Voilà trois saisons désormais que l'Inter Miami a vu le jour, en tant que club professionnel de MLS. David Beckham, le Spice Boy, a toujours rêvé d'être propriétaire de club. Son vœux fut exaucé, puisqu'en 2018, son équipe voit le jour, avant d'obtenir le statut professionnel deux années plus tard. Dans un championnat sans promotion ou relégation comme c'est le cas dans tous les sports majeurs américains, l'Inter Miami a donc l'avenir devant lui. Mais pour que cela fonctionne, et pour s'étendre à l'international (comme tout bon produit marketing, Beckham ne dira pas le contraire), il faut des résultats, et force est de constater qu'à l'heure actuelle, l'Inter ne décolle pas. 

Des résultats moribonds

Dans le football, quoi que l'on en dise, on juge avant tout un club à travers ses résultats. Et depuis son implantation en MLS, dire que Miami fait de la figuration est un doux euphémisme. La première saison MLS version  Beckham s'est soldé par un échec. 7 victoires et 24pts en 23 matchs de championnat d'une saison tronquée par le Covid, mais qui n'a évidemment pas permis aux coéquipiers de Matuidi, arrivé en cours de saison, d'accrocher une place en playoffs.

Une nouvelle équipe, un nouveau club même, le bénéfice du doute pouvait être accordé. Malheureusmement, la deuxième saison ne fut pas forcément meilleure. Si sur le plan comptable, le résultat fut tout de même en hausse (41pts en 34 matchs), le classement, lui, laisse perplexe : 11ème sur 14, et l'impression que l'écart avec les équipes accédant à la post-season est énorme. Six petits points séparaient alors l'Inter Miami de DC United, mais l'impression globale laissait quand même à désirer. Mais après tout, n'est-ce pas normal pour un club n'ayant que deux ans d'existance à ce niveau?

La saison en cours n’est guère plus un succès. 9eme a un petit point de Charlotte 8eme (que Miami a bien fait de battre hier dans un match extraordinaire par son scénario), l’Inter compte un match d’avance sur Atlanta ou Colombus par exemple, et 7 équipes se tiennent en 4pts pour les deux derniers accessits. Et encore une fois, l’impression globale n’inspire pas nécessairement la sérénité..

Des échecs à tout va 

Car oui, dans le jeu, les manquements sont énormes. Si Beckham a ramené avec lui son ami de toujours Phil Neville, la mayonnaise a du mal à prendre. Et contrairement au basket, ou au football américain par exemple, les stars du ballon rond réfléchissent à deux fois avant d'atterrir du coté de Fort Lauderdale. Depuis qu'il a vu le jour, le club a réussi à attirer deux gros poissons du football mondial : Blaise Matuidi et Gonzalo Higuain. Le dernier sortait d'une saison pourtant réussie à la Juventus mais n'a pas été conservé par le club Piémontais. Le deuxième est également arrivé de Turin, mais en bout de course, il enchaînait les échecs (Chelsea, Milan). Au final : pourtant encore en jambes, Matuidi a vu son contrat de joueur rompu alors qu'il aurait du continuer jusqu'à la fin de la saison 2022. Il s'est finalement vu offrir un poste au sein de l'encadrement de l'Inter. Signe sans doute que l'on voulait tourner la page Blaisou rapidement. Pour Higuain, l'équation est différente. Pipita a encore de beaux restes, et le prouve, parfois, par intermittence. Mais sa forme physique ne fait aucun doute: il est ici en pré-retraite. Il ne semble plus être le buteur animé par la rage de vaincre, comme il le fut à Naples par exemple. Il n'est plus capable d'enchaîner les matchs et se retrouve la plupart du temps remplaçant, au sein d'une équipe qui ne comporte pourtant pas de joueur lui arrivant à la cheville.. Campana, l'autre avant-centre de l'Inter, dans un rôle de pivot, est un très bon joueur, notamment dans le jeu aérien, mais on parle tout de même d'Higuain, international Argentin à 75 reprises, titulaire en finale de la Coupe du Monde 2014..

Dernier exemple de l'échec de l'exportation de Miami en Europe: Kieran Gibbs. Latéral solide de Premier League, il a souvent été titulaire du coté d'Arsenal avant de se blesser et de plonger. A l'instar d'Higuain, il n'est plus au niveau et n'est même pas titulaire dans un club de seconde zone en MLS.

Compliqué donc pour David Beckham de trouver une star qui pourrait faire basculer son club dans une autre dimension. Pourtant, les exemples de joueurs ayant attiré la lumière Outre-Atlantique sont légions. A commencer par lui, lorsqu'il a rejoint les Los Angeles Galaxy après son passage au Real. Toujours du coté de la cité des anges, Ibrahimovic a également marqué le championnat Américain de son empreinte. Dans un autre registre, Sebastian Giovinco, dans la force de l'âge, a porté Toronto au sommet de la MLS. Thierry Henry du coté de New-York(Red Bulls), David Villa ou Frank Lampard eux aussi à Big Apple (mais pour le New-York FC), Wayne Rooney (DC United), tous ces joueurs ont participé à favoriser l'expansion de la MLS à l'international, et de leur club par la même occasion. Ce à quoi Miami aspire.

Une identité difficile à trouver 

Si sur le terrain, les résultats ne sont pas au beau fixe, dans les tribunes, l'ambiance générale laisse à désirer aussi. La première année marquée par le Covid, les tribunes du Lockart Stadium sonnaient bien creux.. L'année dernière, avec 13 300 supporters en moyenne, la folie n'était pas non plus de mise. Mais que dire de cette saison, où les tribunes parsemées confirment une impression générale déjà observée: la population de Miami n'est pas une grande consommatrice de sports, encore moins de football. Comme au basket, mais encore plus au baseball, les travées sont généralement vides, ou tout du moins assez dépourvues. Le constat est cinglant. Sur les 18 000 places, si un tiers est occupé, la soirée est réussie. Les américains n'ont pas une passion débordante pour le football. Pourtant, la population du coté de South Beach est plutôt à connotation Hispanique, les chants du Kop sont tous en Espagnol. Et l’on sait qu’en Europe, les fidèles Espagnols sont parfois très chauds, bouillants même et vivent pour leur équipe. Mais le public n'est malheureusement pas un public de connaisseurs.. Forcément, pour les joueurs, pour l'image, cela laisse à désirer.

Il y a encore énormément de travail pour David Beckham et toute son équipe. A l'heure actuelle, l'Inter Miami est loin du sommet de la MLS. Tant mieux d'ailleurs, cela signifie donc que l'argent ne résout pas tout. Le chemin est long, mais faites confiance au Spice Boy pour tenter de gravir les échelons, un à un, et porter sa franchise sur le toit des Etats-Unis.