Finale Europa League : OM 0 – Atletico Madrid 3

L’écart était trop grand. C’était que l’on pressentait avant le match (vous étiez 63% sur Twitter à croire en une victoire rouge et blanche), et finalement la logique a été respectée. L’OM s’est incliné 3-0 face à l’Atletico Madrid (Griezmann 21’, 49’ ; Gabi 89’).

Les incantations d’avant-match n’y ont rien fait, les « ils sont moins bien physiquement depuis 3 matchs », les « leur palmarès n’est pas très impressionnant » et autres « ils ont été sortis de leur groupe en Ligue des Champions » auront été vains. L’Atletico Madrid s’est joué de l’Olympique de Marseille qui n’est certes ni Gérone ni Valladolid, mais qui n’a pas pu compter sur sa dynamique européenne.
Pourtant le début de la finale a bien failli déjouer tous les pronostics. Jusqu’à la 32è minute, les Marseillais ont dominé des Madrilènes qui n’avaient pas semblé prendre très au sérieux leurs adversaire du soir. Dans l’envie, dans le pressing, dans l’intention, dans la réussite, les joueurs de Garcia faisaient le match parfait. Anguissa et Gustavo récupéraient force ballons, Adil Rami pouvait regarder le haut du crâne de Diego Costa et Germain avait trouvé un espace entre Godin et Gimenez. Le premier et le dernier. Face à Oblak, Valère n’a pas cadré, la moindre des choses qu’on peut attendre dans une telle situation. Le côté droit de l’attaque marseillaise continuait de bien combiner, l’Olympique de Marseille avait la maitrise de la situation (ils finiront la première mi-temps avec 65% de possession de balle). Et puis l’erreur, la fausse note, une passe plein axe ni bonne ni mauvaise de Mandanda en direction d’Anguissa, une passe rebondissante et peut-être un peu forte… Une passe, en tout cas, qu’Anguissa aura le malheur de ne pas savoir contrôler. Gabi récupère la gonfle, la passe dans l’espace à Griezmann, son coup de pied fait le reste.
A la 21è minute, les hommes de Simeone menaient 1-0, leur score préféré (ils ont gagné 40% de leur match sur ce score cette saison), mais les Marseillais ne semblaient pas abattus, ils continuaient leurs efforts, Payet apportait de nouveau le danger. Jusqu’à la 32è minute, donc. On le savait touché depuis quelques jours, un truc musculaire, la terreur du sportif, qui se soigne mal. Le voilà à terre, les adducteurs en rideau. L’Olympique de Marseille ne sera désormais plus le même. Touché au cœur de son jeu, le club bleu et blanc ne pourra plus mettre en danger les matelassiers. La générosité d’Ocampos, pour louable qu’elle soit, ne crée pas d’occasion et Thauvin n’a pas l’étoffe d’un 10. Maxime Lopez, entré en jeu à la place du Réunionnais, ne parviendra pas à prendre la mesure de l’événement (à 20 ans, on ne lui en voudra pas).

Griezmann passe la seconde

Sortis des vestiaires, la pluie s’abat sur les Marseillais comme le talent de Griezmann sur leurs illusions. L’alignement douteux de la paire Rami-Gustavo permet à Saùl de trouver le Français qui en profite pour marquer d’un remarquable enchaînement son sixième but en 8 matchs de C3 (il est, par ailleurs, impliqué dans 11 buts de son équipe dans la compétition). La seule faute grossière du brésilien coûtera cher à son équipe, désormais condamnée à un exploit qu’elle ne réalisera pas. On mesure alors la dépendance de l’effectif marseillais à ses deux hommes forts de la saison : Gustavo derrière et Payet devant. Dès lors les rojiblancos n’auront qu’à faire circuler le ballon, assister impavides à l’entrée de Clinton N’Jie en lieu et poste d’Ocampos et constater que la réussite est de leur côté quand Kostas Mitroglou placera une tête précise, précisément sur le poteau. Le grec était entré quelques minutes auparavant à la place d’un Valère Germain dont on ne donne désormais plus très cher de la place dans l’équipe marseillaise la saison prochaine.

Gabi parachèvera le troisième sacre de Simeone avec l’Atletico, sa deuxième C3, d’un troisième but d’une frappe croisée qui trouve le petit filet gauche des cages de Mandanda.

Les enseignements du match

Comme un symbole, le meilleur phocéen sur la pelouse aura sans doute été Bouna Sarr. Abonné au banc de touche ou aux tribunes en début de saison, le milieu défensif reconverti en latéral droit n’aura cessé de presser son vis-à-vis Koke, de faire les bons gestes défensifs dans la surface et de déborder sur son côté.
Sans surprise, c’est Griezmann qui a brillé côté Madrilène, homme du match avec ses deux buts, il a cédé sa place au Niño Torres, légende d’un club qu’il quittera en fin de saison. Le niveau de jeu du Français n’a cessé de peser sur la défense marseillaise, mais c’est son implication auprès de ses coéquipiers qui impressionne. Son leadership s’étoffe, et c’est de bon augure pour le Mondial des Bleus.

L’enseignement important de cette finale, serait peut-être de considérer avec plus de sérieux côté français (pas seulement des clubs) la C3. L’Atletico succède au palmarès à Manchester United, pas vraiment des clubs de peintres. Cette Europe League est une compétition européenne, une vraie, pas une consolante.

Samedi, Marseille aura l’occasion de se qualifier pour la Champions League, ou de tout perdre. Il leur faudra compter sur une mauvaise performance de Lyon pour espérer se qualifier directement pour la C1. Sportivement, l’OM aura réalisé une bonne saison. Pour qu’elle le soit comptablement, il faudra terminer sur le podium. 

A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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