En grande forme dans son équipe de Zalgiris en Première division lituanienne, Hugo Vidémont, l'ancien joueur de Ligue 2, formé à Clermont et passé notamment par Ajaccio nous raconte sa vie loin de la France, ses performances et la reprise du championnat lituanien. Un entretien loin des sentiers battus et qui permet d'en apprendre plus sur le natif de Marseille qui reste sur une série exceptionnelle de 5 buts sur ses 7 derniers matchs.

 

WeSport: Salut Hugo ! Tout d'abord merci de m'avoir répondu et d'avoir répondu positivement à ma sollicitation. Ensuite bravo, tu es un joueur maintenant exilé, dont on parle très peu en France et tu enchaînes plutôt les bonnes, voire excellentes, performances. Je voulais d'abord savoir comment tu as pu gérer cette période pour le moins étrange, comment s'est organisée la reprise en Lituanie et surtout comment tu as su tirer ton épingle du jeu ?

Hugo Vidémont: Alors il faut déjà savoir que toutes les mesures liées au virus et au processus de quarantaine ou de confinement ont été moins strictes en Lituanie qu'en France du fait que le pays est beaucoup moins touché par la pandémie. Il y a eu néanmoins quelques interdictions, possibilité de sortir uniquement à deux dans la rue ou avec sa famille, obligation de porter un masque en intérieur, et le club a arrêté les entraînements pendant un mois et demi. J'ai décidé de continuer de m’entraîner, j'allais courir avec un joueur de l'équipe, je faisais un peu d'exercices de musculation, à la maison ou dans un parc. Ensuite on a repris l'entrainement collectif sans contact au début tout du moins, avec prise de température et tests quasi-quotidiens. Depuis deux mois, le championnat a repris dans des conditions normales, et se terminera le 31 octobre. Le format de cette année est super court, avec seulement 20 journées, une coupe, et la Coupe d'Europe qui débute le 27 août avec le tour préliminaire de l'Europa League (face à l'équipe estonienne de Paide NDLR).

 

WS: Plus généralement, sur ton expérience lituanienne, dans la capitale à Vilnius, je voulais savoir, comment as-tu vécu ton arrivée et ta vie là-bas depuis plus d'un an désormais ? Comment tu te trouves là-bas, comment tu sens le championnat dans lequel tu évolues et en quoi concrètement l'expérience est différente de celles que tu as pu avoir dans le début de ta carrière, en France notamment.

HV: Ici, c'est un format russe, pour un championnat qui se déroule de mars à novembre, j'ai donc effectué la fin de la saison dernière, et j'ai débuté ma première saison complète cette année. Pour répondre à ta question très franchement, ce qui me change avant tout c'est de jouer le titre, c'est quelque chose auquel je n'étais pas habitué, j'étais plus habitué à jouer le maintien et je me retrouve dans le plus gros club du pays et même de la Baltique en général, malgré quelques années sans titre national, le Zalgiris Vilnius reste le club phare en Lituanie.

Jouer l'Europe est aussi une des choses qui m'a attiré dans mon choix d'aller là-bas, mais c'est surtout le fait d'être favori à chaque match, d'être attendu qui nous force à rester concentrés et être forts dans la tête, ce qui est un défi pour moi. Le seul point négatif est le fait que les stades sont plutôt vides, hormis parfois à domicile, mais il m'est arrivé lors de déplacements de jouer devant 50 spectateurs… le sport c'est plutôt le basket ici.

Sinon, je dois dire que Vilnius est une super ville. Avec ma femme, on avait adoré Cracovie lors de mon expérience précédente, mais je dois dire que Vilnius est très sympa à vivre, avec pas mal d’infrastructures pour les enfants pour nous qui en avons un, un vrai plus et une vraie bonne qualité de vie.

 

WS: Ensuite, je voulais te demander si tu avais des échéances, des défis qui te motivent pour cette fin de saison ? Est-ce que tu as des contacts ailleurs, comment tu vois ton avenir ? Quelles sont tes ambitions football et quels objectifs tu te fixes pour les saisons à venir ?

