En équipe

À la mi-saison, Angers est-il prêt à franchir un nouveau cap?

À Angers, on pourrait croire que l’équipe fait la course à l’Europe. L’image d’un début de saison surprenant, malgré des phases compliquées. Le SCO se retrouve classé huitième à la trêve. C’est l’heure du bilan.

 

Un début de saison contrasté

 

Les Noirs et Blancs, le Yin et le Yang 

 

À Angers la saison battait son plein à domicile. Les Dalleux portaient avec admiration leur devise, la Dalle angevine, au stade Raymond Kopa. Des supporters gâtés, les quatre premières rencontres en Maine et Loire furent remportées par le SCO. Des matchs dans lesquels, le groupe de Stéphane Moulin a inscrit douze  buts et en a encaissé seulement deux. À la fin de cette phase aller positive, Angers se classe cinquième au tableau des rencontres à domicile. Cependant, la force offensive dont disposait l’équipe la plus fair-play de Ligue 1 a disparu.

Pourtant, le club angevin dominait ce classement devant le PSG en début d’exercice. Le SCO est retombé à la onzième place du classement des attaques. Une descente marquée par les nombreuses blessures offensives qu’à connu Angers. El Melali, Ninga, Bahoken, Kanga, Pereira Lage ont connu l’infirmerie. Alors, le manque de vivacité, de percussions et même de finition s’est fait ressentir. Puis, sur les 22 buts, ceux-ci ont été inscrits par dix angevins différents (la moitié des équipes de Ligue 1 ont réussi cette performance). Angers dispose, aussi, d’un des bancs les plus efficaces d’Europe, un classement dominé devant Barcelone au mois d’octobre. Seulement, au même cadre que les blessures, la dynamique a fléchi, pour un total de 7 buts à la trêve.

Le Yang se traduit par les rencontres à l’extérieur du début de saison d’Angers. La danger du SCO, c’était ce contraste entre les performances fabuleuses à Kopa et des humiliations chez l’adversaire. Face aux meilleurs du championnat, les joueurs ont douté dans les premiers mois. Six buts encaissés à Lyon, deux à Lille, puis quatre à Paris. Certes Angers a tôt, rencontré ces équipes et a tenté d’aligner des principes de jeu offensifs. Mais le résultat est catastrophique. Angers s’est longtemps classé sur le podium avec l’une des meilleures attaques et l’une des pires défenses, une équipe à deux visages.

 

Le cercle vicieux avant la délivrance 

 

Angers a aussi connu une phase à vide. Une semaine à trois matchs qui a laissé des traces. Le club angevin, classé troisième avant un enchaînement de rencontres compliquées, se retrouve en seconde partie de tableau la semaine d’après. L’écart de points raccourcis au classement cette saison explique la descente vertigineuse. Alors, après trois défaites consécutives face à Nice, Marseille et Rennes, Angers a encore douté. Pourtant, comme le soulignait l’entraîneur, son équipe a toujours montré son meilleur visage et la tendance du résultat se jouait à des détails près. Un retour d’un jeu axé sur une défense très solide a réellement fait son retour. Angers enchaîne ensuite avec un score nul et vierge face aux monégasques avant de finir cette partie de saison rebondissante en beauté.

L’aboutissement d’une décennie à la Beaujoire. Le SCO termine aux anges sa première partie de saison de saison. Pourtant la première période fut  exécrable, dû en partie au temps. Puis, grâce à l’entrée dynamique de Thioub face à des Nantais endormis, les hommes de Moulin ont inversé la tendance. 52 ans après cette dernière victoire à la Beaujoire, le derby ligérien s’équilibre. On peut imaginer que cette confrontation prendra une plus ample considération les années à venir. Angers est à Noël 8ème au classement, très haut placé par rapport à ses objectifs et pas si loin de l’Europe.

 

Moments forts

 

Angers 3-1 Bordeaux 

 

 

#JeffResteAdélaïde, la saison démarre fort, mais la superbe prestation de Reine-Adélaïde, percutant et même buteur, à une consonance d’un au revoir.

 

Lyon 6 – 0 Angers

 

 

Terrible désillusion au Groupama Stadium, un naufrage collectif. Les Gones flambent et font peur à leurs rivaux. Pour l’anecdote, le maillot extérieur “gris” est porté disparu depuis cette rencontre, malédiction et superstition tel l’ensemble blanc du Brésil.

 

Angers 4 – 1 Saint-Étienne 

 

 

Intenable à la maison, les hommes de Stéphane Moulin assomment les ligériens grâce au coup du chapeau de Casimir Ninga, tout juste entré en jeu.

 

Nantes 1 – 2 Angers

 

 

Comment bien conclure une décennie? En mettant fin à 52 ans de disettes à la Beaujoire, le SCO termine avec les honneurs. Les supporters venus en nombre dans le parcage et éparpillé un peu partout dans le stade peuvent fêter l’exploit.

