Avec la crise sanitaire qui a surgi en 2020, le monde de la Formule 1 a dû s'adapter, se renouveler, se réinventer. D'anciens circuits ont pu renaître de leurs cendres, prouvant à quel point ils étaient bien. D'autres se sont vu couper l'herbe sous le pied, comme Zandvoort ou encore Hanoï. Ce dernier, création de Tilke toujours, n'a pas franchement convaincu. Comme d'autres avant lui, les circuits érigés par l'architecte de la F1 auraient parfois pu être mieux. L'Inde, la Russie et donc le Vietnam en ont notamment fait les frais.
Le circuit international Buddh
3 petites années et puis s'en va. Le GP d'Inde n'aura donc résisté que 3 ans, avant de disparaître du calendrier. Il est arrivé à peu près à la même période que le GP de Corée, preuve de la volonté de la FIA de s'exporter toujours plus à l'Est. Dès 2007, le GP d'Inde est d'ailleurs annoncé par le grand argentier de la F1, Bernie Ecclestone. Avec la présence de Force India en Formule 1, l'ajout d'un GP d'Inde tombe sous le sens pour Vijay Mallya, propriétaire de l'écurie à l'époque. Il déclarait même en 2008 être “optimiste quant à la tenue d'une première course en 2009”. Finalement, l'homologation n'aura lieu que le 1er Septembre 2011, à peine deux mois avant la première course.
Si sa conception a été réalisée en partenariat avec les écuries, qui ont été consultées pour sa création, cela n'a tout de même pas suffi. En 2011, Vettel remporte la course, réalisant son premier Grand Chelem par ailleurs. Course peu intéressante, avec des virages ne permettant pas beaucoup de dépassement, une fois de plus. Le tracé, de 5,141 km et lui aussi conçu à l'origine par Hermann Tilke, n'aura pas convaincu les différentes instances. Comme de nombreux complexes avant celui de Buddh, la livraison de divers éléments n'aura jamais lieu (complexe de hockey sur gazon, de golf, académie sportive…). En 2013, Ecclestone confirme que l'édition 2014 n'aura pas lieu, après 3 victoires en 3 années de Vettel. Bien qu'il confirme sa présence en 2015, le calendrier prévisionnel l'année d'après ne prend pas en compte le GP d'Inde. Il ne fera plus aucune apparition au calendrier.
L'autodrome de Sotchi
Peut-être celui qui survit le mieux aux nombreuses critiques qu'il reçoit. Critiqué pour son manque d'action, son manque de dynamisme et le fait que ce soit un circuit typé Mercedes, le GP de Sotchi n'est pas le plus aimé des suiveurs de Formule 1. Depuis longtemps, la Russie attendait de revenir en F1. Dès les années 80, Ecclestone avait d'ailleurs émis l'idée, tentant de créer un GP de l'URSS. Finalement, c'est la Hongrie qui en avait bénéficié, avec la construction d'un tracé près de Budapest, le Hungaroring. L'Autodrome de Sotchi est lui bien plus récent, et reste une installation temporaire. Le tracé déambule autour des installations crées pour les XXIIe Jeux Olympiques d'Hiver. Le cadre est idyllique, la réalité du circuit un peu moins.
Les dernières éditions n'ont pas vraiment convaincu. La domination de Mercedes n'aide pas forcément, puisque la firme allemande a remporté l'intégralité des éditions depuis 2014. Hamilton en est à 4 victoires, Bottas 2 et Rosberg 1 seule. Le GP, annoncé depuis 2010, aurait sûrement pu trouver meilleur cadre que ce nouveau circuit estampillé “Tilkodrome”. Pas de courbe, des successions de virages lents et de lignes droites… Un peu à l'image d'Abu Dhabi, c'est ici le cadre qui prime, plutôt que le spectacle en lui-même. Il faut dire que les photos prises depuis la mer Noire sont à couper le souffle…
Le circuit urbain de Hanoï
C'est le seul de la sélection qui n'a jamais été couru. Annoncé officiellement en 2019 au calendrier 2020, il était prévu début avril, évitant la mousson qui a lieu en Juillet. D'abord repoussé, il a finalement été annulé. Pour l'année 2021, il n'a d'ailleurs toujours pas été confirmée. La date du 25 Avril a été émise, mais sa tenue est pour l'instant très incertaine. Tout porte à croire que le GP du Viêt Nam pourrait disparaître avant même d'avoir eu sa chance. Pour une fois d'ailleurs, c'est Ecclestone qui avait refusé la tenue d'un tel GP. Selon lui, il existait déjà assez de GP en Asie, mais aussi assez de GP avec des pays n'ayant aucun rapport avec la F1 de primer abord (Russie, Azerbaïdjan).
Nombreuses controverses ont eu lieu autour de sa tenue. D'abord, un haut responsable et actionnaire du GP a été arrêté, compromettant la tenue de celui-ci en 2021. Le tracé a également été vivement critiqué. Hamilton déclarait que ce dernier était voué au même échec que celui vu en Inde, que le pays n'avait pas la culture de la F1 et que les spectateurs ne seraient pas au rendez-vous. Le circuit, qui est une copie de plusieurs courses différentes, n'a donc pas du tout fait l'unanimité. C'est un mélange de Suzuka, Sepang, Monaco ou encore du Nürburgring sans aucune âme. L'un des premiers gros projets de Liberty Media semble donc se diriger vers un échec cuisant.
Bonus : le futur GP d'Arabie Saoudite
Si Hanoï risque de ne pas voir 2021, le GP d'Arabie Saoudite a quant à lui bien été confirmé pour 2021. Le GP aura lieu le 28 Novembre et sera donc l'avant-dernier GP avant de filer dans le pays voisin, les Émirats Arabes Unis. Beaucoup de critiques ont d'ailleurs d'ores et déjà émergé parmi le monde de la F1. Critiqué pour son respect peu scrupuleux des droits de la femme notamment, l'Arabie Saoudite fait un peu tache de ce côté là, au même titre que Bahreïn. C'est un tout cas sur un tracé provisoire que les F1 se rendront. Djeddah sera l'hôte d'un GP urbain, avant qu'un tracé permanent soit créé ultérieurement. Il reste à voir si les différents acteurs de la Formule 1 accepteront de se rendre dans un endroit où les droits de l'Homme diffèrent passablement de ce que l'on peut observer en Europe.
Bien que nombreux soient les circuits à la carrière plutôt controversée, il faut évidemment noter qu'à chaque fois le tracé en lui-même n'est pas le seul responsable. Bien souvent, le schéma s'est répété à l'identique. D'abord, une volonté de s'expatrier dans un pays pour qui la F1 est étranger. Ensuite, la réalisation d'un tracé comprenant bien souvent de gros complexes sportifs et hôteliers jamais livrés. Enfin, des problèmes de rentrées d'argent, de pérennité, de fiabilité.
Pour relire l'épisode 1, c'est par ici.
Crédits photo Une : Hanoï Grand Prix