HV: C'est compliqué de répondre à cette question, je ne sais pas exactement, ce que je veux, cela va dépendre de la fin de saison, si on est champions, comme l'Europe va se passer etc… Les échéances qui arrivent et l'Europe notamment font partie des défis très excitants qui vont arriver rapidement et les résultats compteront forcément dans la décision que l'on prendra. Il faut savoir que j'ai une option à la fin de l'année, sur laquelle on devra se mettre d'accord avec le club. Effectivement j'ai des objectifs en tête, mais le plus important sera de se focaliser sur le terrain, être le meilleur possible et aider le Zalgiris à reprendre sa couronne car c'est un club qui le mérite honnêtement. Pour l'année prochaine, sans langue de bois, je n'y pense pas trop, on verra une fois la saison terminée les opportunités qui se présenteront, mais cela ne m'empêche pas de dormir.

 

WS: Je voulais aussi savoir, étant donné que tu es né à Marseille, est-ce que tu es supporter de l'OM, et quel est ton avis sur la situation que traverse le club actuellement ?

HV: Bien sûr, je suis un grand supporter de l'OM, mon frère est abonné au virage Nord, moi dès que je peux aller au Vél' j'y suis, je ne rate jamais un match en tout cas quand je peux. Je ne sais pas trop quoi penser de la situation actuelle, je crois peu au duo Ajroudi-Boudjellal, j'aimerais bien car tant que c'est bénéfique pour le club on est derrière mais je ne suis pas persuadé que ça se fasse. L'important est de continuer ce qui a été initié la saison dernière avec André Villas-Boas et éviter de faire comme on a pu le faire les dernières saisons et alterner une bonne saison et une saison catastrophique.

 

WS: Enfin, je voulais revenir sur ton expérience la plus marquante, celle pour laquelle les suiveurs de la Ligue 2 se souviennent de toi, ton passage à Clermont. Je voulais savoir ce que tu gardais de cette expérience, quelles sont les principales caractéristiques des championnats français qui t'ont fait progresser et surtout quel est l'endroit dans lequel tu te verrais le plus poser tes valises et revenir dans notre pays.

HV: Je ne garde que des bons souvenirs en France, c'est le pays de mes premiers pas en professionnel, je connais bien la Ligue 2, j'ai plus d'une centaine de matchs au compteur, c'est un championnat que j'ai aimé, que je suis quand-même content d'avoir quitté, c'est un championnat compliqué pour les joueurs offensifs notamment. C'est un bon championnat, j'y ai réussi de bonnes choses, à Clermont ou à Ajaccio, mais je suis content de l'avoir quitté car le championnat repose quand même beaucoup sur l'aspect physique.

Pour la suite je ne sais pas, peut-être que mon prochain club sera français, peut-être que je ne reviendrai plus jamais en France, l'avenir nous le dira. Je pense quand même y revenir en fin de carrière sauf si je tombe amoureux d'une ville dans laquelle j'aurai évolué. Le destin fera les choses, les contrats arriveront ou non. Peut-être que lorsque mon fils aura 6 ans, les facilités pour tout ce qui est lié à l'éducation me donneront envie de retourner en France mais je prendrai ce qui viendra à moi, ce n'est pas un souhait de rentrer en France. Il y a tellement de beaux endroits qu'on ne soupçonne pas, en France on pense que c'est toujours mieux chez nous mais pas forcément, il y a de nombreuses expériences superbes à vivre à l'étranger.

 

L'Interview décalée

Ton équipe de cœur: L'Olympique de Marseille

L'équipe qui te (t'a) fait rêver: Marseille Version 93

Ton meilleur ami dans le foot: Mon coéquipier néerlandais ici à Vilnius, Donovan Slijngard

Ton idole: Lionel Messi

Un autre sport que tu prends du plaisir à regarder: Le Basket et la NBA, un championnat que j'apprécie