 

Un groupe complet 

 

Le top des joueurs

 

Baptiste Santamaria

 

 

Baptiste Santamaria, le marathonien. S’il est l’homme fort d’Angers, les résultats sont souvent des reflets de ses prestations. La sentinelle angevine, se surprend même à trouver le chemin des filets. Toujours impeccable à la récupération,  parfois percutant avec le ballon, trouvant même de belles ouvertures s pour les ailiers. Le guerrier angevin a toujours une belle marge de progression ici, ou malheureusement pour les supporters, ailleurs.

 

Rayan Aït Nouri

 

 

Après avoir signé son premier contrat professionnel en 2016, Rayan attire depuis longtemps les grandes écuries. Titulaire indiscutable cette année,  le jeune latéral impressionne par ses prestations. Souvent adroit défensivement, c’est par son apport offensif, que Aït Nouri créé des différences et apporte le danger, lui qui est le meilleur passeur décisif angevin. Transfert record en vue pour les dirigeants.

 

Le flop des joueurs 

 

Mateo Pavlović

 

 

Où est passé Pavlovic ? Il a presque disparu en même temps que ce maillot extérieur. Le géant croate avait pourtant gagné sa place lors de l’exercice précédent. Cependant, cette saison il retrouve le banc. En effet, dès que “brate” était aligné depuis le début du championnat, il a enchaîné les bourdes. Sortant perdant dans les duels, pris de vitesse et même mauvais dans les transmissions, le déclic d’une prolongation pourrait nous faire retrouver ce joueur atypique.

 

Ludovic Butelle

 

 

Capable du meilleur, en enchaînant les clean sheets et d’une présence  dans les arrêts décisifs. Néanmoins, le dernier rempart angevin fait des frayeurs. Avec des négociations hasardeuses de certains ballons et parfois un manque de sérénité dans la relance. À 36 ans, les futures prestations du gardien du SCO seront décisives pour obtenir des résultats.

 

Le XI des joueurs les plus alignés par Moulin 

 

Butelle (4) : J’éprouve de l’affection pour cet homme, mais j’ai bien peur que ce ne soit pas les gants qui  glissent

Aït Nouri (7) : Arrêtons de dire que Rayan est rassasié, Rayan est juste trop fort

Thomas (7) : L’homme sur l’homme, Romain a retrouvé sa place et c’est mérité 

Traoré (5) : Un capitaine au fort caractère, toujours à la maîtrise de sa défense 

Manceau (6) : L’enfant du pays est le joueur le plus capé de la décennie, toujours au rendez-vous 

Santamaria (7) : Le régulateur du SCO n’est pas le meilleur coureur pour rien, chaque effort est utile

Capelle (5) : Cette année j’ai joué latéral, milieu axial, ailier et même buteur, je suis le couteau suisse, indispensable 

Mangani (7) : Une patte gauche qui se bonifie, bien plus performante que la saison dernière

Fulgini (6) : Ensemble satisfaisant que nous encourageons à approfondir pour resplendir 

Pereira Lage (5) : Après un début tonitruant, Mathias est moins décisif  dernièrement, sachant que la concurrence arrive au galop

Alioui (7) : Meilleur buteur du SCO, Rachid complète vaillamment Bahoken, un futur duo?

 

Un plan de jeu toujours efficace 

 

Stéphane Moulin le sait, l’effectif angevin n’a jamais été aussi complet. Avec un élan de talents dans le onze aligné, le club de Saïd Chabanne est de plus en plus ambitieux. Le jeu fonctionne toujours sur une base défensive solide et performante. La plupart des actions dangereuses sont dues à des contre-attaques construites sur des automatismes et de la vivacité. Seulement, avec le départ canon, les joueurs s’impliquaient moins à bien défendre et construisaient beaucoup plus. Une grande confiance portait les joueurs. Jusqu’à cette spirale de résultats décevants malgré des performances abouties, là où le coach est revenu aux fondamentaux. Le top 10 du championnat est sûrement envisageable mais si le coach ne parle plus de maintien, il ne s’enflamme pas en apportant une ambition trop élevée. La méthode Moulin prouve que la longévité de construction dans un club est fondamentale, les bons résultats viennent avec le temps.

 

La voix des passionnés 

 

Pascal, abonné au SCO, « on peut espérer sans trop se tromper, une place dans le top 8, car le groupe est très solide et le banc est de très bonne qualité. » L’espoir fait vivre, mais au vu de la qualité du groupe, il serait décevant de voir Angers lutter en bas de tableau.

