Biathlon : Le Grand-Bornand 2013 l’éclosion de Johannes Boe.

Remettons le contexte, au début de cet hiver 2013-2014 Martin Fourcade est déjà double tenant du titre du gros globe de cristal et archi-favori à sa propre succession. La Coupe du Monde de biathlon se voit accueillie en France pour la première fois. Cette étape se déroulera près d’Annecy, au Grand-Bornand. Ce weekend de compétition est donc particulièrement attendu. Surtout qu’à ce moment-là, Martin, tenant des 5 globes (sprint, poursuite, mass-start, individuel et général) semble déjà intouchable… sauf pour les Norvégiens, bien sûr. Retour donc sur l’éclosion de Johannes Boe.  

Martin contre la Norvège

Si on devait grossièrement résumer la saison passée, on aurait dit que c’était Fourcade contre les autres. Et en premier lieu contre le norvégien Emile Sedvsen qui domina les mondiaux de Nove Mesto. A l’orée de cette saison 2013-2014 on attend également l’ancien numéro 1 mondial, Tarje Boe. Il ne faut pas non plus oublier en cette saison Olympique le maître de la discipline, l’éternel Ole Bjorndalen. En effet, celui-ci, bien que vieillissant, sera un des favoris des épreuves de Sotchi où il visera de nouveaux titres. Sur les 4 fantastiques norvégiens que nous avons suivi cet hiver, il en manque un et pas des moindres… C’est justement de lui qu’il sera sujet maintenant.

Johannes Boe, la pépite norvégienne

Si le palmarès du plus jeune des frères est aujourd’hui immense, à l’époque c’était différent. En 2013, lorsqu’il arrive sur le circuit, il a tout à prouver. En effet,  s’il est une nation où rester dans le groupe “A” est compliqué, c’est bien la Norvège. Par exemple, Vetle Christiansen vainqueur en coupe du monde cet hiver à du attendre plus de 4 saisons avant de pouvoir prendre une place dans ce groupe. Toutefois cela n’a rien d’étonnant quand on voit les stars qu’il comporte : les frères Boe, Svedsens ou encore le maître. Au début de cet hiver, le but de Johannes Boe est donc de s’installer durablement sur le circuit. S’il n’est encore qu’un jeune loup à cet instant, son talent crève déjà les yeux depuis un moment. Le jeune biathlète compte déjà 5 titres mondiaux chez les jeunes et promet beaucoup.

L’explosion au Grand-Bo : un sprint entièrement dominé

Comme souvent dans les années olympiques les impasses vont bon train au moment de Noël. C’est donc avec une équipe largement remaniée que la Norvège arrive en France. En effet, les leaders que sont Svendsen et Bjorndalen sont absents. Mais cela n’empêchera n’impactera en rien les résultats norvégiens. C’est le premier coup d’éclat de Johannes, le jeune norvégien remporte la course et signe un temps de ski déjà stratosphérique. Un tir à 10 et un temps de déplacement canon qui lui permet de terminer avec 30 secondes d’avance sur la concurrence. Comme de tradition, le dimanche, une poursuite conclura le weekend. Un départ bonifié de 30 secondes pour Johannes face à ses rivaux. Les principaux dangers pour lui se matérialisent en la personne de Martin Fourcade, à 37  secondes mais aussi une meute à 50 secondes, composée de Hoffer Lindstroem ou encore Anton Shipulin. A cette époque, Johannes était réputé pour être friable sur le tir, on se demande donc s’il tiendra 4 passages au pas de tir sous pression lors de la poursuite.

La confirmation sur la poursuite

Lors de la poursuite il vole de nouveau. Il semble intouchable, il l’est dans les faits, toujours aussi véloce sur les skis et signe un magnifique 19/20 au tir qui lui assure sans la moindre contestation possible la victoire et déjà un premier doublé sprint-poursuite. Sur cette course jamais il ne se sera inquiété, que ce soit sur la piste ou sur le pas de tir sur lesquels il maîtrisa son sujet de la tête et des épaules.

Comme on le sait aujourd’hui, ce jour-là était bien plus qu’un simple coup d’éclat sans lendemain de la part du norvégien. Bien au contraire, il s’agissait de l’arrivée d’un grand, d’un très grand. Aujourd’hui numéro 1 mondial, l’évolution de Johannes Boe marque l’histoire de la discipline. En effet, le natif de Stryn a su trouver un équilibre notable entre son caractère de “chien fou” sur les skis et son niveau friable au tir afin d’assouvir son talent de biathlète. Réussir à jumeler sa justesse au tir et sa cadence élevée fait de lui l’un des plus grands champions de ce sport. C’est de ce cocktail qu’est née une “rivalité” avec le français Martin Fourcade, qui alimentera probablement encore les saisons hivernales à venir… 

 

 

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