Comparaison n’est pas raison…

Première journée des quarts de finale de la Ligue des Champions ce soir, avec deux matchs aux composantes et aux ambitions diamétralement opposées. Néanmoins, le degré d’excitation et d’attente concernant les deux matchs se valent. Attention les yeux…ça va piquer.

→ Acte I : Borussia Dortmund – AS Monaco, Signal Iduna Park

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La Terre entière, et même au-delà, attend ce match avec l’excitation frivole d’un enfant qui ouvre son bonbon acidulé qui lui promet un tonnerre de saveurs et d’émotions sur le bout de la langue. Un tel affrontement, qui oppose deux des plus belles équipes d’Europe dans le plus beau stade du Vieux Continent, ne se rate sous aucun prétexte, sous peine d’être condamné pour manquement à l’honneur.

En effet, on a beau chercher, il n’y aucune excuse à chercher qui pourrait justifier le fait de pas prendre son pied devant sa télévision. Tout d’abord, place aux joueurs. Deux effectifs composés de jeunes talents encadrés par des vieux roublards expérimentés, et qui vont durant 180 minutes (et plus si affinités) s’offrir dans le cadre de la plus belle vitrine européenne. Voyez-vous même : comment ne pas avoir les yeux qui brillent lorsque les Dembélé, Emre Mor, Weigl et autres Bartra ou Burkï entreront sur le pré face aux Lemar, Mendy, Fabinho et autres Mbappé. D’ailleurs, on m’annonce dans l’oreillette que toute une tribune du Westfallen Stadion sera réservée à l’accueil des scouts des grandes écuries européennes.

Autre duel, sur le banc cette fois, qui opposera deux des coachs les plus talentueux de leur génération. En effet, Léo Jardim et Thomas Tuchel ont su montré, depuis leurs arrivées respectives sur le banc des deux clubs, toute leur maestria tactique et surtout philosophique. Car au-delà d’une opposition marketing, c’est surtout une confrontation des idées qui se jouera ce soir, entre un Jardim fleuron d’une école portugaise à dominante intellectuelle, méthodologique et un Tuchel qui, même grandement influencé par le football sauce Guardiola, est issu d’une école allemande bien plus instinctive, aspirante à l’exploitation maximale des ressources physiques. Cela n’est pas sans rappeler l’affrontement mythique de 2013 entre le Real de Zé Mourinho et le Borussia de Jurgen Klopp, qui avait débouché sur la victoire des Schwarzgelben. Seconde réponse ce soir.

Au niveau des groupes, plusieurs absents sont à déplorer des deux côtés du terrain. Côté Borussia, Schurrle, Gotze et Durm sont officiellement out, et il plane une grande incertitude sur la présence du fuoriclasse Marco Reus. Kagawa et Weigl ont quant à eux été confirmés disponibles par Thomas Tuchel ce lundi.

Concernant l’ASM, ni Bakayoko (suspendu) ni Sidibé ne seront présents du côté de la Ruhr. Benjamin Mendy, quant à lui, est fortement incertain.

→ Les compositions probables :

BORUSSIA DORTMUND :

Burkï – Pisczek, Bartra, Sokratis, Schmelzer – Weigl, Guerreiro, Kagawa – Dembélé, Aubameyang, Pulisic.

AS MONACO :

Subasic – Touré, Glik, Jemerson, Jorge (Raggi) – Fabinho, Moutinho – Bernardo Silva, Falcao, Mbappé (Germain), Lemar

→ L’homme à suivre : THOMAS LEMAR (AS MONACO)

→ Acte II : Juventus Turin – FC Barcelona, Juventus Stadium

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Autre affrontement, autre style. Cette fois, le théâtral Juventus Stadium met en scène deux mastodontes du football européen, deux des plus grandes institutions de la vieille Europe. Sept coupes aux grandes oreilles seront présentes sur la pelouse ce soir, dans un match qui sent bon le football historique. Et le souffre, aussi.

Côté Turinois, la dynamique est (comme souvent) hyperpositive. Le Scudetto, malgré la résistance farouche de la Roma de Spalleti et du Napoli de Sarri, semble promis aux Bianconeri, qui se sont aussi qualifiés pour la finale de la coupe d’Italie, en disposant, une fois n’est pas coutume, des Partonopei. Oppressants dans le jeu sans être brillants ni spectaculaires, les hommes de Max Allegri ont montré à l’Europe du football, lors du tour précédent, qu’il faudra compter sur eux pour la victoire final. Après avoir vaporisé le FC Porto sans avoir tremblé ne serait-ce qu’un instant. Si des critiques perdurent sur le style peu explosif des joueurs du Nord, Max Allegri n’en a cure et continue d’optimiser son rouleau compresseur insatiable de victoires. Le Barça est prévenu.

Le Barça, justement. Qu’il semble loin, le temps du Guardiolisme exalté qui marchait sur le football mondial. Devenu rassis, presque triste à voir, le Mès que connaît une saison laborieuse, ponctuée de trop nombreuses fausses notes, souvent conséquences d’une pauvreté collective qui a éclatée aux yeux du monde lors de la déroute au Parc des Princes face au PSG d’Unai Emery, où le Basque avait annihilé tactiquement les Blaugranas de Luis Enrique en leur soumettant un pressing intense qui avait fait explosé l’organisation espagnole Busquets-Iniesta-Gomes, peu à l’aise face à un pressing très haut et face à une multiplication des décrochages interlignes des Di Maria et autres Draxler. Si le match retour avait sauvé les apparences, ce sera une toute autre histoire face à une Juventus bien plus aguerrie aux joutes européennes, et surtout bien plus intelligente tactiquement.

Concernant les groupes, quelques points sont à noter. Du côté barcelonais, Rafinha, Arda Turan et Aleix Vidal sont blessés, tandis que Sergio Busquets est suspendu.

A l’inverse, Max Allegri pourra lui compter que la totalité de son groupe, à l’exception du jeune Marko Pjaca, victime d’une rupture des ligaments croisées du genou et dont la saison est d’ores et déjà terminée.

→ Compositions probables :

JUVENTUS TURIN :

Buffon – Alves, Bonucci, Chiellini, Alex Sandro – Pjanic, Khedira – Cuadrado, Dybala, Mandzukic – Higuain.

FC BARCELONE :

Ter Stegen – Mascherano, Piqué, Umtiti – Rakitic, Gomes, Iniesta, Messi – Sergi Roberto, Suarez, Neymar

L’Homme à suivre : Paulo DYBALA (JUVENTUS)

Maxence DURAND.

A propos de l'auteur

Penseur éclairé sur la tectonique des plaques footballistiques. ADN Bielsista, esprit Sarriste et coeur jaune et bleu. Djoko for ever et n'oubliez pas que Klay Thompson est le vrai GOAT.

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