajouté à cela des supporters (comme promis) intransigeants et absolument pas prêts à laisser au nouveau-venu une quelconque période d’adaptation, et assez loin de la cohésion générale demandée par le club, et vous obtenez un environnement tout sauf propice à la performance du côté rhodanien.
Après avoir échoué au premier test des résultats à court terme, Garcia sera à nouveau jugé sur son mercato d’hiver (Juninho, le directeur sportif a annoncé vouloir un renfort de poids par ligne), puis sur sa capacité à finir au mieux la saison avec Lyon et, disons-le, à limiter la casse.
Restere ensuite à déterminer son avenir puisque il est en contrat jusqu’en juin 2021, mais le club peut-il vraiment continuer dans une ambiance pareille une saison et demie encore ?

Antoine Kombouaré : la lanterne rouge

Prédécesseur : Alain Casanova / date d’arrivée : 14 octobre 2019 / classement du club à son arrivée : 18e

Des trois coachs arrivés en cours de saison, il est le seul pour qui la situation (comptable du moins) a empiré depuis sa prise de poste. Barragiste en octobre, le TFC est passé dernier de la classe deux mois plus tard.
Le discours caricatural de l’ancien du PSG, de Guingamp et de Dijon notamment, basé sur le combat et la rigueur, ne convainc plus vraiment les observateurs, et difficile de savoir s’il convainc ses joueurs.

Les Violets semblent dans une impasse et la question est de savoir si Kombouaré possède les ressources pour les en sortir.  Avec l’entraîneur kanak, Toulouse a pris trois points (sur trente possibles), le pire bilan sur ce laps de temps parmi les vingt clubs de Ligue 1.  Après avoir failli envoyer deux clubs en Ligue 2 en une saison l’an dernier (d’abord à Guingamp dont il est viré, Kombouaré rebondit à Dijon qui se sauve en barrage), le coach pourrait cette fois à nouveau connaitre la relégation, après être descendu avec Lens en 2014-2015.

Le traditionnel tableau Balance ton coach :

Avec le licenciement de Jardim, nous avons un nouveau leader: Bernard Blaquart de Nîmes, qui voit son poste fortement menacé par les résultats. Si son président a pour le moment refusé de s’exprimer clairement, Blaquart a déjà évoqué plusieurs fois un départ, expliquant que s’il fallait démissionner, il le ferait.

Le podium est complété par Kombouaré, Jobard et Hognon, trois entraîneurs dont les clubs sont en difficulté. Luka Elsner, pourtant barragiste avec Amiens, semble plus que tout avoir la côté auprès des supporters, et de son directoire, et son départ n’a jamais été évoqué encore, d’ou son classement extrêmement bas.

Classement Entraîneur Côte Club Date d’embauche
1 Bernard Blaquart 60 Nimes 23 novembre 2015
2 Antoine Kombouaré 90 Toulouse 14 octobre 2019
3 Stéphane Jobard 100 Dijon 20 juin 2019
Vincent Hognon 100 Metz 8 juin 2018
5 Rudi Garcia 120 Lyon 14 octobre 2019
Patrick Vieira 120 Nice 11 juin 2018
7 Claude Puel 150 Saint-Etienne 4 octobre 2019
Thomas Tuchel 150 Paris 14 mai 2018
Paulo Sousa 150 Bordeaux 8 mars 2019
10 André Villas-Boas 170 Marseille 28 mai 2019
Stéphane Moulin 170 Angers 22 juin 2011
Christian Gourcuff 170 Nantes 8 août 2019
13 Olivier Dall’Oglio 180 Brest 31 mai 2019
14 Robert Moreno 200 Monaco 28 décembre 2019
Christophe Galthier 200 Lille 22 décembre 2017
David Guion 200 Reims 22 mai 2017
Julien Stephan 200 Rennes 3 décembre 2018
Luka Elsner 200 Amiens 19 juin 2019
Michel Der Zakarian 200 Montpellier 23 mai 2017
Thierry Laurey 200 Strasbourg 31 mai 2016


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