Domino’s Ligue 2 : L’ESTAC dans le bon wagon

La trêve internationale fait son grand retour, l’occasion pour nous de poursuivre notre bilan de la saison de Troyes. En proie à une irrégularité chronique comme nous l’écrivions le mois dernier, l’ESTAC a rectifié le tir, au point de figurer parmi les équipes de tête. Encourageant pour les troupes de Laurent Batlles, et pas si anecdotique que ça, alors que nous venons de dépasser le tiers du championnat.

La réapparition des vieux démons contre Le Mans…

En sixième position lors de la dernière trêve internationale, l’ESTAC restait sur deux défaites contre des adversaires en difficulté : Orléans (1-2) et le Paris FC (1-0). L’objectif était donc de se relancer au Stade de l’Aube lors de la réception du Mans, autre formation du bas de tableau, pour mettre fin à la spirale négative. Comme souvent à domicile cette année, Troyes a démarré la rencontre tambour battant en ouvrant le score très tôt (7ème minute), avant de s’arrêter de jouer. Et comme souvent dans leur jardin, les Troyens se sont faits rejoindre au tableau d’affichage avant la pause (37ème), avec en plus le but d’un ancien de la maison, Georges Gope-Fenepej. Mais les Aubois ont fini par prendre le dessus peu après l’heure de jeu grâce à Yoann Touzghar (64ème), permettant d’engranger un succès précieux malgré un match peu maîtrisé. Laurent Batlles avait pourtant insisté sur la notion de régularité après les dernières débâcles de son équipe, mais les vieux démons sont vite réapparus contre des Manceaux valeureux mais trop limités. Un succès en trompe-l’œil donc, mais qui a eu le mérite de remettre les têtes à l’endroit, ce qui s’est vérifié par la suite.

Touzghar a sorti son équipe d’un beau traquenard face au Mans – Source : france3-regions.francetvinfo.fr

… puis des progrès notables malgré un potentiel toujours pas assez exploité

Après Le Mans, le calendrier offrait aux Troyens un déplacement compliqué en Bretagne sur les terres du leader lorientais. De premier abord, cette rencontre paraissait très compliquée pour les Champenois, qui pouvaient s’attendre à souffrir chez un prétendant direct à la montée. Et on peut dire que la souffrance a été au rendez-vous, car les Bretons ont dominé tout le match. Mais cette année l’ESTAC aime déjouer les pronostics, et a été chercher une victoire au mental à la surprise générale. Appliqués à bien défendre pendant 90 minutes, les Aubois ont patiemment attendu pour aller piéger leur adversaire en contre à la 85ème minute, sur une belle frappe de Lenny Pintor. Un Stade du Moustoir qui réussit décidément bien à Troyes, déjà vainqueur 0-3 l’an passé, puis promu en Ligue 1 sur cette même pelouse lors des barrages 2017. Les résultats qui ont suivi ont également été favorables aux hommes de Laurent Batlles, qui ont pris le meilleur sur Valenciennes (1-0) avant d’aller glaner un bon point à Nancy (0-0). Si les soucis de régularité dans le jeu ne sont pas encore complètement réglés, les Troyens ont tout de même retrouvé une vraie solidité défensive (3 clean sheets consécutifs, série en cours), un mental d’acier et surtout une aversion de la défaite. Leur quatrième position à deux points de la première place occupée par Lens à présent est donc loin d’être usurpée, et à ce rythme il faudra compter sur eux pour jouer les trouble-fêtes en haut de tableau.

Une attaque encore en berne

Si les soucis défensifs semblent être réglés, ce n’est toujours pas le cas devant en revanche. Et les deux dernières performances des Troyens le reflètent de façon éloquente : 17 tirs, 8 cadrés, 1 but contre Valenciennes ; 10 tirs, 3 cadrés, 0 but à Nancy. Si le 0-0 à Marcel Picot n’est que la deuxième fois de la saison où les Aubois sont restés muets offensivement, leur attaque n’est tout de même pas florissante, avec 17 buts inscrits en 14 matchs, soit à peine plus d’un but de moyenne. Et ce malgré la présence d’un leader d’attaque expérimenté en la personne de Yoann Touzghar (4 réalisations au compteur). Mais il est difficile de mettre tout le monde au diapason, en particulier quand trois des quatre attaquants de la rotation ne sont que prêtés. Mis à part Lenny Pintor, buteur à trois reprises, Chris Bedia et Ihsan Sacko ne parviennent pas vraiment à avoir un impact significatif, en livrant des performances relativement ternes et souvent teintées d’égoïsme à force de vouloir faire la différence seuls. Et les options sont limitées pour Laurent Batlles, qui a même dû faire monter un réserviste – Pape Méissa Ba – en équipe première. Après tout, si personne ne convainc vraiment il n’y a pas de risque à essayer autre chose, et cela pourrait même déboucher sur une surprise. Les recruteurs troyens peuvent déjà se mettre au travail, car il n’y a pas forcément pléthore de buteurs efficaces, et si Touzghar est amené à se faire opérer d’une pubalgie (qui traîne depuis quelques temps), il faudra impérativement le remplacer.

Unique buteur à Lorient, Lenny Pintor est l’une des seules recrues offensives efficace à Troyes – Source : gettyimages.fr

 

Un turnover toujours autant réduit

Autre point important, le turnover. Car si Laurent Batlles prône la concurrence en conférence de presse, la réalité du terrain est toute autre. Alors que le technicien troyen dispose d’un effectif de 27 joueurs (néo-pros compris), 15 ont un temps de jeu relativement conséquent. Et encore, beaucoup sont bénéficiaires des forfaits liées aux suspensions des titulaires. On pense notamment au défenseur issu du centre de formation Stone Mambo, titularisé uniquement s’il y a des absents derrière, et pas forcément à son poste de prédilection. Pourtant, plusieurs jeunes ont déjà donné satisfaction ou montré des signes encourageants, comme Dylan Chambost (1 but, 1 passe décisive) ou Warren Tchimbembe. Il y également le cas Terence Baya, latéral gauche révélé à Avranches en National l’an passé, qui n’a pas eu la moindre opportunité de jouer depuis le tour de Coupe de la Ligue contre Lens en août dernier. Barré par l’expérimenté Pape Souaré, Baya est même victime du profil de couteau suisse de Mambo, puisqu’il est à présent derrière lui dans la rotation. Alors qu’il avait apporté de la fraîcheur dans le couloir gauche lors des premières rencontres de championnat, sa progression s’est arrêtée nette avec l’arrivée de Souaré et les résultats favorables de l’ESTAC. Une gestion de groupe d’une main de fer donc, mais qui à terme pourrait poser problème si les joueurs écartés (injustement ?) ne se sentaient plus concernés. Le déplacement à Bourg-en-Bresse en Coupe de France ce soir devrait permettre à ceux ayant peu de minutes de se montrer et peut-être s’inviter dans la rotation.

 

Avec six victoires sur ses neuf derniers matchs, Troyes a effectué une remontée fulgurante au point de se positionner au pied du podium. Dans une Ligue 2 toujours aussi serrée, l’ESTAC a clairement un coup à jouer, surtout si son attaque retrouve de l’efficacité. C’est là tout le défi de Laurent Batlles, qui réussit pour le moment une très bonne entrée en matière dans le monde du coaching professionnel.

 

Source image : gettyimages.fr

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