Étape de transition aujourd'hui entre Grado et Gorizia en passant par la Slovénie. Avec 147 km, le format était assez court, et même amputé suite à une neutralisation. Egan Bernal s'élance en rose, Peter Sagan en cyclamen et désormais sans concurrence, Giacomo Nizzolo son principal rival n'a pas pris le départ.

Un départ mouvementé
Le premier fait marquant de cette étape, est une chute massive dans le peloton quelques kilomètres après le départ réel. La course est alors un instant neutralisée afin de panser les nombreuses plaies et de faire l'état des lieux. Parmi les coureurs touchés, trois d'entre eux sont contraints à l'abandon. Natnael Berhane (Cofidis), Jos van Emden (Jumbo-Visma) et surtout Emanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe), 6e au général, retirent leurs dossards. Ruben Guerreiro (EF Education-Nippo) met également pied à terre, une quinzaine de kilomètres après la neutralisation.

Au second départ (km 8), Peter Sagan s'élance tel un crossman pour prendre l'échappée mais rate le coup. Bauke Mollema (Trek-Segafredo) est de nouveau à l'avant avec quatorze coureurs, dont Dries De Bondt (Alpecin-Fenix), Victor Campenaerts (Qhubeka Assos), Harm Vanhoucke (Lotto-Soudal), Stefano Oldani (Lotto-Soudal) et Nikias Arndt (DSM) parmi les plus connus.
Derrière, Alexis Gougeard (Ag2R Citroën), Andrea Pasqualon (Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux), Matteo Jorgenson (Movistar) et Filippo Tagliani (Androni Giocattoli-Sidermec) sortent en chasse-patate.
Transition vers la haute montagne
Comme à son habitude, le champion de Belgique Dries De Bondt passe en tête à la première “traguardi volanti”. Le coureur de l'équipe Alpecin-Fenix s'offre également les points de la montagne lors des deux premiers passages à Gornje Cerovo. Bien organisée, l'échappée progresse avec 10-12 min d'avance sur le peloton conduit par Ineos Grenadiers. Même avec la présence de Bauke Mollema à l'avant, aucun danger pour le maillot rose, la garde rapprochée d'Egan Bernal contrôle.
Avant le final, Campenaerts lance une offensive, suivi par Oscar Riesebeek (Alpecin-Fenix) et Albert Torres (Movistar). Au dernier passage à Gornje Cerovo, le trio de tête possède une trentaine de secondes d'avance sur les poursuivants. C'est le recordman de l'heure qui passe en tête à ce moment, le peloton est à 12 min 52.
Final sous haute tension
Après Gornje Cerovo, Victor Campenaerts prend ses responsabilités et même de gros risques dans la descente. La météo est devenue capricieuse, la route glissante. Mais Riesebeek revient et tente d'attaquer le Belge.
Le final est tracé en partie en Slovénie et en partie en Italie. Après la Piazza Europa, la route monte pendant près d'un kilomètre avec une pente atteignant 14 %. La descente menant vers l'Italie est relativement technique, il faudra également aborder un passage pavé dans le dernier kilomètre.

Le Néerlandais met la pression à Campenaerts et derrière, les poursuivants refont leur handicap. Sous la banderole des trois derniers kilomètres attaque de nouveau, et emploie un. très gros braquet. Au même moment, Mollema tente de sortir du groupe de chasse. Parti pour un contre-la-montre, Victor Campenaerts semble imbattable mais Oscar Riesebeek recolle. Réputé plus rapide, Riesebeek lance le sprint de loin, mais au prix d'un effort terrible, Campenaerts ajuste son adversaire. C'est un troisième bouquet pour l'équipe Qhubeka Assos qui réalise un superbe Giro, malgré l'abandon prématuré de son grimpeur Domenico Pozzovivo. Le peloton termine l'étape sans risque à dix-sept minutes du vainqueur.
Les classements
Pas de changement concernant les maillots distinctifs, mais demain la bagarre devrait être sévère avec une très grosse étape de montagne entre Sacile et Cortina d'Ampezzo.
Crédit photo en une : RCS