Killian, lui, se surprend, « j’ai jamais autant prononcé la phrase “C’est Barcelone” devant Angers. » Évidemment, ce sont des automatismes, mais ces courtes phases de jeu montrent cette même qualité. Cependant, l’équipe doit encore travailler au niveau de la concentration, on se souvient du but de Marseille. Mais aussi de l’efficaté car le SCO est une équipe qui se créé beaucoup d’occasions sans être prolifique de réalisations. « Butelle va devoir se concentrer tout le long de la seconde partie de saison qui risque d’être plus périlleuse que la première ! » T’as entendu Ludo? Angers a besoin de toi… 

Anatole, supporter angevin, « d’un point de vue strictement comptable, avoir 28 points à la trêve est une excellente chose, c’est déjà onze d’avance sur l’actuel barragiste, Amiens, et c’est à un point du top 5. » La marque d’une première partie de saison largement aboutie, les angevins ont surtout une avance considérable sur la course au maintien, l’objectif de base.

 

Le SCO, nouvel outsider à l’Europe?

 

En 2015, Angers SCO retrouvait l’élite. Aujourd’hui, dans un coin ambitieux de l’esprit des supporters, la Coupe d’Europe apparaît. D’après Moulin, « on ne parle plus de maintien. Tant qu’on est classé comme on est, ça ne sert à rien. » Donc, si pour le moment, Angers compte 11 points d’avance sur l’actuel barragiste, tout va au mieux. Mais, pour rester au plus haut dans ce classement, la concurrence est rude. Surtout si Lyon monte en puissance, on peut penser que Saint-Étienne, Nantes, Bordeaux et Rennes sont prétendants à l’Europe. Le club angevin gardera difficilement sa place. Pour Saïd Chabanne, « ça serait une erreur d’avoir cet objectif. Si jamais cela arrivait, on tuerait le club car on n’est pas prêt. (…) Il ne faut pas brûler les étapes, on aura le temps. »

La plupart de ces grands de Ligue 1 comme Paris et Lyon viendront au stade Raymond Kopa, en seconde partie de saison. L’avantage de jouer à domicile que compte le SCO depuis le début du championnat, jouera dans les performances. En Anjou, le mercato hivernal ne sera pas un déterminant des résultats. Donc, si les hommes dont dispose Moulin subsistent les mêmes, l’avenir se veut positif.

 

Les joueurs de cette seconde partie de saison 

 

Angelo Fulgini 

 

 

L’un des meilleurs lors des matchs de préparation, Angelo a pourtant vu sa dynamique gâchée par une blessure. Il revient à la charge depuis quelques matchs et domine le milieu de terrain. S’il est indéniablement l’un des meilleurs techniquement, il pêche à la finition. Puis s’il trouve ce déclic, il sera l’un des angevins les plus décisifs, pour cela qu’il est attendu.

 

Farid El Melali

 

 

Auteur de trois buts depuis le début de cet exercice, Farid a aussi vu cet première partie de saison perturbée par une blessure. Alors le petit feu follet d’Anjou va marquer son côté grâce à sa percussion. De plus, il pourrait espérer occuper l’axe droit du terrain avec son compatriote Loucif dans le futur, un air algérien flotte sur la pelouse.

 

Brève Mercato 

 

Le prêt de Vincent Pajot avec option d’achat à Metz, devrait être l’un des rares mouvements angevins de l’hiver. En effet, le départ du milieu en manque de temps de jeu laissera une place dans l’effectif de Stéphane Moulin. L’occasion pour de jeunes joueurs prometteurs, d’effectuer leurs premiers pas dans le championnat français. Parmi eux, Mancini Gomez, Oul Khaled, ou encore Taibi verront leurs noms associés plus souvent au groupe convoqué. Même si, pour les Noirs et Blancs, la crainte se fait du côté des départs.  Les dirigeants reste réticents sur ces départs, surtout cet hiver. Le groupe dont dispose le coach devrait peu bouger, malgré les convoitises.

 

Conclusion 

 

Malgré un début de saison surprenant et des supporters ravis des résultats, chacun se fait raison et sait que le club n’est pas prêt à voir plus haut. Outre le chantier de la tribune Saint Léonard, le SCO devra s’attarder sur cette base défensive vieillissante. Enfin, ce projet européen à long terme pourrait paraître, pourquoi pas, dans les saisons à venir, si la longévité tient. 

 

Crédit photo : Damien LG pour celle de Depay et Photos Ouest Médias pour les autres et celle en Une.

2 commentaires

2 Comments

  1. Avatar

    Kevin Bourliere

    2 janvier 2020 @ 20:40

    Superbe article, seul un supporter peut écrire aussi bien sur le sco, trop peu mis en avant dans les média.

    Allez le sco !

  2. Avatar

    Regis MACOUIN

    2 janvier 2020 @ 21:46

    Très bien écrit et tout le monde à la tête sur les épaules
    Effectivement le SCO doit se contenté de jouer et prendre du plaisir mais ne pas viser l’europe
    Si toutefois ils y parvenaient se serait que les autres grosses écuries sont mauvaises
    ALLEZ SCO

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