Football – Jean-Michel Aulas, la communication de Boomer

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En toute circonstance, Jean-Michel Aulas garde la banane
Ligue 1

Les dernières prises de parole publiques de Jean-Michel Aulas ont créé une nouvelle fois le malaise dans le rang des supporters de l’Olympique Lyonnais.

Ce n’est rien, tu le sais bien…

Ce n’est rien que de dire que Jean-Michel Aulas a été le meilleur Président de club de football de France. Depuis son rachat de l’Olympique Lyonnais en 1987, l’homme d’affaires a fait d’un club de seconde zone l’un des plus influents en France et en Europe. Septuple champion de France, demi-finaliste de Ligue des Champions en 2011, l’OL forme des joueurs qui s’exportent dans les meilleurs clubs du monde et affiche des résultats financiers solides. Jean-Michel Aulas pourrait être la figure tutélaire de tout un peuple de suppporters, il est devenu pour lui un problème et une gêne.

Ce n’est rien de dire non plus que Jean-Michel Aulas l’a cherché. Modèle du Président qui a tout compris dans les années 2000, JMA ne manquait jamais une occasion de la mettre au fond. Véritable paratonnerre, il avait fait siennes les stratégies de communication de Bernard Tapie et Claude Bez qui pouvaient se résumer ainsi : « plus c’est gros, mieux ça passe », « qu’on parle de moi en bien ou en mal, qu’importe pourvu qu’on en parle » ou encore « le temps qu’on passe à parler de moi, on ne le passe pas à taper sur mon entraineur et mes joueurs ».

Paratonnerre et punching-ball

Ces stratégies de communication, pour efficaces qu’elles soient ont une limite : elles ne fonctionnent que lorsque que globalement tout va bien dans le club. Aujourd’hui que les réseaux sociaux ont tout changé, que personne ne cherche plus de paratonnerre puisque tout le monde crée ses punching-balls, la communication de Jean-Michel Aulas agace, irrite, démange, énerve. Surtout donc, que le Président de l’OL est en partie responsable de ce désamour.

Les résultats sportifs ont participé de ce fossé entre supporters et direction. Deuxième budget de Ligue 1, entraineur d’une équipe qui a compté successivement dans ses rangs des joueurs aussi talentueux qu’Alexandre Lacazette, Memphis Depay, Nabil Fekir, Tanguy Ndombele, Ferland Mendy – on en passe et beaucoup, Bruno Génésio est reparti vierge de tout palmarès et de toute idée de jeu. Mais la communication d’Aulas via Twitter notamment en est aussi grandement responsable, et dit beaucoup de la fracture générationnelle.

Jean-Michel Aulas est la caricature du boomer, produit d’une autre époque dépassée et ringardisée ; ses détracteurs sont la quintessence d’une génération aux codes bouleversés. On n’ira pas jusqu’à dire que les influenceurs lyonnais cherchent à tuer le père – on laisse la psychanalyse de bazar à d’autres, mais le décalage entre des supporters qui n’espèrent rien d’autre que Lyon tienne son rang et retrouve son lustre sportif (en termes de résultats et de niveau de jeu), et un Président qui croit bon de communiquer sur des résultats purement financiers quand son club connait l’une des plus tristes saisons de son histoire montre combien cela la fracture pourrait être irréparable.

Hier Génésio et son maintien, aujourd’hui Rudi Garcia et sa nomination, tout sépare, tout cristallise. Une trève cependant semblait avoir été possible. Le temps de la démission de Bruno G., de la prise de fonction de Juninho tant espérée, avec le retrait synchrone de Jean-Michel Aulas de la communication à tout crin pour laisser plus de champ à son nouveau duo brésilien. Un binôme qui aura fait long feu et dont la dislocation précipitée par Aulas lui aura permis de reprendre seul les rennes.

OK boomer !

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