Photos : RCS

La troisième étape de ce Giro d’Italia nous offre la première arrivée en altitude (1793 m), celle-ci étant jugée en haut de l’Etna. Il faudra parcourir 150 km sur un tracé vallonné, l’ascension du volcan est inédite par ce versant, avec une pente moyenne à 7%.

Huit coureurs à l'avant

L’échappée ne tarde pas à se former et comme le veut la coutume, les équipes italiennes invitées se portent à l’avant avec Rumac (ANS), Romano (BCF) et Visconti (THR). Craddock (EF1), Holmes (LTS) et Campenaerts (NTT) complètent le groupe de fuyards.

Filippo Ganna (ING) tente de suivre en compagnie de Mikkel Bjerg (UAD), mais le maillot rose laisse filer. Jonathan Caicedo (EF1) tente également sa chance avec un temps de retard. Matthew Holmes crève de la roue avant mais, vite dépanné, il peut revenir en tête de course accompagné par l’Équatorien d’EF Pro Cycling.

Après 15 km parcourus, les hommes de tête comptent déjà 4’ d’avance, personne ne prenant en charge la poursuite. Partie de poker dans le peloton avec Ineos-Grenadier qui ne défend pas le maillot rose. Mitchelton-Scott cède et met toute l’équipe à la barre vers 130 km de l’arrivée, Simon Yates annonçant la couleur. L’écart se stabilise alors à 4’30’’ avec un pic à 5'30” aux 60 km. Cependant, à 50 km de la ligne, le peloton commence à s'organiser, Astana fait son apparition ainsi qu'Ineos.

Mouvements dès les traguardi volante

À la première “traguardo volante”, Josip Rumac attaque et passe en tête. Jonathan Caicedo et Lawson Craddock mènent l'échappée derrière le champion croate. Celui-ci se relève après le sprint. Au même endroit, Trek-Segafredo durcit le rythme, un premier grupetto se forme. Stéphane Rosetto jette un pétard mouillé.

Coup de théâtre à 28 km de l'arrivée ! Alors que nous ne sommes pas encore sur les pentes de l'Etna, Geraint Thomas est lâché. Le Gallois est tombé entre le départ fictif et le kilomètre 0, puis lors de l'assaut des Trek. Son maillot est lambeaux, Ganna et Swift tentent de l'aider en vain. Le vainqueur du Tour 2018 prend une cassure à chaque mouvement.

Lawson Craddock, Giovanni Visconti et Matthew Holmes passent dans cet ordre sous la banderole de la deuxième “tragardo volante”. À 15 km du but, les rescapés du groupe de tête ont encore 2'42” d'avance sur le peloton. Direction l'Etna !

Le peloton embrase l'Etna

Échappée amaigrie Caicedo, Visconti, Holmes et Bjerg abordent les premières pentes du volcan détachés, mais les deux derniers cités cèdent à leur tour. Bora-Hansgrohe mène la chasse, Rafal Majka semble être en mesure de gagner l'étape. Fait étonnant, Simon Yates est en retrait, Steven Kruijswijk est également discret. Tao Geoghegan Hart devient le joker d'Ineos et se place à l'avant.

Visconti et Caicedo résistent, ils possèdent 2'17” d'avance aux 10 km tandis que Yates cède à son tour. Matteo Fabro (BOH) poursuit le travail pour Majka, Mc Nulty (UAD) surveille les favoris. À 6.5 km de la ligne d'arrivée, Jonathan Castroviejo (ING) attaque le premier, Harm Vanhoucke part en contre. Chacun y va de son attaque, Kelderman, Bilbao lancent également leur offensive. Devant, Visconti démarre, mais Caicedo lui répond et dépose l'Italien. Le champion d’Équateur passe seul aux 3 km et entre dans une partie très pentue et exposée au vent.

Parmi les favoris, Vincenzo Nibali parait le plus costaud, il élimine ses adversaires au fil des derniers kilomètres, seuls Jakob Fuglsang, Domenico Pozzovivo, Jonathan Castrovijo et Rafal Majka résistent. Détaché, Jonathan Caicedo s'impose devant Visconti et Vanhoucke (K.O.M. du Tour du Limousin). Maillot grand ouvert, Simon Yates conclut son étape à plus de 4′ du lauréat. Le Britannique perd le Giro dès le troisième acte. Quant à Geraint Thomas, son addition est plus salée. João Almeida encaisse tous les coups, résiste et devient le nouveau maillot rose pour quelques centièmes.

Les maillots distinctifs

Maillot rose : João Almeida

Maillot cyclamen : Diego Ulissi

Maillot azzuro : Jonathan Caicedo

Maillot blanc : João Almeida

Demain l'étape qui nous conduit de Catane vers Villafranca Tirrena devrait couronner un sprinter. La seule difficulté du parcours étant classée en 3e catégorie, Sagan, Démare et Gaviria se sont donné rendez-vous pour le final.