Espanyol Barcelone, dans l’ombre du grand Barça

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Cinquième de Liga à l’heure actuelle, l’Espanyol effectue un excellent début de saison. Sous les ordres de son nouveau coach Rubi, les Catalans semblent avoir trouvé leur formule gagnante. A trois points du leader Barça, comment l’autre club de Barcelone fait-il pour se mettre en lumière ? Analyse.

Une nouvelle ère

Onzième l’an dernier, l’Espanyol avait accumulé plus de défaites que de victoires tout en possédant une différence de but négative. Une intersaison très animée s’annonce donc chez les “Pericos“(traduisez par Perruches). Exit les anciens comme Javi Fuego, Pape Diop ou Jurado ainsi que Gerard Moreno ou Aarón Martín dont la valeur marchande était importante cet été. Mais la grande surprise du mercato de l’Espanyol reste sur le banc de touche, où Rubi prend la place de Quique Flores. Rubi, entraîneur qui a permit à Huesca d’accéder à la Liga pour la première fois de son histoire cette saison, le tout, sans passer par les barrages.

Sensation la saison passée en Seconde Division Espagnole, le Huesca de Rubi a terminé deuxième avec la seconde meilleure attaque et la troisième meilleure défense ! Un jeu rapide, porté vers l’avant, qui a séduit l’antichambre de la Liga. C’est donc le chef d’orchestre de cette merveilleuse symphonie qui dirigera les pensionnaires de l’Estadio Cornellà-El Prat. Les dirigeants doivent également reconstruire un nouveau groupe, des ajustements qu’ils trouveront dans leur effectif avec notamment Didac en tant que latéral gauche ou le vétéran Diego Lopez pour remplacer Pau Lopez. Les dernières trouvailles s’effectueront par des transferts dont celui de Borja Iglesias en provenance du Celta Vigo ou le retour de prêt d’Hernan Pérez.

La patte Rubi

Après avoir parfaitement géré sa pré-saison avec six victoires en autant de rencontres amicales, l’Espanyol est prêt à ouvrir sa saison sur la pelouse du Celta Vigo. Après avoir ouvert le score et dominé globalement la rencontre, les Catalans se feront égaliser par un csc. Un résultat dur mais qui laisse entrevoir de belles promesses : on retrouve la philosophie de jeu souhaitée par Rubi avec des points forts comme les transitions offensives ou les coups de pieds arrêtés. A contrario, l’Espanyol concède beaucoup d’occasions et doit compter sur un excellent Diego Lopez pour préserver les scores.


Le vrai lancement de la saison Pericos interviendra une semaine plus tard avec une victoire fondatrice dans son stade, face au FC Valence. Une victoire 2-0 qui mettra en lumière le collectif azul y blanco face à des Valencians impuissants face à cette prestation aboutie des hommes de Rubi. Ce collectif donc, dans un 4-3-3 avec au cage le fameux Diego López, protégé par une défense composée par le capitaine Javi López, David López et Hermoso dans l’axe et Didac pour fermer le couloir gauche. Au milieu de terrain, nous retrouvons Marc Roca en pointe basse et Esteban Granero puis Sergi Darder en tant que milieu relayeur. Pour compléter ce onze, Baptistão, Sergio Garcia et Iglesias sont alignés sur le front de l’attaque. Une équipe-type avec une moyenne d’âge de 28 ans, mêlant jeune talent et surtout expérience de la Liga.

La vraie force de l’Espanyol Barcelone en ce début de championnat résulte énormément par la force de ce groupe. J’ai pu vous citez ce onze de départ, mais force est de constater qu’il n’a été aligné que cinq fois en douze rencontres. Rubi concerne tout son groupe et il n’est pas rare de voir Granero ou Baptistão remplaçant, cédant leurs places à Victor Sanchez, Oscar Melendo ou au supersub Pablo Piatti. Une rotation d’effectif importante pour maintenir son groupe sous pression et permettre de conserver cette dynamique de bons résultats.

Borja Iglesias, enfin son heure

Recrue phare du mercato barcelonais, Borja Iglesias débarque en Catalogne avec une solide carte de visite de buteur aux échelons inférieurs. Buteur rapide et puissant, révélé tardivement avec la réserve du Celta Vigo, Iglesias est prêté à Saragosse pour s’aguerrir en Liga 123 après un exercice à 32 buts en troisième division. Le buteur ne faiblit pas et inscrit 23 buts ! Des prestations qui poussent les dirigeants Pericos à signer un chèque de 10 millions d’euros pour son nouvel attaquant. La mayonnaise prend immédiatement et l’homonyme d’Enrique et Julio en est déjà à sept buts et deux passes en douze journées.

Crédit photo / Dario La Grada

Oui mais voilà, Borja n’est pas le seul joueur de talent à l’Espanyol Barcelone, tout le monde connaît Sergi Darder, l’ancien Lyonnais s’est refait une petite santé de l’autre côté des Pyrénées. Marc Roca, jeune espoir de la Rojita et de la cantera locale impressionne et ne cesse de prendre de l’ampleur cette saison. Esteban Granero joue à merveille son rôle de métronome tandis que les défenseurs expérimentés comme Didac ou le duo López encadrent parfaitement Mario Hermoso.

Un premier bilan

Après douze journées, le bilan est très encourageant pour l’Espanyol. Même si le haut de tableau est très resserré et que des cadors comme Valence ou Villarreal connaissent des difficultés en ce début de saison, les joueurs de Rubi ne sont pas là par hasard. Le jeu proposé est intéressant et varie entre phases de possession et transitions offensives décisives. Néanmoins, cette fin d’année permettra de voir réellement le niveau de cette équipe et les ambitions que le club se fixera. Avec un déplacement à l’Atletico et la réception du Betis et surtout du Barça, le révélateur sera grandeur nature mais cette équipe a le potentiel pour causer des maux de têtes à ces prestigieux opposants.

Bien sûr, tout n’est pas parfait pour l’Espanyol, la gestion des temps faibles étant l’axe principale de progression pour les Catalans. Des phases de jeu où ces derniers concèdent beaucoup trop d’occasions et s’exposent à des retournements de situation comme phase à Alavés en début de saison ou Valladolid. Des scores à préserver pour une équipe qui a toujours ouvert le score quand elle a marqué durant un match, concédant trois nuls et deux défaites après l’ouverture du score. Dernier exemple en date avec la prestation de ce week-end sur la pelouse de Séville et ce but de Wissam Ben Yedder à la 89ème minute.

Un mercato réussi, des individualités sublimées dans un collectif parfaitement huilé, voici comment je décrirais l’Espanyol de Barcelone version Rubi. Une équipe caméléon capable de s’adapter face à l’adversité. Après douze journées très bien négociées, le second club de Catalogne s’apprête à disputer un nouveau championnat. L’occasion pour l’Espanyol de se fixer de réelles ambitions et montrer que oui, il y a bien un deuxième club majeur à Barcelone.

Crédit photo / equinoxmagazine.fr



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